Semaine de l’horreur : grands frissons chez les petits éditeurs

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Quand on parle de l’horreur, on évoque (trop) souvent les grands noms publiés la plupart du temps chez des monstres de l’édition, comme Stephen King, Anne Rice, Peter Straub, Dean Koontz, Graham Masterton, Thomas Harris, Joe Hill, R. L. Stine ou encore Dan Simmons. Ces auteurs ont tendance à éclipser ceux moins connus qui pourtant écrivent des romans parfois autrement plus glaçants. Mettons en avant ces livres dont on parle moins mais qui m’ont plus marquée que ceux des écrivains précités.

« Amour monstre » de Katherine Dunn est un de ces romans cultes dans un autre pays/ dans une autre langue mais étrangement à peine connus chez nous. Il s’intéresse surtout aux questions de la normalité, de l’amour et de la famille mais son ambiance bizarre, ses particularités glauques et son final terrible lui permettent de rentrer dans le genre auquel nous nous intéressons cette semaine selon moi. Katherine Dunn nous fait ici découvrir les Binewski, dont les enfants ont été conçus dans l’espoir qu’ils naîtraient « différents », afin d’ajouter de nouveaux numéros à leur cirque de monstruosités. Et c’est réussi. L’un est un « tronc » doté de nageoires, d’autres sont des siamoises à deux têtes et deux troncs mais un bassin et une paire de jambes, une autre est une naine albinos. Seul le cadet semble normal. Jusqu’à ce que sa « particularité » se manifeste alors que ses parents sont sur le point de l’abandonner…

« Notre Château » d’Emmanuel Régniez s’inscrit dans la tradition du roman gothique. Il nous fait partager le quotidien d’un frère et d’une sœur vivant reclus dans une grande demeure qu’ils appellent affectueusement « Notre Château ». Seul le frère en sort une fois par semaine pour se rendre dans une librairie. Lors d’une de ces sorties, quelque chose le troublera: il voit sa sœur dans un bus au loin. Mais l’intéressée nie les faits quand, rentré chez eux, il l’accuse d’être sortie. Et c’est ainsi que le doute s’insinue en lui et commence à contaminer le bonheur qui était celui de cette famille atypique jusqu’à présent…

« Les machines à désir infernales du Docteur Hoffman » d’Angela Carter est une histoire hallucinante parlant d’une machine bizarre qui redessine une ville en lui superposant des fantasmagories troublantes. Les frontières entre le réel et l’imaginaire s’effacent peu à peu et amènent les gens à assouvir leurs instincts les plus primaires… Encore une fois, ce livre n’est pas à proprement parlé de l’horreur mais son ambiance et son étrangeté me donnent envie de le classer également dans ce genre.

A noter que les petits éditeurs osent plus souvent publier des œuvres hybrides (on l’a vu ci-dessus) qui deviennent riches de leurs mélanges et testent différemment les frontières des genres auxquelles elles se rattachent. Or l’horreur grandit souvent de sa rencontre avec d’autres types de récits ou d’autres rythmes. On ne pourra qu’admirer la volonté de ces éditeurs de vouloir s’inscrire dans une autre manière de définir ce qui est effrayant…

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