Bibliothécaire d’un soir #2: les choix de Michel Dufranne

Pour notre deuxième édition de « Bibliothécaire d’un soir » (avec un peu de retard), vendredi 27 avril dernier, c’est Michel Dufranne, auteur, éditeur, chroniqueur et autres mots en « eur », qui nous rejoignait pour nous parler des livres ayant marqué sa vie de lecteur. Voici les titres qu’il nous a présentés.

Michel Dufranne bibliothécaire d'un soir

Pour ceux qui ont manqué cette rencontre et/ou pour ceux qui souhaitent la prolonger, voici la liste des choix de notre bibliothécaire d’un soir ainsi que l’enregistrement qui a été fait de ses explications. A noter qu’en plus de pouvoir retrouver le podcast sur la page d’Audioville (Soundcloud), notre partenaire, vous pouvez aussi écouter la rencontre sur Youtube (juste le son, nous ne faisons pas d’enregistrement vidéo):

 

– « Des Fleurs pour Algernon », Daniel Keyes

Algernon est une souris de laboratoire, Charlie Gordon un simplet employé aux médiocres beDufranne 1.jpgsognes. Tous deux vont emprunter, grâce à une découverte du docteur Strauss et du professeur Nemur, le chemin vers l’intelligence. Suivi par la psychologue Alice Kinnian dont il tombe rapidement amoureux, Charlie va faire de grands progrès sur le plan intellectuel. Ainsi, au terme du troisième mois de traitement, il consigne dans son journal, originellement intitulé CONTE RANDU : J’ai téléphoné à Landsdoff au New Institute for Advanced Study, au sujet de l’utilisation des paires d’ions produites par effet photo-nucléaire, pour des recherches exploratoires en biophysique. La progression est fulgurante. Mais le plus dur est à venir, et la découverte du monde qui l’entoure sera sans concession.

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– « L’Orange mécanique », Anthony Burgess

Le décor inquiétant de cette fable anti-utopique, nous le connaissons bien : c’est celui de la banlieue concentrationnaire qui va recouvrir Dufranne 2peu à peu la surface habitable de la planète. Une immense zone urbaine d’ennui, de désolation et de peur.

Sur ce monde déshumanisé et ses habitants asservis, Alex, le voyou au charme pervers féru de musique classique et de langues anciennes, entend régner par la violence et la terreur. A la tête de sa horde adolescente, il matraque, viole, brûle, torture, et s’acharne à détruire une société programmée pour le bonheur et le progrès.

Archange du Mal à l’état pur, il hante à jamais les pages cruelles de cet inoubliable thriller métaphysique.

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– « Cyrrus/Mil », Andreas

Dufranne 31924. Cyrrus Foxe, archéologue, découvre un temple mystérieux. Il ignore qu’en le violant, il va ouvrir les barrières du temps et libérer une entité maléfique qui y est emprisonnée. C’est alors que commence, pour le chercheur, une histoire où présent et passé se mêlent jusqu’à remonter aux sources du temps… ‘uvre majeure d’Andreas, Cyrrus-Mil est ici rééditée en un seul volume au sein duquel les chapitres ont été réorganisés et de nouvelles pages ajoutées.

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– « V pour Vendetta », Alan Moore & David Lloyd

Dufranne 41997, une Angleterre qui aurait pu exister… Dirigée par un gouvernement fasciste, le pays a sombré dans la paranoïa et la surveillance à outrance. Les « ennemis politiques » sont invariablement envoyés dans des camps et la terreur et l’apathie règnent en maître. Mais un homme a décidé de se dresser contre l oppression. Dissimulé derrière un masque au sourire énigmatique, il répond au nom de V : V pour Vérité, V pour Valeurs… V pour Vendetta!

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– « Un tueur sur la route », James Ellroy

«  Il existe une dynamique dans la mise en œuvre de l’horreur: servez la garnie d’hyperboles fleuries, et la distance s’installe même si la terreur est présente, puis branchDufranne 5ez tous les feux du cliché littéral ou figuratif, et vous ferez naître un sentiment de gratitude parce que le cauchemar prendra fin, un cauchemar au premier abord trop horrible pour être vrai. Je n’obéirai pas à cette dynamique. Je ne vous laisserai pas me prendre en pitié. Charles Manson, qui déblatère dans sa cellule mérite, lui, la pitié ; Ted Bundy, qui proteste de son innocence pour que les femmes solitaires lui écrivent, mérite le mépris. Je mérite crainte et respect pour être demeuré inviolé jusqu’au bout du voyage que je vais décrire, et puisque la force de mon cauchemar interdit qu’il prenne fin un jour, vous me les offrirez. « 

Ainsi parle Martin Michael Plunkett, âgé de 35 ans, coupable de plusieurs dizaines de meurtres sexuels couvrant tout le territoire des Etats-Unis sur une période de dix années. Avec un tueur sur la route, James Ellroy s’est attaché à faire le portrait, de « l’intérieur », d’un « serial killer « .

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– « Le cauchemar d’Innsmouth », Howard Phillips Lovecraft

Innsmouth… C’est le hasard qui m’y conduisit, durant cet été où je fêtais ma majorité en Dufranne 6parcourant la Nouvelle-Angleterre. Je voulais me rendre à Arkham, mais le prix du billet de train me fit hésiter. C’est alors que l’employé des chemins de fer me parla de ce vieil autobus, que presque personne n’empruntait parce qu’il passait par Innsmouth… Mais pourquoi les gens évitaient-ils cet ancien port de pêche, comme si ses habitants avaient la peste ? Après cette horrible nuit que je passai là-bas, je compris. Je réussis pourtant à m’échapper, de justesse. Était-ce vraiment une chance ? J’ignorais alors que le cauchemar ne faisait que commencer…

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Le prochain bibliothécaire d’un soir qui a suivi Michel Dufranne était Jean-Marc Ceci, dont vous pouvez trouver les choix ici.

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