Semaine « petits éditeurs » – La ferme des mastodontes de Mike Kleine aux éditions de l’Ogre

LOGO Ogre - La ferme des mastodontes de Mike Kleine

Les éditions de l’Ogre ont vu le jour en 2015 et s’amusent à nous apporter des ovnis littéraires tels que vous n’en trouverez pas ailleurs depuis leur naissance. Chaque nouvelle publication est une surprise, les éditeurs allant souvent où on ne les attend pas et nous offrant des livres parfois déroutant, parfois décourageants, parfois exaltants, toujours différents, et c’est pour ça qu’on les adore. Je crois que c’est l’éditeur que je suis le plus et dont j’achète quasi aveuglément les livres parce que je sais qu’ils me surprendront. J’aurais pu parler de beaucoup de romans ici, en particulier de ceux de Jason Hrivnak ou encore d’Ariadna Castellarnau, mais nous ne les avons pas (encore) à la bibliothèque. A la place, j’ai choisi l’un des plus étranges, « La ferme des mastodontes » de Mike Kleine.

 

De quoi ça parle?

Mike Kleine s’offre pour son premier roman une super production qui évoque aussi bien le cinéma d’auteur mi-contemplatif mi-bavard des films de Jim Jarmush des années 1990 que les dialogues absurdes et l’humour de Kevin Smith dans Clerks, et, ce faisant, met au jour avec une grande finesse le pouvoir sans limite de la fiction.

Imaginez : vous vivez en coloc’ avec James Franco ; vous habitez Los Angeles ; vous avez une Ferrari ; vous hésitez à acheter un Picasso ; votre plan cul, c’est Céline Dion ; votre vie se partage entre des soirées glamours sur des roof top et des conversations téléphoniques dépressives avec Cameron Diaz… Bienvenue dans La Ferme des Mastodontes !

 

Pourquoi ce livre?

Pour être honnête, « La ferme des mastodontes » sera peut-être le plus difficile d’accès de tous les livres dont je parlerai cette semaine. Non qu’il soit difficile à lire. L’écriture est fluide et le roman est très court. Mais il explore le monde de la pop culture moderne (surtout cinématographique) et demande une certaine connaissance de celui-ci pour comprendre toute son étrangeté et sa folie, ainsi qu’une acceptation de l’ironie, du 36ème degré et du post-modernisme pour comprendre le côté parodique et décalé de son ton.

Nous serons plongés ici dans un récit en « tu », forme assez déroutante qui va nous mettre au centre de l’histoire et nous faire ressentir plus intensément la folie de la vie du personnage principal de ce livre halluciné et hallucinant. Tout est dans dans les apparences, dans les « connaissances », dans le bling bling m’as-tu-vu au possible et dans la frime éhontée. Nous sommes à Los Angeles, ville superficielle s’il en est et nous sommes l’une de ses personnalités les plus influentes. Ce pendant 141 pages dévergondées et déjantées.

Et là, ça passe ou ça casse. Il faut accepter le délire de l’auteur pour en savourer le charme, l’audace et, même, le ridicule totalement assumé. Petit à petit, derrière cet étalage d’argent et de connaissances naît un étrange malaise qui ne nous lâchera plus. Bizarrement, à la fin arrivée trop vite, on en redemandera. Vivement le prochain roman de l’auteur chez cet éditeur. Expérience à tenter donc mais qui ne plaira pas à tous. Ce n’est pas grave, ça la rend encore plus surprenante et imprévisible.

 

On en parle sur Diacritik, sur La Viduité, sur L’Espadon et sur L’intervalle.

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