Ce mois au Centre de Lecture (édition septembre 2017)

BD Aurélie Defferrard Couverture

Fermeture :

Mercredi 27 septembre

 

Brico-lectures, lectures et jeux (enfants) :

Mercredi 06/09 : 14h-15h30 : Atelier de brico-lecture pour enfants de 5 à 12 ans

Mercredi 13/09 : 14h-15h30 : Atelier de brico-lecture pour enfants de 5 à 12 ans

Mercredi 20/09 : 14h-15h30 : Atelier de brico-lecture pour enfants de 5 à 12 ans

 

Clubs de Lecture, de tricot-crochet et de scrabble (adultes) :

Mardi 05/09 : 14h-16h : Club de crochet et tricot

Vendredi 08/09 : 15h : Club de lecture pour adultes

Jeudi 21/09 : 14h-16h : Club de crochet et tricot

Vendredi 29/09 : 14h30 : Club de Scrabble

Ecriture/dessin (adultes et adolescents) :

Samedi 16/09 : 10h-12h30 & 14h-16h30 : Atelier De BD et de mangas

 

Tout public :

Samedi 2 : 11h-14h : Verre de lancement de la première BD d’Aurélie Defferrard, « Oh noooon… Pas encore une planche !!! » suivi de dédicaces (prix de vente : 4€) à l’occasion des fêtes d’Amougies

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Aurélie Defferrard, star de notre Centre de Lecture avec sa première BD!

Aurélie Defferrard, une des participantes à notre atelier BD, publie sa première BD. Le lancement de celle-ci aura lieu samedi 2 septembre 2017 au Centre de Lecture publique de Mont-de-l’Enclus de 11h à 14h. On en parle sur Vivacité, Notélé et ici, le Courrier de l’Escaut consacre une page entière à la chose:

Aurélie article Courrier Escaut 30 08 2017 plus net

Semaine de l’horreur : aux frontières de l’étrange…

Semaine de l'horreur journée livres étranges

Pour terminer cette semaine de l’horreur, parlons de livres étranges dont la forme concourt autant que le fond à nous mettre mal à l’aise et à nous faire frisonner…

Commençons par le cultissime « La Maison des feuilles » de Mark Z. Danielewski, roman absolument incroyable qui ne ressemble à rien de ce que vous avez déjà lu (croyez-moi). Son récit se construit sur trois niveaux: une description factuelle d’un documentaire sur une étrange maison et son exploration, les annotations de celui qui a écrit cette description ainsi que les commentaires d’un autre personnage qui a retrouvé le manuscrit et qui le parcourt alors que sa vie est en train de sombrer. Ces trois niveaux différents sont identifiables visuellement et prennent vie sous nos yeux grâce à une recherche graphique étonnante qui amènera le lecteur à tourner l’objet-livre dans tous les sens pour pouvoir le lire comme il faut…

Le second livre dont nous parlerons a en commun avec le premier d’avoir été traduit par Claro, auteur/traducteur/éditeur qui a l’art de dénicher les perles étranges qui mettent mal à l’aise. « La Maison des Epreuves » de Jason Hrivnak se découpe en deux parties. Dans la première, l’auteur raconte l’exégèse de son manuscrit. Dans la seconde, nous rentrons directement dans la série « d’épreuves » qui, petit à petit, se colorent de sens quand on pense à la manière dont elles ont été créées. Le tout est bizarre, l’expérience de lecture est déroutante mais inoubliable.

Le dernier roman, « Et dormir dans l’oubli comme un requin dans l’onde » de Steven Hall, est un peu plus « classique » que les autres dans sa structure mais reste quand même un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié). Il parle d’un homme qui a perdu la mémoire. A la recherche de son passé perdu, celui-ci découvre que son amnésie a une source assez surprenante et se retrouve à lutter contre un requin « conceptuel » qui le pourchasse et se nourrit de ses souvenirs…

Ces trois livres peuvent intimider de prime abord mais méritent amplement la gymnastique de lecture nécessaire pour s’accoutumer à leur spécificité. Ce sont trois récits qui resteront avec moi car ils m’ont fait vivre quelque chose de différent, d’intense et de perturbant.

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Semaine de l’horreur : grands frissons chez les petits éditeurs

Semaine de l'horreur journée petits éditeurs

Quand on parle de l’horreur, on évoque (trop) souvent les grands noms publiés la plupart du temps chez des monstres de l’édition, comme Stephen King, Anne Rice, Peter Straub, Dean Koontz, Graham Masterton, Thomas Harris, Joe Hill, R. L. Stine ou encore Dan Simmons. Ces auteurs ont tendance à éclipser ceux moins connus qui pourtant écrivent des romans parfois autrement plus glaçants. Mettons en avant ces livres dont on parle moins mais qui m’ont plus marquée que ceux des écrivains précités.

« Amour monstre » de Katherine Dunn est un de ces romans cultes dans un autre pays/ dans une autre langue mais étrangement à peine connus chez nous. Il s’intéresse surtout aux questions de la normalité, de l’amour et de la famille mais son ambiance bizarre, ses particularités glauques et son final terrible lui permettent de rentrer dans le genre auquel nous nous intéressons cette semaine selon moi. Katherine Dunn nous fait ici découvrir les Binewski, dont les enfants ont été conçus dans l’espoir qu’ils naîtraient « différents », afin d’ajouter de nouveaux numéros à leur cirque de monstruosités. Et c’est réussi. L’un est un « tronc » doté de nageoires, d’autres sont des siamoises à deux têtes et deux troncs mais un bassin et une paire de jambes, une autre est une naine albinos. Seul le cadet semble normal. Jusqu’à ce que sa « particularité » se manifeste alors que ses parents sont sur le point de l’abandonner…

« Notre Château » d’Emmanuel Régniez s’inscrit dans la tradition du roman gothique. Il nous fait partager le quotidien d’un frère et d’une sœur vivant reclus dans une grande demeure qu’ils appellent affectueusement « Notre Château ». Seul le frère en sort une fois par semaine pour se rendre dans une librairie. Lors d’une de ces sorties, quelque chose le troublera: il voit sa sœur dans un bus au loin. Mais l’intéressée nie les faits quand, rentré chez eux, il l’accuse d’être sortie. Et c’est ainsi que le doute s’insinue en lui et commence à contaminer le bonheur qui était celui de cette famille atypique jusqu’à présent…

« Les machines à désir infernales du Docteur Hoffman » d’Angela Carter est une histoire hallucinante parlant d’une machine bizarre qui redessine une ville en lui superposant des fantasmagories troublantes. Les frontières entre le réel et l’imaginaire s’effacent peu à peu et amènent les gens à assouvir leurs instincts les plus primaires… Encore une fois, ce livre n’est pas à proprement parlé de l’horreur mais son ambiance et son étrangeté me donnent envie de le classer également dans ce genre.

A noter que les petits éditeurs osent plus souvent publier des œuvres hybrides (on l’a vu ci-dessus) qui deviennent riches de leurs mélanges et testent différemment les frontières des genres auxquelles elles se rattachent. Or l’horreur grandit souvent de sa rencontre avec d’autres types de récits ou d’autres rythmes. On ne pourra qu’admirer la volonté de ces éditeurs de vouloir s’inscrire dans une autre manière de définir ce qui est effrayant…

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Semaine de l’horreur: livre ou film?

Semaine de l'horreur journée cinéma

Le cinéma s’inspire très souvent des romans en les adaptant plus ou moins (voire pas du tout) fidèlement et le cinéma d’horreur ne fait pas exception. On ne compte plus les histoires de Stephen King qui sont passées sur grand écran (avis aux trentenaires: si comme moi vous avez connu vos premiers frissons, cauchemars et peurs paniques des clowns avec le téléfilm tiré de « Ça« , sachez qu’une nouvelle relecture de l’histoire du King sortira en septembre). Mais également les « Bébé de Rosmary« , « Silence des Agneaux« , « Exorciste » et « Dents de la mer » (si si, c’est d’abord un livre de Peter Benchley) pour les grands classiques maintenant indémodables, les « Pontypoool changes everything » (qui a donné le très surprenant, efficace et innovant « Pontypool » de Bruce McDonald à l’écran) et « Let the right one in » (l’adaptation de Tomas Alfredson appelée « Morse » en français et « Låt den rätte komma in » en suédois est une pure merveille que je vous recommande plus que chaudement) ou encore les « Celle qui a tous les dons » (adapté plus que décemment par Colm McCarthy sous le titre de « The Last Girl« ) et autres « La Tour Sombre » pour les plus récents.

Découvrons trois romans qui ont donné des adaptations de qualité…

« La neuvième porte » de Roman Polanski, œuvre plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord (voir cette analyse), est tiré de « Club Dumas » d’Arturo Pérez-Reverte. Il faut savoir que ce film n’a gardé que la moitié de la trame du roman, ce qui peut surprendre quand on commence ce dernier en ayant les images de son adaptation en tête. Dans le livre, Lucas Corso, revendeur de bouquins rares sans scrupules ni conscience professionnelle, se retrouve impliqué dans une drôle de recherche, portant à la fois sur un chapitre perdu des « Trois Mousquetaires » de Dumas et sur un étrange ouvrage aux pouvoirs effrayants, « Les neufs portes du royaume des ombres« . Le mercenaire littéraire se retrouve malgré lui emporté dans une histoire qui le fera courir à travers l’Europe.

Dans un tout autre style, « Ring » de Hideo Nakata est une adaptation très réussie du roman éponyme de Koji Suzuki (qui a également connu une version américaine n’arrivant même pas à la cheville de celle japonaise). Ce livre parle d’une cassette vidéo maudite qui entraîne la mort de celui qui la regarde sept jours après l’avoir vue. Une journaliste s’intéresse à cette nouvelle légende urbaine et découvre qu’elle n’a rien d’une légende en visionnant ladite cassette. Déjà condamnée à mourir dans une semaine, elle se retrouve encore plus pressée dans sa course pour découvrir la vérité et stopper la malédiction lorsque son jeune fils la visionne par hasard…

Pour revenir à une histoire plus conventionnelle de maisons hantées, intéressons-nous à « La dame en noir » de Susan Hill, qui aurait pu être écrit au début du siècle dernier tellement ce livre porte l’héritage des récits de fantômes classiques. Adapté très fidèlement sur grand écran par James Watkins, il raconte l’histoire d’Arthur Kipps, jeune avoué anglais qui doit s’occuper de la succession d’une femme âgée récemment décédée. Lors de l’enterrement de celle-ci, il aperçoit une dame en noir qui commencera à apparaître de plus en plus souvent dans le manoir de la défunte alors que le jeune homme est occupé à trier ses affaires. Cette dame en noir est-elle réelle ou le fruit de son imagination?

Comme on le sait, les livres sont souvent meilleurs que les films qu’on en tire. Néanmoins, ces trois précédents titres font donc exception. Et il y en a d’autres. Le cinéma arrive parfois à faire ressortir les éléments horrifique de manière vraiment efficace sur grand écran…

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Semaine de l’horreur: les femmes savent faire peur

Semaine de l'horreur journée femmes écrivains

Quand on parle d’horreur, ce sont toujours les mêmes noms qui ressortent. Et ils sont la plupart du temps masculins. Comme si faire peur était une histoire de mecs, de vrais, les bien virils, tout ça. Outre le côté sexiste de la chose, c’est un cliché qui ne correspond pas à mon expérience personnelle de lectrice de romans appartenant à ce genre. Quand j’ai commencé à réfléchir aux livres m’ayant le plus fait peur, ce sont d’abord des histoires écrites par des femmes qui me sont venues en tête. Et même si je n’aime pas classer les choses selon le sexe de celui qui les crée, il me semble que mettre en avant les femmes qui savent faire peur est important quand celles-ci sont souvent négligées au profit de leurs collègues masculins.

Commençons par Sarah Waters qui, avec « L’indésirable », nous offre un récit psychologique s’amusant à jouer avec nos nerfs. Le docteur Faraday, humble médecin de campagne, est obsédé depuis sa plus tendre enfance par le manoir ancestral d’une famille prestigieuse de la région. Un jour, il aide un membre de cette famille et devient de ce fait son docteur attitré. Position prestigieuse qui va l’amener à découvrir d’étranges secrets…

Continuons avec un classique du genre qui a été adapté plusieurs fois au cinéma. Dans « La maison hantée » de Shirley Jackson, Eleanor, jeune fille qui a passé sa vie à s’occuper de sa mère malade, est invitée à participer à une étude sur le paranormal par le Docteur Montague. Celle-ci se déroulera dans la terrifiante House Hill, maison démesurée à l’architecture torturée. Eleanor se prend pourtant d’affection pour cette étrange et glauque demeure. Elle s’y sent chez elle. Même quand d’effrayants événements commencent à donner envie aux autres participants de fuir cet endroit maléfique.

Terminons avec un roman fait pour les amateurs de cinéma en général et de Kubrick en particulier. Avec « Intérieur nuit », Marisha Pessl nous livre un thriller horrifique qui se construit lentement mais qui nous emmène loin. Ashley Cordova, la fille d’un réalisateur vivant cloîtré dans sa grande demeure depuis 30 ans, est retrouvée morte. Un journaliste qui a été autrefois obsédé par Cordova au point d’en perdre boulot et famille décide de mener l’enquête. Il ne réalise pas dans quelle histoire dangereuse il a mis les pieds.

J’ai parlé de Sarah Waters, Marisha Pessl et Shirley Jackson mais j’aurais pu évoquer d’autres reines de l’horreur qui sont trop rarement citées dans les listes du genre. Réparons cela ici et citons quelques femmes écrivant des romans horrifiques qui valent plus que la peine d’être lus:

  • Mélanie Fazi (une auteur française qui aime jouer avec les genres de la SFFF en en troublant les frontières)
  • Poppy Z. Brite (qui écrit des romans et nouvelles délicieusement gothiques)
  • Anne Rice (très connue pour sa série sur Lestat le Vampire)
  • Gillian Flynn (dont les livres oscillent entre thrillers psychologiques et horrifiques)
  • Daphné du Maurier (auteur classique qui a écrit notamment « Les Oiseaux » et « Rebecca« , tous deux adaptés au cinéma par Alfred Hitchcock)
  • Ruth Rendell (elle a écrit surtout des thrillers et des policiers mais elle verse parfois dans l’horreur)
  • Karine Slaughter (même remarque que pour Ruth Rendell)
  • Mira Grant (elle s’est fait remarquer avec une série de SF horrifique, « Newsflesh« )
  • Laurence Beukens (qui s’amuse aussi à voguer entre SF, horreur et thriller dans ses romans)
  • Octavia E. Butler (qui aime elle aussi jongler entre les genres précédemment cités)

  • Susan Hill (qui a écrit « La dame en noir« , adapté au cinéma avec Daniel « Harry Potter » Radcliffe dans le rôle principal)
  • Yôko Ogawa (auteur japonaise qui aime le réalisme magique et qui sait, dans certains livres, glacer le sang discrètement et subtilement)
  • Mary Shelley (et son indémodable « Frankenstein« )

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Semaine de l’horreur: les images qui effraient

Semaine de l'horreur journée BD

On croit, à tort, qu’il n’est pas possible d’avoir peur en lisant une BD. L’œil en verrait trop pour que la surprise puisse survenir et nous effrayer. C’est mal connaître la production BD actuelle, qui a plus à offrir du côté horrifique qu’on ne pourrait l’imaginer. Voici trois BD horrifiques totalement différentes mais toutes glaçantes.

Joe Hill, prodigieux « fils de » sur le point de dépasser son père, le « King » du genre, touche autant au roman qu’aux comics. Il nous livre, en (bonne) compagnie de Gabriel Rodriguez et de ses dessins aigus et pénétrants, une œuvre déjà devenue culte dans le milieu avec la série des « Locke & Key » (en 6 tomes). Une famille endeuillée suite au meurtre du père par deux de ses étudiants part vivre dans la maison d’enfance du défunt. Alors que la mère sombre dans l’alcool, ses trois enfants sont livrés à eux-mêmes et explorent l’étrange demeure. Ils y découvrent des clés aux étranges pouvoirs. Et vont rentrer dans un piège dangereux qui les dépasse et les menace…

Emily Carroll, jeune auteur canadienne, a reçu de nombreux prix prestigieux pour « Dans les bois », recueil de contes horrifiques qui s’empare du médium pour exploiter au maximum son potentiel effrayant. La mise en scène de ses histoires arrivera à créer aussi bien malaise que surprise soudaine devant une scène qu’on n’attendait pas. Nous y suivront un enfant témoignant de la possession d’un adulte de son entourage ou encore des jeunes filles qui disparaissent dans les bois…

La dernière BD n’est pas à proprement parler une histoire d’horreur. La tendresse et la délicatesse qui s’en dégagent ont tendance à la faire sortir de ce genre. Mais ce serait oublier le côté de plus en plus glauque d’un récit parlant d’un jeune homme qui ira vendre les chats de son oncle ayant dévoré ce dernier après son décès à un étrange collectionneur fasciné par les objets liés à des morts et meurtres.  le « Murderabilia » d’Alvaro Ortiz est une histoire déstabilisante et attachante à la fois, qui témoigne de la complexité de notre rapport à la mort.

L’horreur en BD est une expérience différente de celle en livre ou en film et ce serait dommage de passer à côté de quelques frissons de qualité parce qu’on croit le genre non adapté à cette forme d’art…

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