Les livres qui dérangent: « Aquarium », David Vann

couv rivire

De quoi ça parle?

Caitlin, douze ans, habite avec sa mère dans un modeste appartement d’une banlieue de Seattle. Afin d’échapper à la solitude et à la grisaille de sa vie quotidienne, chaque jour, après l’école, elle court à l’aquarium pour se plonger dans les profondeurs du monde marin qui la fascine. Là, elle rencontre un vieil homme qui semble partager sa passion pour les poissons et devient peu à peu son confident. Mais la vie de Caitlin bascule le jour où sa mère découvre cette amitié et lui révèle le terrible secret qui les lie toutes deux à cet homme.
 .

Pourquoi ça dérange?

David Vann s’est fait connaître par des histoires qui basculent tout à coup suite à un événement perturbant. Aquarium ne fait pas exception et pose des questions troublantes sur la transmission des devoirs et les relations parents-enfants.

David Vann s’intéresse cette fois à des héroïnes, mère et fille (sur)vivant seules, l’une encore innocente, l’autre en quelque sorte jalouse de cette innocence. La mère doit cumuler les boulots pour réussir à gagner de quoi nourrir et protéger son enfant. Cette dernière se retrouve en contrepartie obligée de se débrouiller seule la plupart du temps. Mais là n’est pas la partie dérangeante, même si cette situation bien trop commune devrait déjà en elle-même nous révolter. Ces deux femmes vivent avec des secrets qui commencent à étouffer leur quotidien et qui devront éclater au grand jour. Commencera alors une épreuve plus que pénible pour elles…

.

Logo collection les livres qui dérangent

 

Les livres qui dérangent: « Vulnérables », Richard Krawiec

Collection Vulnérables

De quoi ça parle?

Lorsque Madame Pike rentre du travail, elle trouve devant chez elle une estafette de police. Guidés par son mari, deux agents sont en train de constater les dégâts perpétrés dans la maison familiale. Cambriolée. Saccagée. Souillée. Le vieux couple est sous le choc. Leur fille, enceinte de neuf mois, demande à son grand frère Billy de leur venir en aide.

Quadragénaire à la vie en miettes qui n’a pas vu ses parents depuis plusieurs années, Billy revient donc en ville. Sans trop savoir pourquoi. Lui, l’ancien délinquant qui a braqué tant de maisons, se retrouve à devoir veiller sur son père et sa mère, traumatisés. Et à retourner dans la ville qui l’a vu basculer.

Partant de cette simple histoire de cambriolage, Richard Krawiec met le doigt où ça fait mal, et décompose méticuleusement les secrets troubles et les terreurs enfouies d’une famille moyenne américaine. Une plongée dans les entrailles sombres d’un pays renfermé sur lui-même, gangrené par la paranoïa et rongé par le malaise.

.

Pourquoi ça dérange?

Sous des allures de drames familial, Richard Krawiec dissèque dans Vulnérables la société bourgeoise américaine et dénonce ses dérives. Billy est un petit voleur minable issu d’une famille « comme il faut ». Pourquoi en est-il arrivé là alors? L’histoire de sa vie –  qui nous sera racontée dans ce roman à travers quelques flashbacks – expliquera d’une certaine manière ce destin étonnant.

En décrivant de manière aussi cinglante les dessous d’une famille américaine, qui derrière le règne du paraître renvoyant aux voisins une image idyllique cache de lourds secrets pas très reluisants, l’auteur nous invite à nous confronter à ns mensonges et à réfléchir à ce que ceux des autres peuvent bien cacher. Une histoire qui met mal à l’aise et qui pourtant touche par sa sincérité.

.

Logo collection les livres qui dérangent

Les livres qui dérangent: « La Tanche », Inge Schilperoord

Collection la tange inge shcilperoord

De quoi ça parle?

En cette étouffante journée d’été, Jonathan sort de prison. Dans le bus qui le ramène chez sa mère, il se répète ce que lui a dit le psychologue : ce n’est pas lui qui est mauvais, ce sont ses actes. Et s’il parvient à organiser rigoureusement ses journées, il sera un homme meilleur. Jonathan se le promet. Il va s’occuper de sa mère asthmatique, retourner travailler à l’usine de poissons, promener le chien, aller à la pêche. Il restera seul, il ne parlera à personne, il va s’occuper les mains, l’esprit, tout faire pour ne pas replonger.

Car il le sait, s’il a été libéré, faute de preuves, le psy a parlé d’un taux de récidive de 80 %. Il ne doit pas se laisser déborder à nouveau.

Or, dans ce quartier en démolition où vit sa mère, vivent aussi une jeune femme et sa fillette…

.

Pourquoi ça dérange?

Avec ce roman, Inge Schilperoord nous propose de rentrer dans la tête d’un pédophile. Non par une volonté malsaine et voyeuriste, loin de là, mais pour nous aider à comprendre ce qui peut se passer dans l’esprit d’une personne qui sort de la norme sociétale et qui souffre de pulsions qu’elle doit contrôler pour ne pas commettre d’acte irréparable.

Pas de compassion, pas d’accusation. Le but de ce livre n’est pas de dénoncer ou de pardonner mais de nous aider à comprendre. Parce que diaboliser ce qu’on ne peut accepter n’aide pas à régler le problème. La Tanche n’est pas, de ce fait, un roman de tout repos. Mais il constitue une lecture forte et difficilement oubliable.

.

Logo collection les livres qui dérangent

Les livres qui dérangent: « Amour Monstre », Katherine Dunn

couv rivire

De quoi ça parle?

La joyeuse famille Binewski est tout sauf banale. Ivres d’amour et nourrissant de grands projets pour leur spectacle itinérant, Al et Lil décident d’engendrer à coup d’amphétamines et de radiations la plus belle brochette de phénomènes de foire au monde. Alors, bienvenue chez les monstres : il y a Arturo l’Aquaboy, doté de nageoires et d’une ambition digne de Genghis Khan ; Iphy et Elly, sœurs siamoises et musiciennes talentueuses ; Oly, naine bossue et albinos. Seul détonne l’étonnamment normal Chick… jusqu’à ce qu’il révèle des qualités bien particulières. Pour autant, cette famille est habitée de passions bien humaines, et une terrible rivalité entre frères et sœurs ne tarde pas à menacer le bonheur des Binewski.

Amour monstre,  œuvre unique et fascinante, interroge les notions de monstruosité et de normalité, de beauté et de laideur, de sacré et d’obscène. Avec ce roman culte aux États-Unis, Katherine Dunn brise tous les tabous pour refaire le monde et nous parler d’amour. 

.

Pourquoi ça dérange?

Alors que passe au cinéma le très consensuel (et historiquement mensonger) The Greatest Showman, nous vous invitons à découvrir un livre culte qui traite également des freaks et autres laissés-pour-compte de la société. Néanmoins, loin d’être une histoire « émouvante pour faire pleurer dans les chaumières », Amour Monstre nous pousse dans nos retranchements en nous faisant découvrir une famille qui recherche la déformation.

En effet, les parents de la narratrice, qui nous racontera l’histoire de cette famille atypique, ont provoqué les malformations étranges de leurs enfants, l’une étant naine, l’autre ressemblant à un poisson, les jumelles étant siamoises. Seul le dernier n’a pas de spécificité. Tout du moins c’est ce que pense la famille, jusqu’à ce que sa particularité bien étrange se dévoile.

Amour Monstre nous pousse à réfléchir à la notion de normalité mais va plus loin aussi, en nous confrontant à divers éléments perturbants, allant de l’inceste à l’apotemnophilie. On s’attache à cette famille atypique et on commence à comprendre le pourquoi du rejet de la normalité qui la caractérise…

.

Logo collection les livres qui dérangent

 

Les livres qui dérangent: « Ne suis-je pas une femme? », Bell Hooks

collection Ne suis-je pas une femme Bell Hooks

De quoi ça parle?

« Ne suis-je pas une femme ? », telle est la question que Sojourner Truth, ancienne esclave, abolitionniste noire des États-Unis, posa en 1851 lors d’un discours célèbre, interpellant féministes et abolitionnistes sur les diverses oppressions subies par les femmes noires : oppressions de classe, de race, de sexe. Héritière de ce geste, Bell Hooks décrit dans ce livre devenu un classique les processus de marginalisation des femmes noires et met en critique les féminismes blancs et leur difficulté à prendre en compte les oppressions croisées. Un livre majeur du « black feminism » enfin traduit plus de trente ans après sa parution ; un outil nécessaire pour tous à l’heure où, en France, une nouvelle génération d’afro-féministes prend la parole.

.

Pourquoi ça dérange?

Depuis l’affaire Harvey Weinstein et le #MeToo, le débat féministe a enfin pris le devant de la scène. Néanmoins, il reste très « blanc ». En effet, de nombreuses femmes dénoncent le manque d’intersectionnalité (le fait de combiner, par exemple, le féminisme avec d’autres luttes comme celle contre le racisme, la transphobie ou l’homophobie) dans celui-ci et sont, la plupart du temps, juste ignorées. Or, qui veut égalité pour tous ne parle pas juste des hommes et femmes blancs mais de chaque être humain, en toute logique. Il est donc temps de s’intéresser un peu plus à ce que les femmes de couleur, entre autres, ont a dire du féminisme. Or, Bell Hooks est une des figures représentatives de celles-ci et Ne suis-je pas une femme? reste un classique du genre, qui a malheureusement mis (très) longtemps à être traduit (merci aux éditions Cambourakis est à leur très bonne collection « Sorcières » pour cela).

Cet essai explore la question du « black feminism » en débutant par un long chapitre indispensable et horrible sur l’esclavage. Bell Hooks rappelle – ou nous apprend – les atrocités commises envers les femmes lors de cet honteux chapitre de l’histoire de l’humanité (qui n’est pas vraiment refermé, quoi qu’on en dise). Elle s’intéresse ensuite au traitement des femmes noires dans l’Amérique du XXe siècle et pose de nombreuses questions nécessaires. Elle nous pousse à réfléchir et à voir plus loin dans la lutte pour l’égalité. Ce qui nous oblige à remettre en cause ce que nous savons du féminisme et à voir plus loin que notre propre expérience. Chose primordiale si l’on veut enfin cesser de penser qu’il n’y a qu’une façon d’être femme, qu’une forme d’oppression et qu’une solution à présenter à celle-ci. Salutaire.

.

Logo collection les livres qui dérangent

Les livres qui dérangent: « Libres! Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels », Ovidie et Diglee

collection Libres

De quoi ça parle?

« La seule certitude qu’il nous reste en matière de sexe : nous sommes les seules décisionnaires de ce que nous faisons de notre corps et rien ni personne ne devrait jamais nous dicter notre conduite. » Ovidie

Publicité, télévision, clips, blogs, magazines, applications, le sexe n’a jamais été aussi omniprésent dans notre environnement culturel. On en parle de plus en plus, mais en parle-t-on réellement mieux ? Au lieu de nous imposer un énième guide censé faire de nous des amantes parfaites, Ovidie et Diglee nous proposent de nous « foutre la paix » dans ce livre drôle, déculpabilisant et décomplexant.

.

Pourquoi ça dérange?

Encore un livre qui, normalement, ne devrait pas déranger. Mais dans le monde duel qui est le nôtre, où il faut à la fois être très actif au niveau sexuel et ne pas parler de sexe, aborder des sujets tels que les règles, le goût du sperme ou la sodomie n’est pas de « bon ton ». Pourtant il est primordial d’arrêter d’avoir peur des mots et d’appeler un chat un chat. Ovidie fait plus, elle discute avec nous de choses qui sont encore, pour certains, malheureusement tabous.

Malheureusement d’autant plus que ce manque de discussion empêche la gente féminine de se libérer des diktats impossibles et étouffants d’une société qui la veut, selon la formule consacrée, vierge et putain à la fois. Ovidie, forte de son expérience de diplômée en philosophie, d’actrice porno, de réalisatrice de documentaires et de chroniqueuse, nous parle de ces choses et nous aide, surtout nous les femmes, à mieux comprendre comment ne plus considérer uniquement que le plaisir masculin dans l’équation à multiples inconnues que sont les relations à notre corps et au(x) corp(s) de(des) être(s) aimé(s) ou juste désiré(s).

Le tout est agrémenté d’illustrations et de planches de Diglee qui ravissent par la variété des sexualités, ethnies et corpulences représentées, avec enfin des personnages qui ressemblent à ceux que l’on croise tous les jours dans la rue (par opposition à ceux qui peuplent nos films et nos livres).

.

Logo collection les livres qui dérangent

Les livres qui dérangent: « Les sentiments du prince Charles », Liv Strömquist

Collection Les sentiments du Prince Charles de Liv Stromquist

De quoi ça parle?

Lors d’une conférence de presse après ses fiançailles avec Diana, le prince Charles dut répondre à la question : « Êtes-vous amoureux ? » Après une petite hésitation, il répondit : « Oui… Quel que soit le sens du mot “amour” ». Or, en lisant la presse people quelques années plus tard, on constata que de toute évidence Charles et Diana n’attribuaient pas du tout le même sens au mot « amour »…

« Les sentiments du Prince Charles » est une bande dessinée militante qui alterne fiction et analyse documentée et met à mal les idées reçues sur la relation amoureuse en soulignant que cette dernière n’est qu’une cage fabriquée par les hommes pour maintenir les femmes dans un état de dépendance et de soumission. Cet album est un appel à la prise de conscience et à la libération.

.

Pourquoi ça dérange?

Loin de notre conception occidentale traditionnelle de l’amour – sentiment noble qui justifie de vivre et qui hante nos films, nos livres et nos chansons -, Liv Strömquist nous explique ici l’économie politique d’une illusion qui nous a été vendue comme essentielle. Elle s’amuse à déconstruire ce que l’on sait du sentiment amoureux pour nous laisser face à nos contradictions.

La vision des choses de cette auteur rebutera certainement les lecteurs mais elle participera aussi à une réflexion inattendue, inhabituelle mais essentielle quant à ce que nous tenons pour acquis dans nos relations à l’être aimé. Le but n’est pas de désenchanter le monde mais de réinstaurer un équilibre plus sain entre les personnes qui s’attachent les unes aux autres.

.

Logo collection les livres qui dérangent

Les livres qui dérangent: « La 6e extinction », Elizabeth Kolbert

collection La sixième extinction Elizabeth Kolbert

De quoi ça parle?

Depuis l’apparition de la vie sur Terre, il y a eu cinq extinctions massives d’espèces. Aujourd’hui, les scientifiques estiment que notre planète est en train de vivre la sixième, la plus dévastatrice depuis la disparition des dinosaures. Tous les jours, sous nos yeux, parfois même dans notre jardin, des espèces s’éteignent. Mais cette fois, c’est l’homme, et l’homme seul, qui en est la cause. Pour prendre toute la mesure du moment critique que nous sommes en train de traverser, Elizabeth Kolbert se livre à une enquête passionnante sur la grande histoire de la vie terrestre, en remontant aux découvertes de Cuvier et Darwin, et le péril imminent qui la guette. Des îles du Pacifique jusqu’au Muséum d’histoire naturelle de Paris en passant par la forêt amazonienne, elle part à la rencontre des scientifiques de terrain qui enregistrent chaque jour de nouveaux indices d’une réalité qu’on ne peut plus nier. Avec ce livre majeur, salué dans le monde entier comme un événement, Elizabeth Kolbert signe d’une plume alerte et lumineuse le reportage le plus saisissant sur le sujet. Elle montre que l’humanité ne peut plus ignorer la crise environnementale, au risque de disparaître à son tour. Elizabeth Kolbert est journaliste au New Yorker.

.

Pourquoi ça dérange?

Cet essai qui a reçu le prix Pulitzer en 2015 bouscule nos habitudes et nous demande de réfléchir à l’impact que nous avons sur notre planète. Il apporte un regard scientifique clair, facile à comprendre et sans concession sur la diversité animale qui s’amenuise et nous met en garde. Non seulement nous causons la disparition de nombreuses espèces qui n’ont rien fait de mal si ce n’est coexister avec nous sur cette planète, mais en plus nous courons à notre propre perte.

Elizabeth Kolbert avance des faits et ne joue pas sur un pathos inutile. Elle émerveille puis effraie et défend très bien une cause qui, malheureusement, est loin de faire l’unanimité, bien que nous aillons beaucoup de mal à comprendre pourquoi. C’est peut-être aussi cela qui dérange dans ce livre, la bêtise humaine qui transparaît dans le cri d’alarme posé par l’auteur…

.

Logo collection les livres qui dérangent

Les livres qui dérangent: « Faut-il manger les animaux? », Jonathan Safran Foer

collection Faut-il-manger-les-animaux-de-Jonathan-Safran-Foer

De quoi ça parle?

Comment traitons-nous les animaux que nous mangeons ? Convoquant souvenirs d’enfance et arguments philosophiques, Jonathan Safran Foer se lance dans une vaste enquête. Entre une expédition dans un abattoir et une recherche sur les dangers du lisier de porc, l’auteur explore tous les degrés de l’abomination contemporaine. Un livre choquant, drôle et inattendu qui a déjà suscité passions et polémiques.

.

Pourquoi ça dérange?

Alors qu’il allait devenir père, Jonathan Safran Foer a voulu comprendre d’où venait ce qu’il mangeait pour ne pas donner n’importe quoi à son futur enfant. Il a fait des recherches sur les conditions d’élevage et d’exécution des animaux et poissons qui deviendront notre nourriture. Ce qu’il a découvert est assez horrifiant et, malheureusement, plutôt courant (aussi dans qu’en dehors des USA). Ce genre d’enquête ayant pour but de témoigner plus que d’exprimer une opinion ne devrait pas déranger idéalement. Néanmoins, elle touche à un point sensible: notre volonté de fermer les yeux sur certaines pratiques pour continuer à jouir de ce que nous aimons « en paix ».

En effet, ce livre pose la question de savoir comment sont traités les êtres vivants que nous consommons et donne des réponses concrètes, terrifiantes et dérangeantes à celle-ci. « Faut-il manger les animaux? » fait mal mais est nécessaire. Parce que la manière dont nous sommes complètement déconnectés de ce que nous mangeons n’est pas saine et entraîne le cautionnement indirect de traitements horribles. Et c’est peut-être en cela que cet essai est dérangeant, il nous oblige à regarder en face une vérité perturbante que l’on préfère ignorer pour continuer à consommer régulièrement de la viande à bas prix selon nos envies et pour notre bon plaisir.

Jonathan Safran Foer n’a pas pour but avec ce livre de faire de ses lecteurs des végétariens, il leur laisse le choix. Mais il demande à ce que nous réfléchissions à la provenance de la viande qui est dans nos assiettes et que nous nous demandions s’il n’y a pas moyen de manger plus éthiquement.

.

Logo collection les livres qui dérangent

Les livres qui dérangent: « Défaite des maîtres et possesseurs », Vincent Message

Defaite-des-maitres-et-possesseurs

De quoi ça parle?

C’est notre monde, à quelques détails près. Et celui-ci notamment : les hommes ne sont plus maîtres et possesseurs de la nature. De nouveaux venus leur font connaître le sort qu’ils réservaient auparavant aux animaux. Malo et Iris mènent ensemble une vie frappée d’interdit par ces barrières qui séparent les espèces. Alors qu’elle est blessée, en attente d’une opération, il n’a devant lui que quelques jours pour tenter de la sauver.

.

Pourquoi ça dérange?

« Défense des maîtres et possesseurs » frappe (très) fort et marque (très) longtemps. Ce que nous lisons sur les traitements ignobles réservés aux êtres humains dans ce livre, nous savons que nous le faisons, parfois en pire, aux animaux. Vincent Message utilise un procédé peut-être un peu facile mais on ne peut plus efficace pour poser la question de l’éthique de la nourriture: est-ce que nous utiliserions encore les excuses des « besoins naturels » et de la « loi du plus fort » si les créatures dont on se nourrit, c’étaient nous?

En traitant les hommes comme ceux-ci utilisent les animaux (pour la nourriture, la force de travail ou la compagnie), Vincent Message questionne notre rapport aux autres êtres vivants et notre droit de disposer d’eux comme nous le souhaitons, pour notre simple plaisir, sous prétexte d’une prétendue supériorité qui n’existe que de notre point de vue. Une position qui dérange alors que les végétariens et végans sont encore et toujours victimes des moqueries des autres au mieux, de leurs remarques acerbes en général, que ce soit dans les médias ou en privé.

Logo collection les livres qui dérangent