Le mari de mon frère, Gengoroh Tagame – série finie en 4 tomes

Le mari de mon frère 4

ENORME coup de cœur pour cette série qui se termine avec ce quatrième tome. Nous en avons déjà parlé avant ici mais il ne faut pas se priver des bonnes choses et nous profitons de la sortie cette dernière partie pour refaire son éloge. « Le mari de mon père » est drôle, tendre, lucide, imparable dans ses raisonnements et touchant dans la peinture d’une famille moderne. Nous croyons même cette série capable de changer les mentalités et de démolir les arguments des homophobes les plus tenaces. A mettre entre toutes les mains. Venez nous l’emprunter, ça nous fera tellement (tellement) plaisir. S’il-vous-plaît?

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Les coups de cœur du club de lecture n°45 – octobre 2017

2017 10 coups de coeur

« De tes nouvelles », Agnès Ledig : roman d’une grande sensibilité qui sait trouver les mots justes pour toucher. (Nicole)

« Underground Railroad », Colson Whitehead : livre bouleversant sur l’esclavage et le racisme. (Jacqueline)

« Qui t’a fait prince », Jean Anglade : roman très documenté à l’écriture fluide et agréable. (Béatrice)

« Frappe-toi le cœur », Amélie Nothomb : très juste analyse psychologique d’une grande sensibilité. (Claudine)

« La mélodie de l’été », Debbie Macomber : roman plaisant et bien écrit autour d’une maison d’hôte. (Nicole)

« Pars vite et reviens tard », Fred Vargas : policier surprenant et prenant. (Gina)

« L’homme aux cercles bleus », Fred Vargas : roman inattendu et très logique (Gina)

« Quand sort la recluse », Fred Vargas : livre jouissif à déguster lentement. (Gina)

« Sharko », Franck Thilliez : thriller trash et fascinant. Personnes sensibles s’abstenir. (Béatrice)

« La vengeance du pardon », Eric-Emmanuel Schmitt : quatre nouvelles offrant de belles réflexions sur le pardon. (Claudine)

« La librairie de l’île », Gabrielle Zevin : belle histoire humaine et plaidoyer vibrant pour la lecture. (Jacqueline)

« La tresse », Laetitia Colombiani : énorme coup de cœur pour cette bouleversante histoire pleine de philosophie et d’humanité. (Claudine)

« Le courage qu’il faut aux rivières », Emmanuelle Favier : récit délicat et subtil sur la misogynie et ses conséquences pour des femmes des Balkans. (Sophie)

« Paysage après la bataille », Philippe de Pierpont et Eric Lambé : BD richement construite et interpellante sur le deuil. (Geoffrey)

« Les beaux étés », Zidrou et Lafebre : tranche de vie à la fois drôle et triste qui reste après coup. (Geoffrey)

« Idéal Standard », Aude Picault : réflexion sur l’idéal de vie imposé aux femmes à notre époque. (Sophie)

Date du prochain club de lecture : vendredi 10 novembre  2017

Les coups de cœur du club de lecture n°44 – septembre 2017

2017 coups coeur 44

« L’indésirable », Sarah Waters : roman gothique sur la lutte des classes dont la demeure antique est le personnage principal. Fascinant. (Jacqueline)

« Petit Pays », Gaël Faye : histoire vraie bouleversante se déroulant au Burundi dont il est difficile de se remettre.  (Claudine)

 « Petits portraits de très grandes personnes », Barbara Constantine : sympathique ensemble de portraits amusants. (Eveline)

« Prends-moi pour une cruche », Delphine Apiou : petit livre humoristique cool à lire. (Eveline)

« La dernière des Stanfield », Marc Levy : intéressante et prenante enquête montrant qu’on ne sait rien sur ses parents. (Béatrice)

« Le photographe » tome 3, Guibert – Lefevre – Lemercier : superbe conclusion d’une magnifique série hommage à des médecins qui réparent ce que d’autres cassent. (Jacqueline)

« Les échoués », Pascal Manoukian : prix Première sur le destin de clandestins exploités par des négriers qui ouvre les yeux sur les conditions des réfugiés. (Claudine)

« Jusqu’au dernier de mes jours », Jacqueline Harpman : ensemble de nouvelles sur des femmes au destin malheureux qui cherchent à se défendre. (Claudine)

« Un peu plus loin sur la droite », Fred Vargas : policier attachant et prenant. (Claudine)

« On ne naît pas grosse », Gabrielle Deydier : témoignage important sur le traitement des personnes en surpoids qui sont souvent moquées et discriminées sans honte. (Sophie)

Les coups de cœur du club de lecture n°43 – août 2017

2017 coups coeur 43

« En l’absence des hommes », Philippe Besson : très belle histoire d’amour délicate et intense. (Claudine)

« Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi », Mathias Malzieu : livre poétique, mélancolique et thérapeutique sur le deuil. (Jacqueline)

« Arrête tes mensonges », Philippe Besson : roman autobiographique sur la difficulté d’être soi et les premières amours. (Nicole)

« Sur les chemins noirs », Sylvain Tesson : beau roman très bien écrit sur la marche et la guérison (Raphaël)

« Au fil des souvenirs », Victoria Hislop : tragédie sur les secrets de famille incroyablement prenante. (Claudine)

« Les fabuleuses tribulations d’Arthur Pepper », Phaedra Patrick : récit à la fois pathétique et drôle de la retraite d’un anglais. (Béatrice)

« Pars avec lui », Agnès Ledig : histoire dur d’une femme racontée avec beaucoup de tendresse. (Nicole)

« Le retour de Jules », Didier Van Cauwelaert : suite des aventures du chien d’aveugle toujours prenantes. (Claudine)

« L’amour écorché », Marie-Bernadette Dupuy : drame  mêlant amour interdit et musique.  (Nicole)

« Les deux vies de Baudouin », Fabien Toulmé : histoire importante et étonnante sur le fait de profiter de la vie. (Claudine)

« Os de Lune », Jonathan Carroll : conte fascinant oscillant entre réalisme et fantastique. (Sophie)

« King Kong Théorie », Virginie Despentes : essai important sur le féminisme. (Sophie)

Semaine de l’horreur : aux frontières de l’étrange…

Semaine de l'horreur journée livres étranges

Pour terminer cette semaine de l’horreur, parlons de livres étranges dont la forme concourt autant que le fond à nous mettre mal à l’aise et à nous faire frisonner…

Commençons par le cultissime « La Maison des feuilles » de Mark Z. Danielewski, roman absolument incroyable qui ne ressemble à rien de ce que vous avez déjà lu (croyez-moi). Son récit se construit sur trois niveaux: une description factuelle d’un documentaire sur une étrange maison et son exploration, les annotations de celui qui a écrit cette description ainsi que les commentaires d’un autre personnage qui a retrouvé le manuscrit et qui le parcourt alors que sa vie est en train de sombrer. Ces trois niveaux différents sont identifiables visuellement et prennent vie sous nos yeux grâce à une recherche graphique étonnante qui amènera le lecteur à tourner l’objet-livre dans tous les sens pour pouvoir le lire comme il faut…

Le second livre dont nous parlerons a en commun avec le premier d’avoir été traduit par Claro, auteur/traducteur/éditeur qui a l’art de dénicher les perles étranges qui mettent mal à l’aise. « La Maison des Epreuves » de Jason Hrivnak se découpe en deux parties. Dans la première, l’auteur raconte l’exégèse de son manuscrit. Dans la seconde, nous rentrons directement dans la série « d’épreuves » qui, petit à petit, se colorent de sens quand on pense à la manière dont elles ont été créées. Le tout est bizarre, l’expérience de lecture est déroutante mais inoubliable.

Le dernier roman, « Et dormir dans l’oubli comme un requin dans l’onde » de Steven Hall, est un peu plus « classique » que les autres dans sa structure mais reste quand même un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié). Il parle d’un homme qui a perdu la mémoire. A la recherche de son passé perdu, celui-ci découvre que son amnésie a une source assez surprenante et se retrouve à lutter contre un requin « conceptuel » qui le pourchasse et se nourrit de ses souvenirs…

Ces trois livres peuvent intimider de prime abord mais méritent amplement la gymnastique de lecture nécessaire pour s’accoutumer à leur spécificité. Ce sont trois récits qui resteront avec moi car ils m’ont fait vivre quelque chose de différent, d’intense et de perturbant.

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Semaine de l’horreur : grands frissons chez les petits éditeurs

Semaine de l'horreur journée petits éditeurs

Quand on parle de l’horreur, on évoque (trop) souvent les grands noms publiés la plupart du temps chez des monstres de l’édition, comme Stephen King, Anne Rice, Peter Straub, Dean Koontz, Graham Masterton, Thomas Harris, Joe Hill, R. L. Stine ou encore Dan Simmons. Ces auteurs ont tendance à éclipser ceux moins connus qui pourtant écrivent des romans parfois autrement plus glaçants. Mettons en avant ces livres dont on parle moins mais qui m’ont plus marquée que ceux des écrivains précités.

« Amour monstre » de Katherine Dunn est un de ces romans cultes dans un autre pays/ dans une autre langue mais étrangement à peine connus chez nous. Il s’intéresse surtout aux questions de la normalité, de l’amour et de la famille mais son ambiance bizarre, ses particularités glauques et son final terrible lui permettent de rentrer dans le genre auquel nous nous intéressons cette semaine selon moi. Katherine Dunn nous fait ici découvrir les Binewski, dont les enfants ont été conçus dans l’espoir qu’ils naîtraient « différents », afin d’ajouter de nouveaux numéros à leur cirque de monstruosités. Et c’est réussi. L’un est un « tronc » doté de nageoires, d’autres sont des siamoises à deux têtes et deux troncs mais un bassin et une paire de jambes, une autre est une naine albinos. Seul le cadet semble normal. Jusqu’à ce que sa « particularité » se manifeste alors que ses parents sont sur le point de l’abandonner…

« Notre Château » d’Emmanuel Régniez s’inscrit dans la tradition du roman gothique. Il nous fait partager le quotidien d’un frère et d’une sœur vivant reclus dans une grande demeure qu’ils appellent affectueusement « Notre Château ». Seul le frère en sort une fois par semaine pour se rendre dans une librairie. Lors d’une de ces sorties, quelque chose le troublera: il voit sa sœur dans un bus au loin. Mais l’intéressée nie les faits quand, rentré chez eux, il l’accuse d’être sortie. Et c’est ainsi que le doute s’insinue en lui et commence à contaminer le bonheur qui était celui de cette famille atypique jusqu’à présent…

« Les machines à désir infernales du Docteur Hoffman » d’Angela Carter est une histoire hallucinante parlant d’une machine bizarre qui redessine une ville en lui superposant des fantasmagories troublantes. Les frontières entre le réel et l’imaginaire s’effacent peu à peu et amènent les gens à assouvir leurs instincts les plus primaires… Encore une fois, ce livre n’est pas à proprement parlé de l’horreur mais son ambiance et son étrangeté me donnent envie de le classer également dans ce genre.

A noter que les petits éditeurs osent plus souvent publier des œuvres hybrides (on l’a vu ci-dessus) qui deviennent riches de leurs mélanges et testent différemment les frontières des genres auxquelles elles se rattachent. Or l’horreur grandit souvent de sa rencontre avec d’autres types de récits ou d’autres rythmes. On ne pourra qu’admirer la volonté de ces éditeurs de vouloir s’inscrire dans une autre manière de définir ce qui est effrayant…

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Semaine de l’horreur: livre ou film?

Semaine de l'horreur journée cinéma

Le cinéma s’inspire très souvent des romans en les adaptant plus ou moins (voire pas du tout) fidèlement et le cinéma d’horreur ne fait pas exception. On ne compte plus les histoires de Stephen King qui sont passées sur grand écran (avis aux trentenaires: si comme moi vous avez connu vos premiers frissons, cauchemars et peurs paniques des clowns avec le téléfilm tiré de « Ça« , sachez qu’une nouvelle relecture de l’histoire du King sortira en septembre). Mais également les « Bébé de Rosmary« , « Silence des Agneaux« , « Exorciste » et « Dents de la mer » (si si, c’est d’abord un livre de Peter Benchley) pour les grands classiques maintenant indémodables, les « Pontypoool changes everything » (qui a donné le très surprenant, efficace et innovant « Pontypool » de Bruce McDonald à l’écran) et « Let the right one in » (l’adaptation de Tomas Alfredson appelée « Morse » en français et « Låt den rätte komma in » en suédois est une pure merveille que je vous recommande plus que chaudement) ou encore les « Celle qui a tous les dons » (adapté plus que décemment par Colm McCarthy sous le titre de « The Last Girl« ) et autres « La Tour Sombre » pour les plus récents.

Découvrons trois romans qui ont donné des adaptations de qualité…

« La neuvième porte » de Roman Polanski, œuvre plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord (voir cette analyse), est tiré de « Club Dumas » d’Arturo Pérez-Reverte. Il faut savoir que ce film n’a gardé que la moitié de la trame du roman, ce qui peut surprendre quand on commence ce dernier en ayant les images de son adaptation en tête. Dans le livre, Lucas Corso, revendeur de bouquins rares sans scrupules ni conscience professionnelle, se retrouve impliqué dans une drôle de recherche, portant à la fois sur un chapitre perdu des « Trois Mousquetaires » de Dumas et sur un étrange ouvrage aux pouvoirs effrayants, « Les neufs portes du royaume des ombres« . Le mercenaire littéraire se retrouve malgré lui emporté dans une histoire qui le fera courir à travers l’Europe.

Dans un tout autre style, « Ring » de Hideo Nakata est une adaptation très réussie du roman éponyme de Koji Suzuki (qui a également connu une version américaine n’arrivant même pas à la cheville de celle japonaise). Ce livre parle d’une cassette vidéo maudite qui entraîne la mort de celui qui la regarde sept jours après l’avoir vue. Une journaliste s’intéresse à cette nouvelle légende urbaine et découvre qu’elle n’a rien d’une légende en visionnant ladite cassette. Déjà condamnée à mourir dans une semaine, elle se retrouve encore plus pressée dans sa course pour découvrir la vérité et stopper la malédiction lorsque son jeune fils la visionne par hasard…

Pour revenir à une histoire plus conventionnelle de maisons hantées, intéressons-nous à « La dame en noir » de Susan Hill, qui aurait pu être écrit au début du siècle dernier tellement ce livre porte l’héritage des récits de fantômes classiques. Adapté très fidèlement sur grand écran par James Watkins, il raconte l’histoire d’Arthur Kipps, jeune avoué anglais qui doit s’occuper de la succession d’une femme âgée récemment décédée. Lors de l’enterrement de celle-ci, il aperçoit une dame en noir qui commencera à apparaître de plus en plus souvent dans le manoir de la défunte alors que le jeune homme est occupé à trier ses affaires. Cette dame en noir est-elle réelle ou le fruit de son imagination?

Comme on le sait, les livres sont souvent meilleurs que les films qu’on en tire. Néanmoins, ces trois précédents titres font donc exception. Et il y en a d’autres. Le cinéma arrive parfois à faire ressortir les éléments horrifique de manière vraiment efficace sur grand écran…

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