Les livres qui dérangent: « L’Occident terroriste », Noam Chomsky & André Vltchek

 

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De quoi ça parle?

Dans ce livre, Noam Chomsky s’entretient avec le réalisateur et journaliste d’enquête Andre Vltchek sur la puissance de l’Occident et son appareil de propagande. « L’Occident terroriste » constitue une excellente introduction à la pensée politique de Chomsky et une lecture éclairante sur le véritable rôle de l’Occident dans le monde. S’ouvrant sur l’histoire du kiosque à journaux de New York où le jeune Chomsky a commencé à faire son éducation politique, la discussion s’élargit progressivement sur des sujets tels que le colonialisme et le contrôle impérialiste, la propagande et les médias, la puissance et le déclin des États-Unis. Les auteurs critiquent de façon magistrale l’héritage du colonialisme et l’exploitation des ressources naturelles par l’Occident en effectuant un retour sur les grands événements qui ont jalonné le XXe siècle. Ce livre d’entretiens est une bouffée d’air frais pour tous ceux et celles qui refusent de se laisser gagner par le cynisme et la déception devant l’état du monde actuel.

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Pourquoi ça dérange?

Quand on parle de terrorisme viennent tout de suite à l’esprit l’État islamique et autres joyeusetés « non-occidentales ». Nous oublions allègrement et facilement à quel point l’Occident a, lui aussi, et de manière beaucoup plus massive, réalisé bon nombre d’actions terroristes qui ont entraîné la mort de millions de personnes, ce après la seconde guerre mondiale (ne parlons pas des périodes antérieures…).

Ce livre propose de rappeler ces faits qui permettent de relativiser et de recontextualiser ce qu’on considère comme un acte terroriste à notre époque. Voilà un essai qui devrait être étudié en cours d’histoire en secondaire…

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Les livres qui dérangent: « Le syndrome du bien-être », Carl Cederström & Andrew Spicer

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De quoi ça parle?

Vous êtes accro à la salle de sport ? Vous ne comptez plus les moutons mais vos calories pour vous endormir ? Vous vous sentez coupable de ne pas être suffisamment heureux, et ce malgré tous vos efforts ? Alors vous souffrez sûrement du syndrome du bien-être. Tel est le diagnostic établi par Carl Cederström et André Spicer.
Ils montrent dans ce livre comment la recherche du bien-être optimal, loin de produire les effets bénéfiques vantés tous azimuts, provoque un sentiment de mal-être et participe du repli sur soi. Ils analysent de multiples cas symptomatiques, comme ceux des fanatiques de la santé en quête du régime alimentaire idéal, des employés qui débutent leur journée par un footing ou par une séance de fitness, des adeptes du quantified self qui mesurent – gadgets et applis à l’appui – chacun de leurs faits et gestes, y compris les plus intimes… Dans ce monde inquiétant, la bonne santé devient un impératif moral, le désir de transformation de soi remplace la volonté de changement social, la culpabilisation des récalcitrants est un des grands axes des politiques publiques, et la pensée positive empêche tout véritable discours critique d’exister.
Résolument à contre-courant, ce livre démonte avec une grande lucidité les fondements du culte du corps et de cette quête désespérée du bien-être et de la santé parfaite.

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Pourquoi ça dérange?

Dans notre société où la santé est la première chose que l’on souhaite aux gens mais devient également une autre manière de juger (des personnes ayant du poids à celles avec un handicap quelconque en passant par celles qui ont un problème plus ou moins visible génétique, d’addiction, accidentel ou autre), le culte du corps sain devient de plus en plus prégnant, encore plus si l’on considère que celui-ci se doit d’être mis au service de l’Entreprise. La personne malade devient une sorte d’anomalie, un ennemi contre lequel il faut lutter alors que rien de plus naturel que la maladie si l’on y pense…

Les auteurs de cet essai nous proposent de disséquer les croyances et nouvelles formes de « cultes » qui vénèrent la santé et ce qui se cache derrière cette recherche excessive du corpore sano auquel on n’associe plus tant que ça la mens sana. Loin de dire qu’être en bonne santé, c’est mal, ils veulent surtout dénoncer l’idéologie sous-jacente à recherche excessive de la nourriture optimale, de l’exercice sculpteur, des records et autres. Et ils mettent le doigt là où ça fait mal, dénonçant de nombreuses dérives parfois effrayantes entraînées par cette course au « mieux être »…

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Les livres qui dérangent: « L’installation de la peur », Rui Zink

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De quoi ça parle?

La sonnette retentit dans l’appartement d’une femme vivant seule avec un enfant. Ignorant qui se trouve derrière la porte, la femme, méfiante, décide de cacher son enfant dans la salle de bains avant d’aller ouvrir. Sur le perron se trouvent deux agents du gouvernement qui l’informent de leur mission : la mise en application de la directive n° 359/13 exigeant l’installation de la peur dans chaque foyer. Faisant irruption violemment dans le salon, les deux visiteurs se lancent dans une inquiétante performance : tour à tour, ils haranguent la pauvre femme, dressant un tableau horrifique des maux de notre temps. Dans leur discours halluciné, tout y passe : crise, épidémies, catastrophes naturelles, misère sociale, guerre et torture, terrorisme… Ils agrémentent leur diatribe d’histoires effrayantes jouant sur les peurs primales de l’homme (peur de l’autre, de la maladie, de la folie…), qu’ils mettent en scène pour un effet d’épouvante maximum. Petit à petit, ils installent ainsi une violence sourde dans la pièce, entraînant la femme – et le lecteur – dans leur délire paranoïaque. Mission accomplie? Pas sûr. La peur a une vie propre, et ses ravages peuvent parfois se montrer inattendus…

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Pourquoi ça dérange?

La peur, on pense tous la connaître. Mais sait-on d’où elle vient? Est-elle propre à chaque individu ou induite par la société dans laquelle on vit? Rui Zink pose la question de l’inscription de nos peurs dans le contexte qui a concouru a les créer. Et c’est ce qui pourra déranger, la prise de conscience de la manipulation dont nous pouvons être victime, aussi bien de la part de l’état que des médias. Le règne de la peur, c’est le règne de la docilité…

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Les livres qui dérangent: « La favorite », Matthias Lehmann (BD)

La favorite Matthias Lehmann

De quoi ça parle?

Orpheline, Constance est élevée par ses grands-parents, dans une maison bourgeoise de la Brie, à l’écart du monde. Le grand-père écoute Gustav Mahler dans un fauteuil, un verre à la main, maudissant le sort qui s’est abattu sur la famille il y a bien longtemps. Un sort qui a fait de lui un lâche et a poussé sa femme, qu’il hait, à punir et à battre cet enfant pour la moindre peccadille…

(www.bedetheque.com)

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Pourquoi ça dérange?

Matthias Lehmann nous offre une histoire étrange, presque hors du temps, qui se base sur les apparences et notre propension à ne pas nous mêler de la vie des autres…

Expliquer pourquoi cette BD dérange demanderait que je vous dévoile deux ou trois retournements de situation surprenants, ce qui vous gâcherait le plaisir de lecture. La favorite est une de ces histoires dont il ne faut presque rien savoir en la débutant. Pour son côté dérangeant, il faudra donc me faire confiance.

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Les livres qui dérangent: « Aquarium », David Vann

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De quoi ça parle?

Caitlin, douze ans, habite avec sa mère dans un modeste appartement d’une banlieue de Seattle. Afin d’échapper à la solitude et à la grisaille de sa vie quotidienne, chaque jour, après l’école, elle court à l’aquarium pour se plonger dans les profondeurs du monde marin qui la fascine. Là, elle rencontre un vieil homme qui semble partager sa passion pour les poissons et devient peu à peu son confident. Mais la vie de Caitlin bascule le jour où sa mère découvre cette amitié et lui révèle le terrible secret qui les lie toutes deux à cet homme.
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Pourquoi ça dérange?

David Vann s’est fait connaître par des histoires qui basculent tout à coup suite à un événement perturbant. Aquarium ne fait pas exception et pose des questions troublantes sur la transmission des devoirs et les relations parents-enfants.

David Vann s’intéresse cette fois à des héroïnes, mère et fille (sur)vivant seules, l’une encore innocente, l’autre en quelque sorte jalouse de cette innocence. La mère doit cumuler les boulots pour réussir à gagner de quoi nourrir et protéger son enfant. Cette dernière se retrouve en contrepartie obligée de se débrouiller seule la plupart du temps. Mais là n’est pas la partie dérangeante, même si cette situation bien trop commune devrait déjà en elle-même nous révolter. Ces deux femmes vivent avec des secrets qui commencent à étouffer leur quotidien et qui devront éclater au grand jour. Commencera alors une épreuve plus que pénible pour elles…

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Les livres qui dérangent: « Vulnérables », Richard Krawiec

Collection Vulnérables

De quoi ça parle?

Lorsque Madame Pike rentre du travail, elle trouve devant chez elle une estafette de police. Guidés par son mari, deux agents sont en train de constater les dégâts perpétrés dans la maison familiale. Cambriolée. Saccagée. Souillée. Le vieux couple est sous le choc. Leur fille, enceinte de neuf mois, demande à son grand frère Billy de leur venir en aide.

Quadragénaire à la vie en miettes qui n’a pas vu ses parents depuis plusieurs années, Billy revient donc en ville. Sans trop savoir pourquoi. Lui, l’ancien délinquant qui a braqué tant de maisons, se retrouve à devoir veiller sur son père et sa mère, traumatisés. Et à retourner dans la ville qui l’a vu basculer.

Partant de cette simple histoire de cambriolage, Richard Krawiec met le doigt où ça fait mal, et décompose méticuleusement les secrets troubles et les terreurs enfouies d’une famille moyenne américaine. Une plongée dans les entrailles sombres d’un pays renfermé sur lui-même, gangrené par la paranoïa et rongé par le malaise.

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Pourquoi ça dérange?

Sous des allures de drames familial, Richard Krawiec dissèque dans Vulnérables la société bourgeoise américaine et dénonce ses dérives. Billy est un petit voleur minable issu d’une famille « comme il faut ». Pourquoi en est-il arrivé là alors? L’histoire de sa vie –  qui nous sera racontée dans ce roman à travers quelques flashbacks – expliquera d’une certaine manière ce destin étonnant.

En décrivant de manière aussi cinglante les dessous d’une famille américaine, qui derrière le règne du paraître renvoyant aux voisins une image idyllique cache de lourds secrets pas très reluisants, l’auteur nous invite à nous confronter à ns mensonges et à réfléchir à ce que ceux des autres peuvent bien cacher. Une histoire qui met mal à l’aise et qui pourtant touche par sa sincérité.

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Les livres qui dérangent: « La Tanche », Inge Schilperoord

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De quoi ça parle?

En cette étouffante journée d’été, Jonathan sort de prison. Dans le bus qui le ramène chez sa mère, il se répète ce que lui a dit le psychologue : ce n’est pas lui qui est mauvais, ce sont ses actes. Et s’il parvient à organiser rigoureusement ses journées, il sera un homme meilleur. Jonathan se le promet. Il va s’occuper de sa mère asthmatique, retourner travailler à l’usine de poissons, promener le chien, aller à la pêche. Il restera seul, il ne parlera à personne, il va s’occuper les mains, l’esprit, tout faire pour ne pas replonger.

Car il le sait, s’il a été libéré, faute de preuves, le psy a parlé d’un taux de récidive de 80 %. Il ne doit pas se laisser déborder à nouveau.

Or, dans ce quartier en démolition où vit sa mère, vivent aussi une jeune femme et sa fillette…

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Pourquoi ça dérange?

Avec ce roman, Inge Schilperoord nous propose de rentrer dans la tête d’un pédophile. Non par une volonté malsaine et voyeuriste, loin de là, mais pour nous aider à comprendre ce qui peut se passer dans l’esprit d’une personne qui sort de la norme sociétale et qui souffre de pulsions qu’elle doit contrôler pour ne pas commettre d’acte irréparable.

Pas de compassion, pas d’accusation. Le but de ce livre n’est pas de dénoncer ou de pardonner mais de nous aider à comprendre. Parce que diaboliser ce qu’on ne peut accepter n’aide pas à régler le problème. La Tanche n’est pas, de ce fait, un roman de tout repos. Mais il constitue une lecture forte et difficilement oubliable.

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