Coups de cœur « arc-en-ciel » 2021 des bibliothécaires : Autres suggestions

Les livres dont nous vous avons parlé cette semaines ne sont pas les seuls coups de cœur « arc-en-ciel » que nous avons eus cette année. Nous voulions laisser une petite place aussi aux autres histoires LGBTQIA qui nous ont fait vibrer depuis mai dernier:

La mer sans étoiles, Erin Morgenstern

« La mer sans étoiles », Erin Morgenstern, Sonatine

 » Aucune histoire ne s’achève jamais vraiment tant qu’elle continue à être racontée. « 

Dans la bibliothèque de son université, Zachary Ezra Rawlins trouve un livre mystérieux, sans titre ni auteur. Découvrant avec stupéfaction qu’une scène de son enfance y est décrite, il décide d’en savoir davantage. C’est le début d’une quête qui le mènera à un étrange labyrinthe souterrain, sur les rives de la mer sans Étoiles. Un monde merveilleux fait de tunnels tortueux, de cités perdues et d’histoires à préserver, quel qu’en soit le prix…

Histoire magique, qui se lit comme un conte et se vit comme une aventure.

Mers mortes, Aurélie Wellenstein

 » Mers mortes », Aurélie Wellenstein, Pockeet

Mers et océans ont disparu. L’eau s’est évaporée, tous les animaux marins sont morts. Des marées fantômes déferlent sur le monde et charrient des spectres avides de vengeance. Requins, dauphins, baleines…, arrachent l’âme des hommes et la dévorent. Seuls les exorcistes, protecteurs de l’humanité, peuvent les détruire.
Oural est l’un d’eux. Il est vénéré par les habitants de son bastion qu’il protège depuis la catastrophe. Jusqu’au jour où Bengale, un capitaine pirate tourmenté, le capture à bord de son vaisseau fantôme. Commence alors un voyage forcé à travers les mers mortes… De marée en marée, Oural apprend malgré lui à connaître son geôlier et l’objectif de ce dangereux périple.
Et si Bengale était finalement la clé de leur salut à tous ?

Si vous aimez les fantômes, les livres engagés et les pirates, Mers mortes est pour vous!

Les Abysses, Solomon Rivers

« Les Abysses », Solomon Rivers, Aux Forges de Vulcain

Lors du commerce triangulaire des esclaves, quand une femme tombait enceinte sur un vaisseau négrier, elle était jetée à la mer. Mais en fait, toutes ces femmes ne mouraient pas. Certaines ont survécu, se sont transformées en sirènes et ont oublié cette histoire traumatique. Un jour, l’une d’entre elles, Yetu, va le leur rappeler, dans ce roman d’émancipation, magique et réflexif, sur la condition noire et sur l’impossibilité d’une justice, en l’absence de vérité.

Cette histoire de sirènes parle des souvenirs et du poids douloureux pour qui le porte. C’est dur et beau à la fois.

Les Tentacules, Rita Indiana

« Les Tentacules », Rita Indiana, Rue de l’Echiquier

En 2027, dans une République Dominicaine ravagée par des désastres écologiques qui ont détruit toute forme de vie sous-marine et où règne une technologie ultra-développée, Acilde, adolescente de classe pauvre, est depuis peu la domestique d’Esther Escudero, une prêtresse de la Santería. Elle cherche à vendre illégalement l’anémone que possède sa patronne pour acquérir le Rainbow Bright, une drogue qui lui permettrait de changer de sexe sans intervention chirurgicale. Mais la situation dégénère et Acilde se retrouve en fuite…

Dans les années 2000, Argenis, artiste en perdition, se voit proposer une résidence artistique à Sosùa de la part d’un mécène italien, Giorgio Menicucci, qui souhaite y créer un sanctuaire marin avec sa femme, Linda.

Par un concours de circonstances, Acilde et Argenis se retrouvent en contact avec leurs vies antérieures : Acilde est propulsée en 1991 et Argenis sur un bateau flibustier du XVIIe siècle – à deux époques-clés dans l’histoire des Caraïbes. Parviendront-ils à changer le cours des choses et à empêcher les catastrophes qui ont ravagé leur pays ?

L’autrice caribéenne Rita Indiana nous livre ici un grand roman politique, décolonial et écologique, qui interroge la responsabilité du capitalisme et des gouvernements, mais aussi la dualité entre l’individualisme et le bien commun.
Les Tentacules est également un récit hybride où se mêlent les genres et les styles : la science-fiction y côtoie le réalisme merveilleux, et l’argot brut un registre littéraire raffiné.

Voici un livre étrange et angoissant qui parle d’un futur désespérant. Pour ceux qui aiment les livres qui bousculent et dérangent.

Cinq fois où mon meilleur ami m’a embrassé…, Anna Martin

« Cinq fois où mon meilleur ami m’a embrassé… », Anna Martin, MxM Bookmark

Quand vous réalisez à six ans que vous voulez épouser votre meilleur ami, la vie devrait suivre un chemin tout tracé, non ? Ou pas.
Enfant, Evan King pensait que Scott Sparrow était la personne la plus fantastique qu’il ait jamais rencontrée. À dix-sept, son béguin s’approfondit et tout lui paraît compliqué, même si Scott s’intéresse bien plus au football et aux filles qu’à jouer aux super-héros tandis que de son côté, il se concentre pour entrer en école d’art. Et puis, il y a ce baiser tardif échangé un soir de beuverie qu’il ne parviendra pas à oublier pendant dix ans…
Quand les aléas de la vie les rassemblent, l’ancienne flamme qu’Evan ressentait pour son ami et qui l’avait consumé presque toute sa vie ne tarde pas à flamboyer à nouveau, avant qu’il ne se rende compte que le cours des événements tend à se répéter une fois de plus…

Comme toujours avec cette autrice, voici une histoire d’amour douce et adorable qui remonte le moral.

Les aventures d’un apprenti gentleman (tome 1), Mackenzi Lee

« Les aventures d’un apprenti gentleman » (tome 1), Mackenzi Lee, PKJ

Monty rend tout le monde fou : les hommes, les femmes… mais surtout son père.

Jusqu’ici, personne n’a réussi à dompter Henry Montague, dit  » Monty « . Son père ne sait plus quoi faire de cet héritier volage dont les seules passions sont le jeu et la boisson, et qui aime par-dessus tout se réveiller chaque matin entre des bras différents. Cette fois pourtant, c’est décidé : après son tour d’Europe, il devra reprendre les rênes du domaine familial. Déterminé à conquérir tous les plaisirs que pourra lui offrir le Vieux Continent – ainsi que le coeur de Percy, son meilleur ami –, Monty fait fi des attentes de son père. Le voyage se transforme alors en chasse à l’homme, avec Monty dans le rôle de la proie…

Voici un roman historique YA des plus surprenants et entraînant, il y aura même des pirates dedans à un moment!

Les aventures d’une lady rebelle (tome 2), Mackenzi Lee

« Les aventures d’une lady rebelle » (tome 2), Mackenzi Lee, PKJ

De l’Écosse aux Alpes en passant par les côtes de Barbarie, c’est au tour de Felicity de prendre son destin en main !

Après le voyage rocambolesque accompli avec Monty, son frère, Felicity a désormais deux buts : éviter toute demande en mariage et étudier la médecine. Sauf qu’au xviiie siècle, il est très mal vu d’avoir de telles ambitions quand on est une femme… N’écoutant que sa bravoure, Felicity décide de traverser l’Europe pour rejoindre une expédition scientifique. Mais pour cela, elle devra faire confiance à une mystérieuse inconnue qui pourrait bien se révéler dangereuse…

Cette suite est aussi entraînante et amusante (et engagée) que la précédente, et à noter, fait TRES rare, qu’elle met en scène un personnage asexuel/aromantique. Et il y a encore des pirates (oui, c’est un bon argument de lecture)

Ce sera moi, Lyla Lee

« Ce sera moi », Lyla Lee, Hachette

Skye Shin a tout entendu. Les filles grosses ne devraient pas danser. Elles ne devraient pas porter des couleurs vives. Elles ne devraient pas attirer l’attention sur elles. Mais Skye rêve de rejoindre le monde pailleté de la K-Pop, et pour cela elle est prête à briser toutes les règles que la société, les médias et même sa propre mère ont établies pour les filles comme elle.
Skye se présente à un concours télévisé, avec à la clé un poste d’apprentie star de la K-Pop. Elle est prête à tout pour gagner, prête à affronter la fatigue des répétitions, les difficultés de la compétition, les drames de la télé-réalité. Mais rien ne l’avait préparée à la grossophobie des membres du jury, aux haters sur les réseaux sociaux… et encore moins à un rapprochement avec un de ses concurrents, Henry Cho. Pour autant, Skye n’oublie pas son objectif : devenir la première star grande taille de la K-Pop au monde. Ce qui signifie remporter la compétition… sans se perdre elle-même.

Voici un roman jeunesse autour du monde de la K-Pop qui ose la positivité et l’inclusivité à tous les niveaux et qu’est-ce que ça fait du bien!

Mes ruptures avec Laura Dean, Mariko Tamaki & Rosemary Valero-O’Connell

« Mes ruptures avec Laura Dean », Mariko Tamaki & Rosemary Valero-O’Connell, First Second

Lorsque Frédérica Riley (Freddy) est sortie avec Laura Dean, la plus populaire, drôle et attirante fille du lycée, ce fût l’un des plus beaux jours de sa vie. Depuis, tout a changé…Laura est devenue autocentrée et manipulatrice. Elle ne cesse de quitter Freddy, qui finalement revient toujours vers elle. Cette relation toxique basée sur le « je t’aime, moi non plus » est malsaine, mais c’est plus fort qu’elle, Freddy ne sait pas lutter face à l’attraction magnétique, à l’emprise que Laura exerce sur elle. Pour garder un minimum de dignité et ne pas perdre son amie qu’elle délaisse, Freddy cherchera de l’aide auprès de ses proches, d’une chroniqueuse courrier du cœur et même d’un médium. Frédérica saura-t-elle se sortir de cette fougueuse histoire qui la rend aussi malheureuse que dépendante ?

BD très belle et nécessaire qui rappelle le respect que l’on se doit, même lorsqu’on est amoureux.

La saveur du printemps, Kevin Panetta et Savanna Ganucheau

« La saveur du printemps », Kevin Panetta et Savanna Ganucheau, Jungle

Le lycée est enfin fini ! Ari meurt d’envie de déménager dans la grande ville avec sa bande d’amis et de se consacrer à la musique. Mais il doit d’abord trouver quelqu’un pour aider son père dans leur boulangerie familiale en difficulté. En interviewant les candidats, Ari rencontre Hector, un gars tranquille passionné par la cuisine.
Au fur et à mesure qu’ils se rapprochent, l’amour est prêt à fleurir… enfin, si Ari ne ruine pas tout !

Entre pâtisseries qui mettent l’eau à la bouche, choix de vie et premiers amours, entrez dans une histoire à faire fondre tous les cœurs.

Voici une BD toute douce qui plaira aux amateurs du très recommandé Heartstopper.

Toutes les fois où je me suis dit… je suis gay !, Eleanor Crewes

 » Toutes les fois où je me suis dit… je suis gay ! », Eleanor Crewes, Steinkis

Les aventures quotidiennes d’une jeune femme qui se découvre !
Ellie est une petite fille singulière. Elle porte du noir, est obsédée par le personnage de Willow dans Buffy contre les vampires et ne semble pas beaucoup s’intéresser aux garçons. Oui, parce qu’Ellie est lesbienne. Mais cela va lui prendre de nombreuses années et des coming out à répétition avant d’accepter pleinement qui elle est.

Dans Toutes les fois où je me suis dit… je suis gay ! Eleanor Crewes nous relate avec humour et tendresse sa difficulté à identifier sa sexualité, sa recherche d’identité mais aussi le difficile passage de l’adolescence à l’âge adulte.

 » Nous nous formons à l’intérieur de vocabulaires que nous n’avons pas choisis et, parfois, il nous faut rejeter ces vocabulaires, ou bien en développer activement de nouveaux. « 
Judith Butler, 2015

Ne pas se fier à la couverture qui ne donne pas très envie, cette BD est vraiment touchante et très sensible, elle aborde le doute et montre une adolescente puis une adulte qui a du mal à comprendre sa sexualité et à savoir où elle se situe, chose assez rare.

Princesse Princesse, Katie O’Neill

« Princesse Princesse », Katie O’Neill , Bliss

« JE NE SUIS PAS UN PRINCE ! »

Aventurière en devenir, la princesse Amira rencontre la princesse Sadie et la libère de la tour dont elle était prisonnière. À leur grande surprise, elles vont devenir amies malgré leurs différences. Sur les routes du royaume, Sadie et Amira vont joindre leurs forces pour déjouer les plans de la sorcière qui a emprisonné Sadie et l’humilie constamment.

Rejoignez Sadie et Amira, deux princesses très différentes, dans leur aventure pour s’accepter telles qu’elles sont et écrire leur propre conte de fées.

Voici une BD jeunesse drôle et encourageante, pleine de girl power et d’amour tout doux!

La Baie de l’Aquicorne, Katie O’Neill

La Baie de l’aquicorne, Katie O’Neill, Oni Press

Quand Lana et son père retournent dans leur village natal pour aider à nettoyer les débris d’une grosse tempête, Lana se rend compte à quel point l’océan – et la présence rassurante de sa tante – lui ont manqué.
Alors qu’elle explore la plage, elle découvre quelque chose d’incroyable : une petite créature semblable à un hippocampe. Lana va le secourir et le soigner avec l’aide de sa tante Mae.
Quand une seconde tempête menace le village, Lana va devoir remettre en question le mode de vie des villageois pour protéger le récif corallien et défendre les aquicornes…

Encore une BD jeunesse de cette autrice qu’on adore à la bibli, cette fois sur l’écologie et la mer (un petit bémol toutefois sur le raisonnement aberrant pour la végétarienne que je suis mais le reste est chou).

Princesse Pimprenelle se marie, Brigitte Minne et Trui Chielens

Princesse Pimprenelle se marie, Brigitte Minne et Trui Chielens

Les parents de la princesse Pimprenelle la présentent à une foule de princes, espérant qu’elle y trouve l’élu de son cœur. Mais la jeune femme tombe amoureuse de la princesse Aliénor. Un album sur l’amour, la tolérance, l’homoparentalité et la parentalité.

Album tout doux tout chou sur une princesse qui veut épouser une autre princesse.

Coups de cœur « arc-en-ciel » 2021 des bibliothécaires : « Le génie lesbien », Alice Coffin

« Le génie lesbien », Alice Coffin, Grasset

De quoi ça parle?

« Enfant, je m’imaginais en garçon. J’ai depuis réalisé un rêve bien plus grand : je suis lesbienne. Faute de modèles auxquels m’identifier, il m’a fallu beaucoup de temps pour le comprendre. Puis j’ai découvert une histoire, une culture que j’ai embrassées et dans lesquelles j’ai trouvé la force de bouleverser mon quotidien, et le monde. »

Journaliste dans un quotidien pendant plusieurs années, la parole d’Alice Coffin, féministe, lesbienne, militante n’a jamais pu se faire entendre, comme le veut la sacro-sainte neutralité de la profession. Pourtant, nous dit-elle, celle-ci n’existe pas.

Dans cet essai très personnel, Alice Coffin raconte et tente de comprendre pourquoi, soixante-dix ans après la publication du Deuxième sexe, et malgré toutes les révolutions qui l’ont précédé et suivi, le constat énoncé par Simone de Beauvoir, « le neutre, c’est l’homme », est toujours d’actualité. Elle y évoque son activisme au sein du groupe féministe La Barbe, qui vise à « dénoncer le monopole du pouvoir, du prestige et de l’argent par quelques milliers d’hommes blancs. » Elle revient sur l’extension de la PMA pour toutes, sur la libération de la parole des femmes après #Metoo ; interroge aussi la difficulté de « sortir du placard ». Et sans jamais dissocier l’intime du politique, nous permet de mieux comprendre ce qu’être lesbienne aujourd’hui veut dire, en France et dans le monde.

Combatif et joyeux, Le génie lesbien  est un livre sans concession, qui ne manquera pas de susciter le débat.

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Pourquoi ce livre?

Alice Coffin part de son expérience en tant que journaliste lesbienne pour analyser la manière dont les médias français traitent les communautés, pour ensuite s’intéresser à un tableau plus large et intersectionnel, où se retrouvent des problématiques féministes, d’autres lesbiennes, souvent les deux à la fois. C’est aussi intéressant que glaçant et nécessaire, qu’on soit ou non lesbienne, qu’on soit ou non femme. Rien de polémique ici contrairement à ce que certains n’ayant sûrement pas lu cet essai ont voulu faire croire, l’autrice ne fait que dénoncer des injustices. A découvrir.

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On en parle chez Quoi de meuf (audio), sur Toute la culture et sur Manifesto 21.

Coups de cœur « arc-en-ciel » 2021 des bibliothécaires : « Mes deux mamans », Bernadette Green & Anna Zobel

« Mes deux mamans », Bernadette Green & Anna Zobel, Talents hauts

De quoi ça parle?

Elvi a deux mamans. Son ami Nicolas l’interroge : « C’est laquelle, ta vraie maman ? » Une question d’enfant maladroite (que pourrait aussi poser un adulte…), à laquelle Elvi répond avec humour et astuce. Sa vraie maman est celle qui a les cheveux bruns (« Elles sont toutes les deux les cheveux bruns ! » rétorquera Nicolas), elle est pirate, tricoteuse de hamac, manucure pour dragons ou dévoreuse de spaghettis. Une démonstration par l’absurde portée par des illustrations tendres et chaleureuses, qui prouvera si besoin est que ce qui unit vraiment une famille, c’est l’amour.

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Pourquoi ce livre?

Voici un album jeunesse qui plaira aux tout petits comme aux plus grands où un enfant discute avec son ami.e de ses deux mamans et essaient de lui expliquer qu’elles sont toutes les deux ses « vraies » mamans. C’est amusant et ça explique subtilement mais efficacement qu’un couple de deux parents de même genre est pareil à un couple de parents de genres différents. A faire lire à tous, parents comme enfants!

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On en parle aussi chez Télérama et chez Opalivres et si le sujet de l’homoparentalité traité dans les livres jeunesse vous intéresse, vous pourrez trouver une liste assez complète d’albums et romans jeunesse sur le sujet chez Materalbum.

Coups de cœur « arc-en-ciel » 2021 des bibliothécaires : « Le cercle du Dragon-Thé », Katie O’Neill

Le Cerlce du Dragon-Thé, Katie O’Neill, Bliss

De quoi ça parle?

Greta, apprentie forgeronne, découvre une petite créature perdue sur la place du marché. En ramenant le dragon-thé chez lui, elle va rencontrer les deux propriétaires du salon de thé : Hesekiel et Erik. Ces derniers vont alors l’initier à l’art délicat du soin des dragons-thé. Tandis qu’elle se lie d’amitié avec eux et avec la timide Minette, Greta va découvrir l’étendue de cet art et comment les dragons-thé enrichissent leurs vies.
Un conte de fées envoûtant autour de Greta et de sa découverte du monde enchanteur des dragons-thé.

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Pourquoi ce livre?

Besoin de douceur, de retrouver fois en l’humanité et de découvrir des personnages aussi divers qu’attachants? Cette BD est pour vous. Elle nous emmène dans un monde où la magie affleure, où les dragons existent et où les gens sont libres d’être qui ils veulent. C’est adorable et ça fait tellement de bien. A mettre entre toutes les mains, petites comme grandes!

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On en parle chez Sens critique, chez Comics have the power et chez Planète BD.

Coups de cœur « arc-en-ciel » 2021 des bibliothécaires : « Tout ce qui reste de nous », Rosemary Valero-O’Connell

« Tout ce qui reste de nous », Rosemary Valero-O’Connell, Dargaud

De quoi ça parle?

Trois histoires de science-fiction ou de « speculative fiction » qui racontent la perte, le sentiment de fin, l’importance des souvenirs, dans des mondes crépusculaires ou en danger de mort. Voyage dans une autre dimension, accident d’un vaisseau spatial, fable sur la fin d’un monde, ces récits particulièrement émouvants proposent une approche spirituelle des questionnements actuels sur le progrès et la fin du monde, et les conséquences sur nos sentiments.

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Pourquoi ce livre?

Les superbes dessins de Rosemary Valero-O’Connell m’avaient déjà séduite dans le très bon « Mes ruptures avec Laura Dean » (on vous en reparle samedi), ici c’est encore plus la capacité de l’autrice à nous raconter des histoires d’une beauté mélancolique et glauque qui m’a complètement emportée. Nous retrouvons trois récits sur la mémoire, l’amour, l’oubli, ce dans des univers qui voguent entre science-fiction et fantastique. C’est doux, c’est tendre, c’est triste. C’est beau.

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On en parle aussi chez Sens Critique (avis de BlueX), chez Le Suricate et sur Ligne claire.

Coups de cœur « arc-en-ciel » 2021 des bibliothécaires : « Autobiographie du rouge », Anne Carson

« Autobiographie du rouge », Anne Carson, L’Arche

De quoi ça parle?

Géryon, monstre ailé aux fêlures profondément humaines, livre les fulgurances de sa passion dans son autobiographie. Le jeune Héraclès embrase son cœur et l’abandonne au désespoir amoureux, avant de resurgir dans sa vie, des années plus tard, pour une traversée de l’Amérique du Sud. Tout à la fois rhapsodie, roman initiatique, journal intime, portrait d’artiste, épopée lyrique et carnet de voyage, Autobiographie du rouge tisse les séquences d’une initiation à l’amour qui est aussi l’éruption d’une sensibilité artistique, affranchies des conventions narratives de la tradition lyrique. Mêlant singulièrement distance et empathie, Anne Carson explore les méandres du sentiment amoureux, affirmant la tragique beauté du monstrueux et la fureur d’un désir rebelle à toute norme. Une écriture d’une modernité radicale, merveilleusement troublante.

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Pourquoi ce livre?

« Autobiographie du rouge » est un poème narratif d’une beauté brute et élégante à la fois. Anne Carson reprend des figures mythologiques pour les faire vivre à notre époque, en leur donnant une vie qui débute banalement mais qui deviendra d’une intensité incroyable. Géryon, jeune garçon perdu, deviendra fou d’amour pour le superbe Héraclès qui l’aidera à se révéler à lui-même. C’est beau, c’est fou, c’est volcanique. A découvrir absolument!

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On en parle aussi sur Le fil rouge, chez Cultures sauvages et chez Fairy Stelphique.

Semaine des coups de cœur «arc-en-ciel» – édition 2021

Comme c’est la tradition chaque année, en l’honneur de la journée de lutte contre l’homophobie du 17 mai, du 17 au 22 mai, le blog revêtira les couleurs de l’arc-en-ciel et vous permettra de découvrir nos derniers coups de cœur en littérature LGBTQ+. Les livres dont nous parlerons sont bien sûr disponibles au Centre de Lecture, n’hésitez pas à nous faire savoir si vous souhaitez les réserver par commentaires, via mail, par téléphone ou de vive voix.

Les coups de cœur de 2021:

Autobiographie du rouge, Anne Carson

Tout ce qui reste de nous, Rosemary Valero O’Connell

Le Cercle du Dragon-Thé, Katie O’Neill

Mes deux mamans, Bernadette Green & Anna Zobel

Le génie lesbien, Alice Coffin

Autres suggestions

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Les coups de cœur de 2020:

Son corps et autres célébrations, Carmen Maria Machado

En apnée, Meg Grehan

Sur la route de West, Tillie Walden

Un jour mon prince viendra, Agnès Laroche et Fabienne Brunner

Heartstopper, Alice Oseman

Autres suggestions

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Les coups de cœur de 2019:

Spinning, Tillie Walden

Signes, Anna Martin

Appelez-moi Nathan, Catherine Castro & Quentin Zuttion

Le jour où papa s’est remarié, Thierry Lenain et Thanh Portal

La sirène et la licorne, Erin Mosta

La nuit mange le jour, Paul Burckel et Hubert

Autres suggestions

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Les coups de cœur de 2018:

Rouge Tagada, Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Radio Silence, Alice Oseman

Libération, Patrick Ness

Homo Sapienne, Niviaq Korneliussen

Amatka, Karin Tidbeck

Les Argonautes, Maggie Nelson

Autres suggestions

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Les coups de cœur de 2017:

Aquarium, David Vann

Le monde est derrière toi, Marian de Smet

Écumes, Ingrid Chabbert et Carole Maurel

Celle dont j’ai toujours rêvé, Meredith Russo

Opération pantalon, Cat Clarke

Nimona, Noelle Stevenson

Autres suggestions

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Les coups de cœur de 2016 :

Le chant d’Achille, Madeleine Miller

Le blues des petites villes, Fanny Chiarello

Blue, Kiriko Nananan

La face cachée de Luna, Julie Anne Peters

La Belle et le Fuseau, Neil Gaiman & Chris Riddell

Peau, Dorothy Allison

Autres suggestions

#MarsAuFeminin – Gabrielle Wittkop : Sérénissime assassinat

« Sérénissime Assassinat » de Gabrielle Wittkop chez Verticales

De quoi ça parle ?

Dans la Venise du XVIIIe siècle, dont l’âme et l’esprit sont admirablement recréés par des toiles de fond empruntées aux grands maîtres de la peinture italienne, une inquiétante affaire d’empoisonnement secoue la demeure d’Alvise Lanza dont les épouses successives décèdent inexplicablement. Dans ces somptueux décors, «des femmes gorgées de venin vont (en) crever comme des outres», tandis que la Sérénissime vit ses derniers instants de gloire.
Certes, les coupables ne manquent pas, et il est facile d’échafauder des mobiles dans cette cité des miroirs où tout n’est que faux-semblant. Mais Gabrielle Wittkop ne se laisse jamais prendre au piège de l’énigme policière. Son écriture est comme ces miroirs brisés dont chaque fragment offre un nouveau regard sur l’écorce des choses. Cette écorce renferme un noyau, elle est le véhicule qui mène jusqu’à lui. Mais plus que la résolution du crime, dont les détours labyrinthiques de l’histoire finissent par nous livrer l’explication, ce qui importe est tout entier dans la surface, subrepticement disséminée dans les fragments d’un récit qui oscille constamment entre les temporalités, entre les personnages, entres les crimes, entre les soupçons.

Qui est l’autrice ?

Gabrielle Wittkop est une autrice française née en 1920 et morte en 2002. Ses romans sont audacieux, d’un écriture élégante et d’un ton souvent dérangeant.

Pourquoi ce livre ?

Ce tout petit livre joue avec les codes de la littérature, s’adresse au lecteur, déconstruit son récit et nous livre une petite enquête délicieusement perverse qui sert de prétexte à une écriture superbe et malsaine à la fois. Etrange, perturbant, délicieux pourtant.

#MarsAuFeminin – Hilda Hilst : L’obscure Madame D

^ »L’obscène Madame D suivi de Le Chien » d’Hilda Hilst chez L’Arpenteur

De quoi ça parle ?

«Je me suis vue écartée du centre d’une chose que je ne sais comment nommer, mais ce n’est certes pas une raison pour que, moi Hillé, théophage incestueuse dite également par Ehud Madame D, moi Néant, Nom de Personne, je sacrifie aux autels après soixante années vécues en quête de la lumière, soixante années dans une cécité silencieuse, employées à chercher le sens des choses. Déréliction, me disait Ehud, Déréliction – une fois pour toutes, Hillé – signifie abandon, détresse, pourquoi le redemandes-tu chaque jour que Dieu fait et tu ne retiens jamais, à dater de ce jour, Hillé, tu seras Madame D, D de Déréliction, tu as compris ?»

Qui est l’autrice ?

Hilda Hilst est une poétesse brésilienne qui s’est également essayée aux romans et aux pièces de théâtre. Elle est née en 1930 et morte en 2004.

Pourquoi ce livre ?

Ce recueil de deux nouvelles est très déstabilisant. Dans la première histoire, la plus longue et la plus marquante, celle qui donne son titre au livre, l’autrice nous met dans la tête d’une personne qui sombre peu à peu dans une certaine forme de folie et il faut accepter de perdre pied pour rentrer dans ce délire littéraire incroyablement audacieux et marquant. Une petite merveille !

#MarsAuFeminin – Olga Tocarczuk : Les Pérégrins

« Les Pérégrins », Olga Tokarczuk chez Noir sur Blanc

De quoi ça parle ?

Les Pérégrins, sans doute le meilleur livre d’Olga Tokarczuk, n’est pas un « livre de voyage », mais un livre sur le phénomène du voyage. Pour les Bieguny (c’est-à-dire marcheurs ou pérégrins), une secte de l’ancienne Russie, le fait de rester au même endroit rendait l’homme plus vulnérable aux attaques du Mal, tandis qu’un déplacement incessant le mettait sur la voie du Salut. S’ils sont des hommes et des femmes de notre temps, les personnages du livre d’Olga Tokarczuk ont peut-être une motivation similaire. Mais davantage que le Salut, ils semblent poursuivre l’idée qu’ils se font de leur liberté. En une myriade de textes courts, l’auteur compose ici un panorama coloré du nomadisme moderne. À travers les livres et à travers le monde d’aujourd’hui, dans les lieux et les non-lieux de ses voyages, Olga Tokarczuk a ressemblé des histoires, des images et des situations qui nous éclairent sur un monde à la fois connu et absolument mystérieux, mouvant réseau de flux et de correspondances… Une femme qui s’occupe d’un enfant handicapé décide un jour de ne pas rentrer à la maison ; une mère prend son enfant et quitte son mari au cours de vacances en Croatie ; le cœur de Chopin, placé à sa mort dans une jarre de cognac, est transporté jusqu’en Pologne par sa sœur Ludwika ; Anouchka, qui a une famille et une vie sociale, décide soudain d’aller vivre dans le métro de Moscou… Une multiplicité de réflexions, de micro-récits et de choses vues, sur les zones de transit, les hôtels, le hasard des rencontres, le tourisme exotique et la baraques à souvenirs. Avec sa foi dans l’intelligence du lecteur, Olga Tokarczuk ouvre pour nous mille et une pistes d’étonnement et de découvertes.

Qui est l’autrice ?

Olga Tocarczuk est une autrice polonaise qui a reçu le prix Nobel de littérature en 2018.

Pourquoi ce livre ?

Lire sur le voyage en période de COVID peut relever du masochisme, et pourtant « Les Pérégrins » parle de la beauté de la découverte et du trajet sans réveiller d’amertume. Cet étrange livre, pas vraiment recueil de nouvelles, pas vraiment roman, est constitué de morceaux qui sont autant de réflexions sur divers sujets liés au voyage mais également, de manière surprenante, à la conservation des corps. C’est étrange, bizarre mais complètement fascinant.