Nos coups de cœur de la rentrée littéraire de septembre 2021

Nous ne sommes pas forcément amateurs du concept de rentrée littéraire au Centre de Lecture mais celle de ce septembre a été exceptionnelle, nous avons donc eu envie de mettre en avant les titres qui nous avaient le plus remués.

Voici les coups de cœur de Sophie C. (précision utile maintenant que nous sommes deux Sophie ;-p):

Dans la maison rêvée, Carmen Maria Machado

Carmen Maria Machado évoque un sujet difficile, la violence au sein d’un couple lesbien (couple souvent idéalisé et aux violences tues) à travers un exercice de style incroyablement beau, marquant et intelligent qui transforme son témoignage en tentative de dépassement littéraire d’un sujet pour lequel la beauté de l’écriture est parfois un peu trop souvent mise de côté. Une merveille.

Le créateur de poupées, Nina Allan

Un créateur de poupée commence à correspondre avec une femme à propos des contes aussi sombres que fascinants d’une obscure autrice. L’écriture de Nina Allan est toujours aussi belle et se met au service d’une histoire étrange qui laisse une impression de malaise et de fantastique en bouche. C’est tout simplement beau.

Melmoth furieux, Sabrina Calvo

Dans un monde qui est presque le nôtre, une communauté va se révolter contre EuroDisney et les atrocités commises derrière le monde rêvé auquel le parc veut nous faire croire. C’est à la fois survolté, politique et emprunt d’une douceur incroyable. Vive la révolution!

Notre part de nuit, Mariana Enriquez

Un père et son fils fuient une organisation secrète qui s’intéresse à leurs étranges pouvoirs. Dans cet incroyable roman-fleuve, on rencontrera des éléments fantastiques mais surtout beaucoup d’humanité et une famille atypique aux personnages imparfaits mais marquants. Somptueux.

Sages femmes, Marie Richeux

Une mère va s’intéresser aux destinées de filles-mères de sa famille à travers le thème du tissage. Une réflexion sur la maternité mais aussi le féminisme à travers les époques et les liens qui nous unissent aux autres, ce grâce l’écriture toujours aussi élégante de l’autrice. Émouvant.

Rivage au rapport, Quentin Leclerc

Une enquête sur une mort étrange va entraîner l’inspecteur Rivage dans une sombre histoire de jeux vidéos et de complots. Derrière cet aspect convenu du thriller d’enquête se cache un récit surprenant au style dépouillé et à l’inventivité folle. Déstabilisant.

Les filles de Monroe, Antoine Volodine

Dans un monde post-apocalyptique et post-communiste, un homme peut voir passer dans notre réalité des femmes dangereuses pour l’autorité qui le retient prisonnier. Cette nouvelle incursion dans l’univers post-exotique de l’auteur est aussi folle que drôle et inattendue. Pour les amateurs de bizarreries superbement écrites.

Mon mari, Maud Ventura

Une femme va surveiller pendant une semaine les faits et gestes de son mari en disséquant ses moindres attentions afin de comprendre s’il l’aime autant qu’il le devrait et en le punissant discrètement quand ce n’est pas le cas. C’est aussi drôle que glaçant! Surprenant!

Semaine #BlackLivesMatter: les essais

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Nous débutons cette semaine #BlackLivesMatter avec des essais qui permettront de mieux comprendre ce mouvement mais aussi et surtout ce qu’est le racisme structurel et pourquoi la question du racisme va bien au-delà de l’habituel et erroné « mais j’ai un ami noir donc je ne suis pas raciste! ». Et pour ce faire, nous pensons que le livre de Reni Eddo-Lodge est une très bonne porte d’entrée dans l’explication du pourquoi, du comment et du « que faire alors? » autour de ce sujet.

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Le racisme est un problème de blancs, Reni Eddo-Lodge

 

De quoi ça parle?

«Quand des Blancs feuillettent un magazine, surfent sur Internet ou zappent à la télévision, il ne leur semble jamais étrange de voir des gens qui leur ressemblent en position d’autorité. Les affirmations positives de la blanchité sont tellement répandues que le Blanc moyen ne les remarque même pas. Être blanc, c’est être humain ; être blanc, c’est universel. Je ne le sais que trop, car je ne suis pas blanche.»

Après l’élection de Barack Obama, certains ont proclamé l’avènement d’une société post-raciale. Avec une liberté de ton décapante, Reni Eddo-Lodge montre ici combien nous en sommes loin. Elle analyse les méfaits d’un racisme structurel persistant d’autant plus sournois qu’il avance masqué. Car le racisme va bien au-delà de la discrimination ou de l’injure personnelle. Il imprègne le récit historique, l’imaginaire collectif, les institutions et les entreprises.

Pourquoi les Blancs pensent-ils ne pas avoir d’identité raciale? Pourquoi la simple idée d’un James Bond noir fait-elle scandale? Comment une fillette noire en vient-elle à se persuader qu’en grandissant, elle deviendra blanche? Le racisme n’est pas une question de valeur morale, mais d’exercice du pouvoir. Entretenir la légende d’une égalité universelle n’aide en rien. Au contraire. Car, pour déconstruire le racisme, il faut commencer par reconnaître l’étendue du privilège blanc.

Pourquoi le lire?

Reni Eddo-Lodge explique ici clairement et, surtout, efficacement, les racines du racisme, l’histoire colonialiste anglaise dont on parle rarement et, en partant de là, elle met en avant les mécaniques du racisme structurel et la manière dont celui-ci est ancré dans notre société et dans nos habitudes. Cet essai qui refuse d’être consensuel permet de comprendre, de remettre en question et de voir autrement la question des privilèges blancs.

S’il n’y avait qu’un livre à conseiller cette semaine, ce serait celui-ci pour moi et c’est pour cela qu’il ouvre la danse. Il m’a permis de comprendre beaucoup de choses qui étaient surtout théoriques à mes yeux et m’a offert plusieurs claques nécessaires qui ont définitivement changé ma manière de percevoir et de comprendre le racisme, ses mécanismes et sa perpétuation. A découvrir absolument.

 

Nous vous conseillons aussi:

BLM jour 1 les autres essais

La prochaine fois, le feu, James Baldwin

En dépit des bouleversements psychologiques et sociaux qu’il exige, cet ouvrage ne veut que proposer la solution de bon sens au problème de la place des Noirs dans la société américaine. Malgré le ton parfois menaçant, malgré la satire souvent mordante, La prochaine fois, le feu est avant tout un appel à la modération, une ultime tentative de compromis (en 1963) entre les extrémistes des deux bords aveuglés par la passion.
Tant par l’actualité des phénomènes dont il présente l’analyse irréfutable que par le mélange de douleur contenue et d’ironie cinglante qui lui donne ce ton si particulier, ce témoignage ne manquera pas d’attirer l’attention du lecteur qui en retiendra les qualités littéraires autant que l’importance politique.

 

Une colère noire, Ta-Nehisi Coates

Voilà ce qu’il faut que tu saches : en Amérique, la destruction du corps noir est une tradition ? un héritage.

Je ne voudrais pas que tu te couches dans un rêve. Je voudrais que tu sois un citoyen de ce monde beau et terrible à la fois, un citoyen conscient. J’ai décidé de ne rien te cacher. Je me suis demandé qui remplirait le vide intellectuel après la mort de James Baldwin.

Sans aucun doute, c’est Ta-Nehisi Coates?

 

Moi, raciste? Jamais! Scènes de racisme ordinaire, Rokhaya Diallo et Virginie Sassoon

« Une soirée animée entre amis. A un moment, l’un d’eux me glisse : Tu sais j’aime pas les Arabes mais toi c’est différent !? »

« Quand je dis mon lieu de naissance, on me répond par : Non, mais avant ? Avant quoi ? Et me voilà embarquée dans un interrogatoire policier sur mon arbre généalogique. On peut être française ET de couleur !

« Un jour, une copine veut être rassurante et me balance : Tu sais, tu es beau pour un Noir. »

« D’habitude les gens me demandent mes origines en précisant que j’ai un léger accent charmant. Presque chaque fois que je réponds « je suis roumaine », je vois leur sourire se transformer en une sorte de déception indignée. « 

Le racisme ordinaire s’exprime tous les jours, de manière consciente ou inconsciente, par un trait d’humour maladroit, une question anodine ou une petite phrase en apparence bienveillante. Bien plus difficile à identifier et à dénoncer qu’une insulte ou une agression physique, il constitue pourtant une violence quotidienne pour des millions de Français.Des femmes et des hommes, de tous âges et tous horizons, racontent ici ces mots qui font mal, ces humiliations quotidiennes, ces gestes ou plaisanteries qui deviennent insupportables. La mise en lumière de ces témoignages bruts et anonymes dessine une radiographie du racisme ordinaire en France et rappelle l’urgence et la nécessité de ce combat.Pour apprendre, comprendre et avancer ensemble.

 

L’origine des autres, Toni Morrison

Dans un recueil de textes préfacé par Ta-Nehisi Coates, le prix Nobel, Toni Morrison revient sur les thèmes qui imprègnent son travail et dominent de plus en plus clairement la politique nationale et mondiale : la « race », la peur, les frontières, le mouvement de masse des populations, le désir d’appartenance. Qu’est-ce que la « race » et pourquoi est-ce si important ? Qu’est-ce qui motive la tendance de l’être humain à créer les Autres ? Pourquoi la présence de ces Autres nous fait-elle si peur ? Dans le cadre d’interventions à Harvard, faisant partie de la série des prestigieuses conférences « Norton Lectures », Toni Morrison réfléchit à ces questions – ainsi qu’à d’autres questions vitales – au sujet de l’identité. Dans sa quête de réponses, l’auteur se replonge dans ses propres souvenirs mais également dans l’histoire, la politique, et surtout la littérature qui joue un rôle important – notamment la littérature de William Faulkner, Flannery O’Connor et Joseph Conrad – dans la notion de « race » aux États-Unis, que ce soit de manière positive ou négative. L’auteur s’intéresse à ce que signifie être noir, à la notion de pureté des « races » et à la façon dont la littérature utilise la couleur de peau pour décrire un personnage ou faire avancer un récit. Élargissant la portée de son discours, Toni Morrison étudie également la mondialisation et le déplacement des populations à notre époque.

Semaine #BlackLivesMatter: présentation

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Ce n’est pas parce qu’on commence à moins parler du mouvement #BlackLivesMatter dans les médias que celui-ci s’éteint pour autant. Afin d’aider nos lecteurs à continuer à s’intéresser à ce mouvement, à le comprendre ou à simplement élargir leurs horizons de lecture, nous avons décidé de vous présenter cette semaine des coups de cœur par des auteurs noirs.

Voici le programme de ce que nous vous proposerons:

Lundi 29/06: les essais

Mardi 30/06: le féminisme intersectionnel

Mercredi 01/07: les albums et romans jeunesse

Jeudi 02/07: la littérature générale

Vendredi 03/07: la SFFF

N’hésitez pas à nous donner des titres à acheter, nous sommes toujours preneurs de vos suggestions.

Les coups de cœur du club de lecture n°72 – janvier 2020

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« Le cœur de l’Angleterre », Jonathan Coe : délicieuse chronique du Brexit en Angleterre. (Raphaël)

« Si Beale Street m’était conté », James Baldwin : histoire d’amour poignante et injustice atroce pour un jeune noir accusé d’un viol qu’il n’a pas commis. (Raphaël)

« Les chaussures italiennes », Henning Mankell : un chirurgien qui a commis une erreur vis reclus jusqu’à ce qu’une visite imprévue vienne chambouler sa solitude. Très beau roman poignant. (Raphaël)

« Soif », Amélie Nothomb : très intéressante lecture des derniers jours de Jésus, qui passe du comique au dramatique de manière impressionnante. (Gina)

 

Date du prochain club de lecture : vendredi 7 février à 14h30.

Ce mois au Centre de Lecture (édition février 2020)

Fermeture : mardi 25 février

Brico-lectures, lectures et jeux (enfants) :

Mercredi 12/02 : 14h-15h : Atelier de brico-lecture – 5 à 12 ans

Samedi 15/02 : 10h : Lisons ensemble – Samen lezen – 0 à 3 ans

Mercredi 19/02 : 14h-15h : Atelier de brico-lecture – 5 à 12 ans

Mercredi 26/02 : 14h-15h : Atelier de jeux – 5 à 12 ans

Mercredi 26/02 : 14h-15h : DECOUVERTE JEUX POUR ADOS – 12 ans et +

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Clubs de Lecture, de tricot-crochet et de scrabble (adultes) :

Vendredi 07/02 : 14h30 : Club de lecture pour adultes

Vendredi 28/02 : 14h : Club de Scrabble

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Ecriture/dessin (adultes et adolescents) :

Samedi 08/02 : 10h-12h30 : Atelier de BD & mangas – ados et adultes

                           14h-16h30 : Dessinons ensemble

Samedi 22/02 : 10h-12h30 : Atelier de BD & mangas – ados et adultes

                           14h-16h30 : Dessinons ensemble

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Informatique (adultes) :

Jeu 06/02 : 10h-11h30 : FAQ Foire Aux Questions – inscription

Jeu 27/02 : 10h-11h30 : Les réseaux sociaux – inscription

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Tout public :

Ven 28/02 : BIBLIOTHECAIRE D’UN SOIR : Pierre LECRENIER

Inspirées des « Libraire d’un soir » de la librairie Charybde (Paris), ces rencontres vous permettront de découvrir les livres qui ont marqué la vie de personnalités du monde culturel.

Pierre Lecrenier est un auteur belge de BD (notamment la BD « Le Belge » qui a eu un grand succès dans notre bibliothèque) qui collabore également aux revues « Topos » et « La Revue dessinée » et qui est co-responsable du journal « Kairos ». Il viendra nous parler des livres qui ont marqué sa vie de lecteur et d’auteur.

 

Toutes ces animations sont gratuites et se déroulent au Centre de Lecture publique. Inscription souhaitée.

Coups de cœur « arc-en-ciel » 2019 des bibliothécaires : « Appelez-moi Nathan », Catherine Castro et Quentin Zuttion

LGBT 2019 04 Appelez-moi Nathan

 

De quoi ça parle?

Nathan est né Lila, dans un corps de fille. Un corps qui ne lui a jamais convenu, il décide alors de corriger cette erreur génétique avec le soutien indéfectible de sa famille, ses amis, ses profs et, à seize ans, des injections de testostérone de 0,8 mg par jour. Quitte à devenir quelqu’un, autant que ce soit vous-même.

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Pourquoi on aime?

La transidentité du point de vue d’un homme assigné femme à la naissance est moins souvent abordée que celle des femmes trans en littérature, nous aurions dès lors pu évoquer cette BD juste pour l’importance de l’histoire qu’elle raconte mais nous en sommes tombé amoureux surtout pour la justesse des mots et la délicatesse des dessins, qui font d' »Appelez-moi Nathan » une œuvre sensible et essentielle. Et qui parle aux jeunes l’ayant empruntée d’ailleurs, qui nous en ont tous discuté avec nous après.

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On en parle aussi chez Blogonoisettes, Mes échappées livresques et chez L’étang de Kaeru.

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Les coups de cœur du club de lecture n°59 – décembre 2018

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« Home », Toni Morrison : reflet troublant de l’Amérique d’aujourd’hui dans une histoire éprouvante de racisme à la très belle écriture. (Béatrice)

« Le train », Georges Simenon :  court roman puissant et marquant sur la fuite des Belges (et Français) lors de l’arrivée des Allemands pendant la seconde guerre mondiale. (Eveline et Claudine)

 « L’arbre-monde », Richard Powers : roman fascinant et didactique sur notre rapport aux arbres. (Jacqueline)

« Un amour impossible », Christine Angot : récit trouble et troublant de l’histoire d’amour des parents de l’autrice. (Anne-Marie)

« Ni d’Eve ni d’Adam », Amélie Nothomb : peut-être un des plus beaux romans de l’autrice qui nous offre ici une écriture tendre et pleine d’humour. (Claudine)

« Check-Point », Jean-Christophe Ruffin : histoire très intéressante à l’écriture saccadée sur la Bosnie en guerre. (Béatrice)

« Les derniers jours de l’émerveillement », Graham Moore :  histoire de la naissance de l’électricité sur le mode thriller, très prenant. (Jacqueline)

« Le café du bout du monde », John Strelecky : livre de développement personnel pour nous aider à sortir de la routine. (Anne-Marie)

« Sauveur & Fils » saison 1, Marie-Aude Murail : roman très attachant avec une histoire de famille cachée passionnante. (Claudine)

« Emma G. Wildford », Zidrou & Edith : BD qui raconte l’histoire étonnante d’une femme qui part à la recherche de son fiancé disparu. (Jacqueline)

« L’âge d’or », Cyril Pedrosa et Roxane Moreil : superbe BD aux dessins magnifiques et au récit somptueux. (Jacqueline)

« Le racisme est un problème de blancs », Reni Eddo-Lodge : essai marquant qui permet aux personnes qui ne sont pas victimes de racisme de comprendre les choses autrement. (Jacqueline)

« Pense aux pierres sous tes pas », Antoine Wauters : étrange roman de révolte à l’écriture envoûtante. (Sophie)

« Délai de grâce », Adelheid Duvanel : collection de courts récits incisifs et délicats qu’on oublie difficilement. (Sophie)

Date du prochain club de lecture : vendredi 4 janvier 2019

Les livres qui dérangent: « Le syndrome du bien-être », Carl Cederström & Andrew Spicer

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De quoi ça parle?

Vous êtes accro à la salle de sport ? Vous ne comptez plus les moutons mais vos calories pour vous endormir ? Vous vous sentez coupable de ne pas être suffisamment heureux, et ce malgré tous vos efforts ? Alors vous souffrez sûrement du syndrome du bien-être. Tel est le diagnostic établi par Carl Cederström et André Spicer.
Ils montrent dans ce livre comment la recherche du bien-être optimal, loin de produire les effets bénéfiques vantés tous azimuts, provoque un sentiment de mal-être et participe du repli sur soi. Ils analysent de multiples cas symptomatiques, comme ceux des fanatiques de la santé en quête du régime alimentaire idéal, des employés qui débutent leur journée par un footing ou par une séance de fitness, des adeptes du quantified self qui mesurent – gadgets et applis à l’appui – chacun de leurs faits et gestes, y compris les plus intimes… Dans ce monde inquiétant, la bonne santé devient un impératif moral, le désir de transformation de soi remplace la volonté de changement social, la culpabilisation des récalcitrants est un des grands axes des politiques publiques, et la pensée positive empêche tout véritable discours critique d’exister.
Résolument à contre-courant, ce livre démonte avec une grande lucidité les fondements du culte du corps et de cette quête désespérée du bien-être et de la santé parfaite.

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Pourquoi ça dérange?

Dans notre société où la santé est la première chose que l’on souhaite aux gens mais devient également une autre manière de juger (des personnes ayant du poids à celles avec un handicap quelconque en passant par celles qui ont un problème plus ou moins visible génétique, d’addiction, accidentel ou autre), le culte du corps sain devient de plus en plus prégnant, encore plus si l’on considère que celui-ci se doit d’être mis au service de l’Entreprise. La personne malade devient une sorte d’anomalie, un ennemi contre lequel il faut lutter alors que rien de plus naturel que la maladie si l’on y pense…

Les auteurs de cet essai nous proposent de disséquer les croyances et nouvelles formes de « cultes » qui vénèrent la santé et ce qui se cache derrière cette recherche excessive du corpore sano auquel on n’associe plus tant que ça la mens sana. Loin de dire qu’être en bonne santé, c’est mal, ils veulent surtout dénoncer l’idéologie sous-jacente à recherche excessive de la nourriture optimale, de l’exercice sculpteur, des records et autres. Et ils mettent le doigt là où ça fait mal, dénonçant de nombreuses dérives parfois effrayantes entraînées par cette course au « mieux être »…

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Logo collection les livres qui dérangent

Ce mois au Centre de Lecture (édition janvier 2018)

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Brico-lectures, lectures et jeux (enfants) :

Jeudi 04/01 : 14h15-15h : Découverte d’albums jeunesse pour les 3-6 ans

Mercredi 10/01 : 14h-15h30 : Atelier de brico-lecture pour enfants de 5 à 12 ans

Mercredi 17/01 : 14h-15h30 : Atelier de brico-lecture pour enfants de 5 à 12 ans

Mercredi 31/01 : 14h-15h30 : Atelier de brico-lecture pour enfants de 5 à 12 ans

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Clubs de Lecture, de tricot-crochet et de scrabble (adultes) :

Mardi 02/01 : 14h-16h : Atelier de crochet et tricot

Vendredi 05/01 : 15h : Club de lecture pour adultes

Jeudi 18/01 : 14h-16h : Atelier de crochet et tricot

Vendredi 26/01 : 15h : Club de Scrabble

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Informatique (adultes) :

Jeudi 4/01 : 10h-11h30 : Foire aux questions informatiques – inscription OBLIGATOIRE

Jeudi 25/01 : 10h-11h30 : Sauvegarder, copier, envoyer et gérer photos – Pour débutants, ordinateur nécessaire – inscription OBLIGATOIRE

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Ecriture/dessin (adultes et adolescents) :

Samedi 13/01 : 10h-12h30 & 14h-16h30 : Atelier de BD & mangas pour ados et adultes

Samedi 20/01 : 10h-12h30 & 14h-16h30 : Atelier de BD & mangas pour ados et adultes

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Tout public :

Mercredi 17/01 : 16h-18h : Permanence du Centre culturel du Pays des Collines

Venez rencontrer un membre du Centre culturel du Pays des Collines pour acheter vos places pour les spectacles, poser des questions sur les animations ou proposer des collaborations.

Janvier - Boucles gaufres 2

Mercredi 17/01 : Soirée de la Création organisée par le Centre culturel du Pays des Collines : boucles d’oreilles fimo

Après vous avoir appris à réaliser un porte-clés macaron, l’animatrice Sophie Mercier revient avec des boucles d’oreilles gaufres! Cet atelier vous fera (re)découvrir la pâte fimo, ses propriétés et les différentes manières de l’utiliser. Sophie en profitera également pour détourner des objets du quotidien et créer des effets, des impressions, des empreintes dans cette pâte à cuire !

Inscription obligatoire : 069/34.33.00 ou info@culturecollines.com

Dode hoek

Vendredi 26/01 : 19h : Ciné-club en collaboration avec le TOURNAI RAMDAM FESTIVAL : « ANGLE MORT » / « DODE HOEK » de Nabil Ben Yadir – thriller, durée : 100 minutes, film en VO (néerlandais) sous-titré français. Public : 13 ans et plus. Projection gratuite, inscription OBLIGATOIRE.

Jan Verbeeck, le flic le plus populaire de Flandre, démissionne du poste de commissaire de la brigade des stups pour s’engager dans un parti populiste et nationaliste. Lors d’une dernière descente dans un labo clandestin à Charleroi, son passé refait surface et déclenche une série d’évènements aussi imprévisibles qu’incontrôlables.

Coups de cœur « arc-en-ciel » 2017 des bibliothécaires : Celle dont j’ai toujours rêvé, Meredith Russo

Celle dont j'ai toujours rêvé Meredith Russo PKJ

Amanda, jeune fille au physique avantageux, débarque dans une nouvelle école. Elle se lie rapidement  d’amitié avec les filles populaires et tape dans l’œil de plusieurs sportif, dont un qui arrive à la séduire et qui lui offre son premier baiser. Tableau idyllique s’il en est, rempli des clichés de la vie estudiantine américaine, rien de quoi attirer l’attention dans cette histoire lue mille fois et qui finit par lasser plus qu’intéresser. Et si je vous disais qu’Amanda a été assignée garçon à la naissance et venait de subir une opération de changement de sexe ? Tout à coup, les enjeux de ce récit changent, non ?

Meredith Russo le reconnaît elle-même dans une postface admirable, Celle dont j’ai toujours rêvé présente une situation un peu trop idéale  (la personne trans a toujours su être une fille, a pu bénéficier d’une opération coûteuse que sa mère n’aurait pas pu payer dans « la vraie vie », elle est belle et hétérosexuelle). Son roman n’en reste pas moins une ode à la compréhension et à la tolérance. Je crois sincèrement que les peurs et « phobies » naissent non d’un ordre « naturel » des choses mais de la méconnaissance. Et l’auteur nous offre ici un roman permettant de comprendre ce que c’est que d’être né dans le mauvais corps, le mauvais genre et de vouloir tout faire pour être en accord avec soi-même. Elle nous fait découvrir, via le point de vue d’une fille trans, la dysphorie de genre, le besoin d’être soi, les réponses de l’entourage, les moqueries, les persécutions jusqu’à la violence subie. Et le soulagement suite à l’opération mais aussi la peur d’être « découverte », le besoin d’être acceptée aussi et le risque, constant d’être insultée, violentée, violée, tuée. Toutes ces choses qui rendent la vie des personnes trans encore trop difficile de nos jours, mettant bien souvent son existence en danger.

Mais au-delà de cette rencontre de l’autre permettant de mieux le comprendre, Celle dont j’ai toujours rêvé est avant tout une histoire terriblement prenante et touchante qui vous interpellera, vous remuera et vous émouvra. Un roman à conseiller et à lire de toute urgence.

Pour creuser, des avis sur Fée liseuse et les livres, BettieRose Books, Sophie lit et Café Powell.

journée lutte contre homophobie