Les livres qui dérangent: « The Hate U Give », Angie Thomas

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De quoi ça parle?

Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d’enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s’embrase, tandis que la police cherche à enterrer l’affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu’elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère ; et à redresser la tête.

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Pourquoi ça dérange?

« The Hate U Give » a l’intelligence de parler d’un personnage qui appartient « aux deux mondes », celui de la banlieue noire et celui des riches blancs. Cette dualité amène aussi bien une compréhension différente de la situation qu’une confrontation salutaire des opinions et force ceux qui ne sont pas comme Starr à ouvrir les yeux sur un racisme qu’ils prétendent ne plus exister et qui est pourtant encore bien présent dans nos sociétés.

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Les livres qui dérangent: « Le racisme est un problème de blancs », Reni Eddo-Lodge

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De quoi ça parle?

«Quand des Blancs feuillettent un magazine, surfent sur Internet ou zappent à la télévision, il ne leur semble jamais étrange de voir des gens qui leur ressemblent en position d’autorité. Les affirmations positives de la blanchité sont tellement répandues que le Blanc moyen ne les remarque même pas. Être blanc, c’est être humain ; être blanc, c’est universel. Je ne le sais que trop, car je ne suis pas blanche.»

Après l’élection de Barack Obama, certains ont proclamé l’avènement d’une société post-raciale. Avec une liberté de ton décapante, Reni Eddo-Lodge montre ici combien nous en sommes loin. Elle analyse les méfaits d’un racisme structurel persistant d’autant plus sournois qu’il avance masqué. Car le racisme va bien au-delà de la discrimination ou de l’injure personnelle. Il imprègne le récit historique, l’imaginaire collectif, les institutions et les entreprises.
Pourquoi les Blancs pensent-ils ne pas avoir d’identité raciale? Pourquoi la simple idée d’un James Bond noir fait-elle scandale? Comment une fillette noire en vient-elle à se persuader qu’en grandissant, elle deviendra blanche? Le racisme n’est pas une question de valeur morale, mais d’exercice du pouvoir. Entretenir la légende d’une égalité universelle n’aide en rien. Au contraire. Car, pour déconstruire le racisme, il faut commencer par reconnaître l’étendue du privilège blanc.

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Pourquoi ça dérange?

En fait, « Le racisme est un problème de blancs » ne dérangera que les blancs, et c’est tant mieux. Ce livre bouleverse et bouge de façon irrémédiable les repères, amenant ceux qui ne sont pas victimes du racisme à le voir différemment et à mieux le comprendre. C’est à mettre entre toutes les mains, ça dérangera beaucoup, certains trouveront même son propos insupportable et exagéré, mais ce livre ne laissera personne indifférent.

 

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Collection des « Livres qui dérangent »: nouveautés

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L’année dernière, à l’occasion du Ramdam Festival de Tournai, nous avions lancé notre collection de « Livres qui dérangent ». Alors qu’une nouvelle édition du festival du film qui dérange démarre, nous allons vous présenter quelques-uns des nouveaux titres qui ont rejoint cette collection. Rendez-vous du 14 au 22 pour les nouveaux « livres qui dérangent »!

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Bibliothécaire d’un soir #6: les choix de Myriam Leroy

Pour notre sixième édition de « Bibliothécaire d’un soir », vendredi 28 décembre et donc la dernière de 2018, c’est Myriam Leroy, autrice d’« Ariane » aux éditions Don Quichotte, dramaturge, présentatrice radio et journaliste qui nous rejoignait pour nous parler des livres ayant marqué sa vie de lectrice. Voici les titres qu’elle nous a présentés.

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Pour ceux qui ont manqué cette rencontre et/ou pour ceux qui souhaitent la prolonger, voici la liste des choix de notre bibliothécaire d’un soir ainsi que l’enregistrement qui a été fait de ses explications. A noter qu’en plus de pouvoir retrouver le podcast sur la page d’Audioville (Soundcloud), notre partenaire, ainsi que sur iTunes depuis peu, vous pouvez aussi écouter la rencontre sur Youtube (juste le son, nous ne faisons pas d’enregistrement vidéo):

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– « King Kong Théorie », Virginie Despentes

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– « La honte », Annie Ernaux

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– « Un roman russe », Emmanuel Carrère

La folie et l’horreur ont obsédé ma vie. Les livres que j’ai écrits ne parlent de rien d’autre. Après L’Adversaire, je n’en pouvais plus. J’ai voulu y échapper. J’ai cru y échapper en aimant une femme et en menant une enquête.myriam 03L’enquête portait sur mon grand-père maternel, qui après une vie tragique a disparu à l’automne 1944 et, très probablement, été exécuté pour faits de collaboration.

C’est le secret de ma mère, le fantôme qui hante notre famille. Pour exorciser ce fantôme, j’ai suivi des chemins hasardeux. Ils m’ont entraîné jusqu’à une petite ville perdue de la province russe où je suis resté longtemps, aux aguets, à attendre qu’il arrive quelque chose.

Et quelque chose est arrivé : un crime atroce. La folie et l’horreur me rattrapaient. Elles m’ont rattrapé, en même temps, dans ma vie amoureuse.

J’ai écrit pour la femme que j’aimais une histoire érotique qui devait faire effraction dans le réel, et le réel a déjoué mes plans. Il nous a précipités dans un cauchemar qui ressemblait aux pires de mes livres et qui a dévasté nos vies et notre amour.

C’est de cela qu’il est question ici : des scénarios que nous élaborons pour maîtriser le réel et de la façon terrible dont le réel s’y prend pour nous répondre.

 

– « Pastorale américaine », Philip Roth

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– « Pascal Brutal », Riad Sattouf

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Le prochaine bibliothécaire d’un soir sera Marc Ysaye, qui viendra nous parler des livres qui l’ont marqué vendredi 22 février à 18h (attention, changement de l’heure habituelle).

 

Bibliothécaire d’un soir #5: les choix d’Emmanuel Régniez

Pour notre cinquième édition de « Bibliothécaire d’un soir », vendredi 26 octobre, c’est Emmanuel Régniez, auteur de « Notre Château » aux éditions Le Tripode et libraire à la très belle librairie Ptyx de Bruxelles, qui nous rejoignait pour nous parler des livres ayant marqué sa vie de lecteur. Voici les titres qu’il nous a présentés.

Emmanuel Régniez bibliothécaire d'un soir

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Pour ceux qui ont manqué cette rencontre et/ou pour ceux qui souhaitent la prolonger, voici la liste des choix de notre bibliothécaire d’un soir ainsi que l’enregistrement qui a été fait de ses explications. A noter qu’en plus de pouvoir retrouver le podcast sur la page d’Audioville (Soundcloud), notre partenaire, vous pouvez aussi écouter la rencontre sur Youtube (juste le son, nous ne faisons pas d’enregistrement vidéo):

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– « Le Grand Meaulnes », Alain-Fournier

À la fin du XIXe siècle, par un froid dimanche de novembre, un garçon de quinze ans, François Seurel, qui habite auprès Emmanuel Régniez 01de ses parents instituteurs une longue maison rouge – l’école du village -, attend la venue d’Augustin que sa mère a décidé de mettre ici en pension pour qu’il suive le cours supérieur : l’arrivée du grand Meaulnes à Sainte-Agathe va bouleverser l’enfance finissante de François… Lorsqu’en 1913 paraît le roman d’Alain-Fournier, bien des thèmes qu’il met en scène – saltimbanques, fêtes enfantines, domaines mystérieux – appartiennent à la littérature passée, et le lecteur songe à Nerval et à Sylvie. Mais en dépassant le réalisme du XIXe siècle pour s’établir, entre aventure et nostalgie, aux frontières du merveilleux, il ouvre à un monde d’une sensibilité toujours frémissante, et qui n’a pas vieilli.

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– « Maitres anciens », Thomas Bernhard

Dans le Kunsthistorisches Museum, à Vienne, Atzbacher, le narrateur, a rendez-vous Régniez 02avec Reger, le vieux critique musical. Atzbacher est arrivé une heure à l’avance pour observer Reger, déjà installé dans la salle Bordone, assis sur la banquette qu’il occupe chaque matin depuis dix ans, face à L’Homme à la barbe blanche du Tintoret. Pendant une heure, le narrateur se rappelle les citations de Reger ou des conversations portant sur lui. Dans un deuxième temps, qui commence à l’heure précise du rendez-vous, c’est la parole même de Reger qui résonne dans la salle Bordone, comme sous l’effet d’une nécessité vitale. Sur le mode de la diatribe, variant avec fureur et allégresse se succèdent les thèmes (qui sont des cibles) chers à Bernhard dans cette comédie (le sous-titre de l’oeuvre) qui n’est autre que celle de l’art, des artistes, des écrivains, des compositeurs… Aux exagérations coutumières, l’auteur ajoute le mauvais goût des Hasbourg, l’institution des musées, l’autorité des maîtres anciens, l’enfance, les toilettes viennoises, les journaux, les femmes de ménage, Beethoven… Des imprécations, en une langue exaltante et libératrice, qui finissent toujours par forcer le rire au bout du désespoir. –Céline Darner

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– « Délai de grâce », Adelheid Duvanel

Chacune des très courtes proses qui composent ce recueil met en scène un personnage « différent ». Une enfant attardée lors de la rentrée des classes. Une jeune femme dont les Emmanuel 01parents ont obtenu la garde de sa fille. Un vieil homme dans un hospice. Un SDF. Tous sont ce que l’on pourrait nommer des êtres dérangés, radicalement autres, des « inaptes à la vie » dont le seul maintien dans le monde qui les entoure tient du défi permanent ou du miracle.

Grolo voulait acheter des cartouches pour son stylo à encre, mais le mot « cartouche » ne lui revenait pas à l’esprit, aussi écrivait-il au stylo à bille.

En une page, une page et demi, rarement plus, Adelheid Duvanel parvient à nous enserrer dans ces vies bancales et à nous les rendre proches. Et, en nous permettant de percevoir l’équilibre fragile qui les rend malgré tout possibles, elle nous renvoie subtilement à nos propres tâtonnements. Maîtresse incontestée de la forme courte, elle est parvenue à conjuguer dans un même écrin l’extraordinaire originalité du regard « différent » (qu’il soit celui de l’enfant, du « dérangé » ou du rêveur) et la rigueur pointilliste d’une conteuse hors pair.

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– « Le train », Georges Simenon

Emmanuel 02Quand je me suis éveillé, les rideaux de toile écrue laissaient filtrer dans la chambre une lumière jaunâtre que je connaissais bien. Nos fenêtres, au premier étage, n’ont pas de volets. Il n’y en a à aucune maison de la rue. J’entendais, sur la table de nuit, le tic-tac du réveille-matin et, à côté de moi, la respiration scandée de ma femme, presque aussi sonore que celle des patients, au cinéma, pendant une opération. Elle était alors enceinte de sept mois et demi.

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– « A la Recherche du temps perdu », Marcel Proust

«Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de Emmanuel 04madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté… Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur goutelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir. »

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– « Nous avons toujours vécu au château », Shirley Jackson

Emmanuel 06« Je m’appelle Mary Katherine Blackwood. J’ai dix-huit ans, et je vis avec ma sœur, Constance. J’ai souvent pensé qu’avec un peu de chance, j’aurais pu naître loup-garou, car à ma main droite comme à la gauche, l’index est aussi long que le majeur, mais j’ai dû me contenter de ce que j’avais. Je n’aime pas me laver, je n’aime pas les chiens, et je n’aime pas le bruit. J’aime bien ma sœur Constance, et Richard Plantagenêt, et l’amanite phalloïde, le champignon qu’on appelle le calice de la mort. Tous les autres membres de ma famille sont décédés. »

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La prochaine bibliothécaire d’un soir sera Myriam Leroy, qui viendra nous parler des livres qui l’ont marqué vendredi 28 décembre à 19h.

Ce mois au Centre de Lecture (édition janvier 2019)

Jours de fermeture :

Mardi 1er janvier

Mercredi 2 janvier de 10h15 à 12h (vœux du Bourgmestre)

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Brico-lectures, lectures et jeux (enfants) :

Mercredi 09/01 : 14h-15h : Atelier de brico-lecture pour enfants de 5 à 12 ans

Mercredi 16/01 : 14h-15h : Atelier de brico-lecture pour enfants de 5 à 12 ans

Mercredi 23/01 : 14h-15h : Atelier de brico-lecture pour enfants de 5 à 12 ans

Mercredi 30/01 : 14h-15h : Atelier de jeux pour enfants de 5 à 12 ans

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Clubs de Lecture, de tricot-crochet et de scrabble (adultes) :

Vendredi 04/01 : 14h30 : Club de lecture pour adultes

Vendredi 25/01 : 14h : Club de Scrabble

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Informatique (adultes) :

Jeudi 03/01 : 10h-11h30 : Foire aux questions informatiques – inscription OBLIGATOIRE

Jeudi 24/01 : 10h-11h30 : Apprendre sur internet – inscription OBLIGATOIRE

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Ecriture/dessin (adultes et adolescents) :

Samedi 19/01 : 10h-12h30 : Atelier de BD & mangas pour ados et adultes

                           14h-16h30 : NOUVEAU : Dessinons ensemble

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Tout public :

Mercredi 16/01 : 16h-18h : Permanence du Centre culturel du Pays des Collines

Venez rencontrer un membre du Centre culturel du Pays des Collines pour acheter vos places pour les spectacles, poser des questions sur les animations ou proposer des collaborations.

Mercredi 16/01 : Soirée de la Création organisée par le Centre culturel du Pays des Collines : bijoux floraux

Lors de cet atelier, venez créer une broche à partir de fleurs lyophilisées ainsi qu’un bracelet en fleurs fraîches.

L’animatrice Marike Vion vous apprendra également d’autres techniques pour fabriquer des bijoux floraux tels que des bagues, des boucles d’oreilles ou des headbands.

Passionnée de fleurs depuis l’âge de 10 ans, Marike a suivi des études en horticulture et en « architecture des parcs et jardins ». Enseignante en horticulture, cette passionnée a ensuite suivi une formation en art floral afin de pouvoir réaliser son rêve d’enfance : devenir fleuriste !

Depuis juillet 2016, elle est spécialisée dans les ateliers d’art floral, la décoration d’évènements et les mariages.

Inscription obligatoire : 069/34.33.00 ou info@culturecollines.com

AFFICHE Activités 01 cadre

Vendredi 25/01 : 19h : Ciné-club « adaptations de BD » : Lulu Femme Nue, Solveig Anspach – comédie dramatique, durée : 87 minutes. Public : 13 ans et plus. Projection gratuite, inscription OBLIGATOIRE.

À la suite d’un entretien d’embauche qui se passe mal, Lulu décide de ne pas rentrer chez elle et part en laissant son mari et ses trois enfants. Elle n’a rien prémédité, ça se passe très simplement. Elle s’octroie quelques jours de liberté, seule, sur la côte, sans autre projet que d’en profiter pleinement et sans culpabilité. En chemin, elle va croiser des gens qui sont, eux aussi, au bord du monde : un drôle d’oiseau couvé par ses frères, une vieille qui s’ennuie à mourir et une employée harcelée par sa patronne… Trois rencontres décisives qui vont aider Lulu à retrouver une ancienne connaissance qu’elle a perdu de vue : elle-même.

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Et pour ceux qui veulent avoir la version pour smartphones et frigos:

Programme 2019 01 bibMontEnclus