Coups de cœur « arc-en-ciel » 2018 des bibliothécaires : Silence Radio, Alice Oseman

LGBT 2018 2 Silence Radio

De quoi ça parle?

Je suis Frances, Frances la sérieuse, la solitaire, la discrète. Je passe mon temps à étudier. J’ai un seul objectif : entrer à Cambridge après le bac. Je suis Frances, la vraie Frances. Je suis fascinée par le mystérieux Silence Radio et sa chaîne Youtube Universe City. J’aime rire et j’aime dessiner.

Et puis je rencontre Aled. Avec lui, je peux enfin être moi. Avec lui, je vais enfin avoir le courage de trouver ce qui compte vraiment pour moi

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Pourquoi on aime?

Les romans jeunesse qui s’éloignent des clichés habituels pour présenter des ados différents, qui ne rentrent pas dans les cases prémâchées du genre, c’est rare, et donc d’autant plus appréciable. Alice Oseman, jeune autrice de 24 ans avec plusieurs romans (ainsi qu’un adorable et long webcomic en anglais) à son actif, nous offre des jeunes personnages « vrais », bizarres, sages, qui ne sont pas dans les excès habituels. Et, chose encore plus appréciable, de toutes origines et sexualités, sans qu’il n’y ait un but derrière cette « représentation ». C’est juste la vie, la diversité, elle n’est pas gratuite, elle est juste normale.

Frances, l’héroïne de ce livre, est une adolescente partagée entre l’image de parfaite élève qu’elle donne et son côté passionnée pour l’univers « geek » qui ne colle pas avec ce masque créé pour plaire aux autres. Elle ne sait plus trop où elle en est, son avenir la destine à une grande université mais est-ce vraiment ce qu’elle veut? Est-ce qu’il existe une autre voie que celle académique? Les parents et la société aiment à dire que non. Mais la réalité de la vie post-estudiantine prouve qu’un diplôme n’est pas (plus) la voie royale vers l’emploi. Dès lors, que choisir?

Alice Oseman, à travers une histoire attachante mais différente de ce dont on a l’habitude, nous parle d’amitié, d’amour, de passions, d’épanouissement et de l’image que l’on renvoie aux autres. Sous sa plume naît un récit qui est tout sauf anodin et léger. Elle déstabilisera peut-être à cause de ça. Mais elle aidera aussi peut-être beaucoup de personnes la lisant, qu’elles soient adolescentes ou adultes.

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On en parle aussi chez Les carnets de bord, Café Powell, A Little Matter Whatever et sur la Rainbowthèque.

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journée lutte contre homophobie

Coups de cœur « arc-en-ciel » 2018 des bibliothécaires : Rouge Tagada, Charlotte Bousquet & Stéphanie Rubini

LGBT 2018 1 Rouge Tagada

De quoi ça parle?

Elle était dans ma classe. Quatrième D. D comme déconné, délire, débile, dévergondé, début, douleur, douceur aussi. Il y avait tout ça, chez nous. Des pimbêches qui riaient trop fort, des timides, des bébés sages, des filles toutes fières de se comporter en femmes et des garçons qui ne savaient plus comment fonctionnaient leurs mains ni leurs pieds. Il y avait 3 aussi les Jade et les Benjamin, les bons copains toujours là en cas de coup de blues à la récré, toujours prêts à refaire le monde et jouer aux cancres au lieu d’aller en perm. Mais il n’y avait qu’une Layla.

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Pourquoi on aime?

« Rouge Tagada » est le premier tome d’une série de BD scénarisées par Charlotte Bousquet et mettant en scène des élèves d’un collège français (puis d’un lycée). Chaque tome se consacre à un personnage principal différent (les autres seront toujours présents à l’arrière-plan) et aborde une thématique bien précise. Plusieurs d’entre eux concerne de près ou de loin des questions LGBTQIA (et on vous les conseille tous, mais celui-ci est un peu notre chouchou).

Cette histoire aborde la question de l’amitié et de l’amour de manière délicate et réaliste. Peut-être un peu trop pour certains lecteurs qui auraient préféré qu’on nous fasse rêver un peu plus mais dans aucun tome, Charlotte Bousquet n’accepte d’adoucir les choses. Et même si c’est parfois dur, c’est aussi salutaire.

« Rouge Tagada », c’est une petite douceur parfois un peu amère sur la découverte d’une jeune adolescente de son attrait pour les femmes. C’est doux, c’est intelligent, c’est intense et c’est à découvrir de suite (enfin, en se mettant sur une liste d’attente parce que depuis son arrivée, cette BD est constamment empruntée)(OK, d’accord, c’est peut-être un peu parce qu’on la met entre les mains de tout le monde. Aussi. Mais quand même).

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On en parla aussi chez Sous le feuillage, Le carré jaune, Petites madeleines ou encore chez Des livres, des livres!

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journée lutte contre homophobie

Le mari de mon frère, Gengoroh Tagame – série finie en 4 tomes

Le mari de mon frère 4

ENORME coup de cœur pour cette série qui se termine avec ce quatrième tome. Nous en avons déjà parlé avant ici mais il ne faut pas se priver des bonnes choses et nous profitons de la sortie cette dernière partie pour refaire son éloge. « Le mari de mon père » est drôle, tendre, lucide, imparable dans ses raisonnements et touchant dans la peinture d’une famille moderne. Nous croyons même cette série capable de changer les mentalités et de démolir les arguments des homophobes les plus tenaces. A mettre entre toutes les mains. Venez nous l’emprunter, ça nous fera tellement (tellement) plaisir. S’il-vous-plaît?

Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens – Becky Albertalli

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Il y a peu de livres qu’on repose en ayant à la fois le cœur léger et l’esprit plus riche. Alors qu’elle nous livre une histoire adorable, touchante et amusante, Becky Albertalli arrive en même temps à nous faire réfléchir à notre manière de concevoir le monde, les relations aux autres et les vérités « par défauts » que nous considérons comme normales. Ce roman est une petite merveille de légèreté et de justesse à mettre entre le plus de mains possibles!
C’est un coup de cœur des bibliothécaires