Coups de cœur « arc-en-ciel » 2019 des bibliothécaires : « Le jour où papa s’est remarié », Thierry Lenain et Thanh Portal

LGBT 2019 05 Le jour où

De quoi ça parle?

Guillaume est tracassé parce que son papa se remarie. Marilou précise à la maîtresse qu’il se remarie non pas avec une femme, mais… avec un mari ! Guillaume s’inquiète : s’il devient homo comme son papa, comment réalisera-t-il son projet de devenir père ? Miradie lui dit qu’il pourra adopter un enfant. Alima lui dit qu’ils seront peut-être homos tous les deux et qu’ils pourront faire un bébé et en partager la garde. Avec toutes ces bonnes idées, voila Guillaume rassuré, on peut commencer la dictée !

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Pourquoi on aime?

Ce petit roman pour les 7-12 ans tout sympathique a le mérite d’être à la fois agréable à lire et très bien fait pour expliquer aux plus jeunes de manière simple et compréhensible ce qu’est l’homosexualité et pourquoi c’est une chose tout aussi normale que l’hétérosexualité. Pour permettre aux plus jeunes d’accepter les autres en sortant du carcan parfois étouffant des préjugés d’adultes les entourant.

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On en parle aussi chez Analire et chez Chroniques de Moka.

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journée lutte contre homophobie

Coups de cœur « arc-en-ciel » 2019 des bibliothécaires : « Appelez-moi Nathan », Catherine Castro et Quentin Zuttion

LGBT 2019 04 Appelez-moi Nathan

 

De quoi ça parle?

Nathan est né Lila, dans un corps de fille. Un corps qui ne lui a jamais convenu, il décide alors de corriger cette erreur génétique avec le soutien indéfectible de sa famille, ses amis, ses profs et, à seize ans, des injections de testostérone de 0,8 mg par jour. Quitte à devenir quelqu’un, autant que ce soit vous-même.

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Pourquoi on aime?

La transidentité du point de vue d’un homme assigné femme à la naissance est moins souvent abordée que celle des femmes trans en littérature, nous aurions dès lors pu évoquer cette BD juste pour l’importance de l’histoire qu’elle raconte mais nous en sommes tombé amoureux surtout pour la justesse des mots et la délicatesse des dessins, qui font d' »Appelez-moi Nathan » une œuvre sensible et essentielle. Et qui parle aux jeunes l’ayant empruntée d’ailleurs, qui nous en ont tous discuté avec nous après.

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On en parle aussi chez Blogonoisettes, Mes échappées livresques et chez L’étang de Kaeru.

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Coups de cœur « arc-en-ciel » 2019 des bibliothécaires : « Spinning », Tillie Walden

LGBT 2019 02 Spinning de Tillie Walden BD couverture

De quoi ça parle?

Depuis l’enfance, le patinage artistique rythme la vie de Tillie Walden. Mais rien ne va plus de soi quand vient l’adolescence… Au fil des épreuves qu’elle traverse, se dessine le portrait touchant d’une jeune femme qui affirme son homosexualité et revendique sa liberté.

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Pourquoi on aime?

« Spinning », qui a reçu un très prestigieux prix Eisner en 2018, est une BD autobiographique d’une délicatesse incroyable. L’autrice nous parle petit à petit de son sentiment de solitude, de son isolement, de la mort d’une passion, de la naissance de l’éveil sexuel, de plein de petites choses qui font une vie. Elle partage avec nous tellement de moments personnels qui auraient pu  nous indifférer mais qui sont tellement bien racontés qu’on a l’impression d’être aux côtés de la jeune Tillie. Il y a quelque chose de sincère et de touchant dans cette histoire ordinaire qui marque et ne nous quitte plus une fois cette énorme BD finie.

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On en parle aussi chez Sita Tout Court (Youtube), sur les Dégustations littéraires et sur Les Lectures de Marguerite.

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Coups de cœur « arc-en-ciel » 2018 des bibliothécaires : Autres suggestions

Les livres dont nous vous avons parlé cette semaines ne sont pas les seuls coups de cœur « arc-en-ciel » que nous avons eus cette année. Nous voulions laisser une petite place aussi aux autres histoires LGBTQIA qui nous ont fait vibrer depuis mai dernier:

Je suis une fille, Yasmeen Ismail (album jeunesse dès 3 ans)

LGBT 2018 fin Je suis une fille

La petite fille de cette histoire constate avec effarement qu’on la prend souvent pour un garçon… Il suffit pourtant de pas grand-chose, d’un presque rien, pour faire changer le regard des gens. Si elle est tranquillement en train de siroter une menthe à l’eau et qu’elle s’amuse un peu avec sa paille en éclaboussant la table, elle entend la serveuse soupirer que, décidément, les garçons ne sont vraiment pas ordonnés. Alors qu’elle, c’est une fille! Une fille qui aime rouler vite sur sa trottinette, une fille qui adore sauter dans la piscine, jouer de la trompette, faire du bruit et sauter partout! Une fille qui aime aussi bien jouer à la poupée que faire la course pour arriver la première. Elle est une fille, et que personne ne lui dise le contraire!

Nouveautés Littérature Jeunesse en parle ici.

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Boucle d’ours, Stéphane Servant & Laetitia Le Saux (album jeunesse dès 4 ans)

LGBT 2018 fin Boucle d'ours

Dans la famille Ours, on se prépare : ce soir c’est le grand carnaval de la forêt ! Papa Ours est déguisé en grand méchant loup, Maman Ours en Belle au bois dormant, et Petit Ours? En Boucle d’ours pardi ! Papa Ours est dans tous ses états. Les jupes et les couettes, c’est pour les filles, les oursonnes, les femmelettes, les cacahouètes, les hommelettes! Pourtant, à l’arrivée du Grand Méchant Loup, déguisé en Chaperon Loup, Papa Ours n’en est plus sûr du tout.

A l’ombre du grand arbre en parle ici.

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Jérôme par cœur, Thomas Scotto & Olivier Tallec (album jeunesse dès 5 ans)

LGBT 2018 fin Jérôme par coeur

Jérôme lui donne ses goûters, le défend contre les moqueries des autres. Dans son sourire, Raphaël se sent protégé. Les jours de sortie, ils se tiennent toujours par la main. Alors oui, Raphaël aime Jérôme. Dans ses rêves et dans la vie. Il le dit.

Ricochet en parle ici.

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 Bichon, David Gilson (BD jeunesse)

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Se déguiser en princesse pour un goûter d’anniversaire, jouer à l’élastique, entamer une chorégraphie en pleine cour de récré… Un peu compliqué quand on aime faire toutes ces choses et qu’on est un petit garçon de 8 ans. Mais pas pour Bichon : il transgresse les règles de la société sans même s’en rendre compte ! Heureusement, sa famille et ses amis l’aiment tel qu’il est. Même que parfois Jean-Marc, le beau garçon du CM2, prend sa défense quand on se moque de lui… David Gilson réussit l’ambitieux pari de raconter avec tendresse et humour la vie quotidienne d’un petit garçon « pas comme les autres ». Bichon ne fait qu’être lui-même et se soucie peu du regard des autres, et cette personnalité déjà si affirmée et si naturelle est un joyeux exemple pour les petits et grands lecteurs !

L’oiseau lit en parle ici.

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Dysfonctionnelle, Axl Cenders (roman ados)

LGBT 2018 fin dysfonctionelle

Fidèle, alias Fifi, alias Bouboule, grandit dans une famille dysfonctionnelle. Papa enchaîne les allers-retours en prison, Maman à l’asile. Mais malgré le quotidien difficile, Fidèle vit des moments de joie, entourée de ses six frères et sœurs aux personnalités fortes et aux prénoms panachés : Alyson, JR, Dalida, Jésus… Cette tribu un peu foldingue demeure Au Bout Du Monde, le bar à tocards que tient le père dans Belleville, théâtre de leurs pleurs et rires. À l’adolescence, la découverte de son « intelligence précoce » va mener Fidèle à « l’autre » bout du monde: un lycée des beaux quartiers où les élèves se nomment Apolline ou Augustin, et re- gardent de haut son perfecto, ses manières de chat de gouttière et ses tee-shirts Nirvana. Mais c’est aussi là que l’attend l’amour, le vrai, celui qui forme, transforme… celui qui sauve.

Si Sophie avait lu ce livre plus tôt, il aurait figuré parmi les autres coups de cœur détaillés présentés cette semaine. Elle l’a malheureusement fini ce midi mais voulait souligner le fait que c’est un gros coup de cœur. Et qu’elle va essayer de le refiler au plus de lecteurs possible!

Mx Cordelia en parle en vidéo ici.

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Justin, Gauthier (BD ados et adultes)

LGBT 2018 fin Justin BD

Quand le prof de sport demande de former une équipe de filles et de garçons, Justine reste au milieu. Il sent bien qu’il n’appartient pas au genre qu’on lui a attribué mais il se persuade que tout le monde le sait, « sauf papa et maman ». Au fil de sa vie d’enfant, d’ado et de jeune adulte, souvent malmené et incompris, Justine va entreprendre de vivre qui il a toujours été, c’est-à-dire Justin.

Biblioqueer en parle ici.

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 Skim, Mariko & Jillian Takami (roman graphique ados et adultes)

LGBT 2018 fin Skim

Entre amitiés foireuses et premier amour, le journal intime d’une ado sur le chemin de la maturité. Kim a 16 ans, un surnom pas vraiment flatteur, des parents dépassés et des camarades de classe un peu trop coincées. solitaire, elle se lâche avec une bonne dose de sarcasmes dans son journal intime. États d’âme, amitiés décevantes, soirées ratées, expériences amoureuses… tout passe au crible de sa verve rafraîchissante.

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Luisa ici et là, Carole Maurel (BD ados et adultes)

LGBT 2018 fin Luisa

D’un côté, il y a Luisa, 33 ans, photographe culinaire célibataire et incapable de vivre plus de quelques semaines avec un homme. De l’autre, Luisa, 15 ans, des rêves plein son sac à dos, une folle envie de trouver l’amour et de vivre de la photographie… Mais aussi des sentiments inassumés pour Lucie, sa copine homosexuelle. Un jour, aussi invraisemblable que cela puisse lui paraître, la Luisa adulte voit débarquer sur le pas de sa porte l’ado qu’elle était ! Cette rencontre sera décisive pour la jeune femme car elle fera remonter à la surface des frustrations trop longtemps enfouies.

La bande du 9 en parle ici.

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La chambre de Giovanni, James Baldwin (roman adulte, drame)

LGBT 2018 fin la chambre de giovanni

Les histoires d’amour tourmentées et douloureuses d’un jeune Américain à Paris dans les années 50. La sincérité et l’audace avec lesquelles James Baldwin décrit le trouble émotionnel de David, déchiré entre Giovanni et Hella, font de ce livre un classique. La Chambre de Giovanni, l’un des premiers et plus beaux livres de James Baldwin, était resté introuvable pendant plus de vingt-cinq ans.

Lecture / Ecriture en parle ici.

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Appelle-moi par ton nom, André Aciman (roman adulte, drame)

LGBT 2018 fin Appelle-moi par ton nom

Elio Perlman se souvient de l’été de ses 17 ans, à la fin des années quatre-vingt. Comme tous les ans, ses parents accueillent dans leur maison sur la côte italienne un jeune universitaire censé assister le père d’Elio, éminent professeur de littérature. Cette année l’invité sera Oliver, dont le charme et l’intelligence sautent aux yeux de tous. Au fil des jours qui passent au bord de la piscine, sur le court de tennis et à table où l’on se laisse aller à des joutes verbales enflammées, Elio se sent de plus en plus attiré par Oliver, tout en séduisant Marzia, la voisine. L’adolescent et le jeune professeur de philosophie s’apprivoisent et se fuient tour à tour, puis la confusion cède la place au désir et à la passion…

Les lectures d’Hatchi en parle ici.

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Le charme des Magpie, K.J. Charles (roman adultes, urban fantasy historique)

LGBT 2018 fin Le Charme des Magpie

Exilé depuis des années, Lucien Vaudrey ne pensait pas rentrer un jour en Angleterre. À la suite du suicide de son père et de son frère, il hérite d’un comté ainsi que des ennemis de sa famille… Afin de se débarrasser d’une malédiction qui l’incite lui aussi à se donner la mort, il se tourne vers un magicien spécialiste des forces occultes, Stephen Day. Très vite, celui-ci tombe sous le charme ravageur de Lucien, qui ne cache pas son envie de le mettre dans son lit. Troublé, Stephen perd peu à peu ses pouvoirs. Mais lorsqu’une série de machinations se referment sur Lucien, Stephen sait qu’il doit les déjouer, sinon la Grande Faucheuse sera leur seule compagne.

Livrement vôtre en parle ici.

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Semaine de l’horreur : de vrais frissons pour les plus jeunes?

Semaine de l'horreur journée jeunesse Moka - Barker - Gaiman

Quand on pense horreur, on s’imagine souvent des histoires qui ne sont pas pour les enfants. Et pourtant, ces derniers sont parfois le public le plus friand du genre. Moi-même, j’ai commencé à consommer goulument livres et films qui font peur quand j’avais 10 ans et je n’ai jamais cessé depuis.

Les adultes, quand ils n’empêchent simplement pas les plus jeunes de s’intéresser à la chose, imaginent que les livres d’horreur pour enfants sont innocents et peu effrayants, tous du cachet des Chairs de Poule (que j’adorais quand j’étais gosse). Et pourtant, certains romans jeunesse pourraient faire pâlir de frayeur leurs équivalents « adultes ». Je voudrais vous en présenter trois (que vous pouvez venir emprunter chez nous):

Moka, sœur de la bien connue Marie-Aude Murail, aime les thrillers frôlant le fantastique. Elle saute le pas de l’horreur avec « L’enfant des ombres », livre glaçant à l’ambiance discrètement terrifiante dans lequel une jeune fille est là seule à voir les ombres qui hantent les couloirs de son école. Alors que d’étranges événements commencent à survenir en dans le bâtiment scolaire, elle va se retrouver menacée par des créatures qui se faufilent dans les recoins sombres…

Enchaînons avec un maître de l’horreur plus connu pour ses romans pour adultes, Clive Barker, l’auteur de la série des « Livres de sang » et d' »Hellraiser », dont les monstres sadiques aux visages plantés d’aiguilles ont certainement hanté les cauchemars de pas mal de trentenaires-quarantenaires les ayant vu pour la première fois par hasard un soir bien tard pendant une séance de zapping paresseux devant la télé (non, ça ne m’est pas du tout arrivé, pourquoi dites-vous cela?). Barker a également écrit l’effrayant « Le voleur d’éternité », qui marqua la jeune fille de 12 ans que j’étais en le découvrant. Dans ce roman, un jeune garçon arrive dans un endroit semblant idéal dans lequel il peut passer son temps à s’amuser. Mais quand il commence à réaliser que tout n’est pas si rose dans la maison qui l’a accueilli, il essaye de s’échapper et découvre que le paradis peut vite se transformer en enfer pour ceux qui le rejettent…

Terminons par un de mes auteurs préférés, Neil Gaiman, et un de ses romans jeunesse qui, sous ses allures innocentes, cache un monde parallèle inquiétant, « Coraline ». Coraline est une jeune fille qui s’ennuie. Elle vient d’emménager dans une nouvelle demeure immense. Malheureusement, son père et sa mère n’ont pas le temps de jouer avec elle. Elle décide d’explorer les lieux et découvre un passage vers un double de sa maison dans lequel vivent des parents semblables en tout point aux siens et qui ont tout le temps possible et imaginable pour s’occuper d’elle. Ces autres parents aux yeux remplacés par des boutons commencent à devenir un peu trop présents et pressants…

A noter que tous ces livres feront autant frissonner les grands que les petits. Qui osera tourner la première page…?

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Coups de cœur « arc-en-ciel » 2017 des bibliothécaires : Autres suggestions

Les livres dont nous vous avons parlé cette semaines ne sont pas les seuls coups de cœur arc-en-ciel que nous avons eu cette année. Nous voulions laisser une petite place aussi aux autres histoires LGBTQ+ qui nous ont fait vibrer depuis mai dernier:

lgbt 8 heureux

 « Heu-reux ! », Christian Voltz  – Rouergue (album)

Le roi Grobull, taureau-tyran, veut marier le prince Jean-George. Il est décidé à trouver une belle vache pour celui-ci. Mais avant tout, il veut que son fils puisse faire un mariage d’amour. Parce que, c’est décidé, il sera heu-reux !

Les albums de Christian Volts sont toujours merveilleux et merveilleusement drôles. Celui-ci ne fait pas exception à la règle.

LGBT 8 George

« George », Alex Gino – L’Ecole des loisirs

George est un garçon tranquille et sans histoire. Si ce n’est qu’il le sait, il est une fille en fait. Il n’a pas encore osé en parler aux gens autour de lui. Mais quand son institutrice propose de monter une pièce, il sait qu’il faut qu’il interprète le premier rôle féminin.

Ce court roman est simple, touchant et tellement facile à aimer que ce serait dommage de passer à côté.

LGBT 8 Grayson

« Le secret de Grayson »,  Amy Polonsky – Albin Michel jeunesse

Grayson se rêve princesse mais est enfermé dans un corps de garçon. Alors elle cache ce corps qu’elle n’aime pas dans des vêtements amples et essaie de ne pas se faire remarquer. Mais un jour, elle trouve le courage d’auditionner pour la pièce de théâtre de l’école. Pour le rôle d’une fille.

Partant du même point de départ que « George », « Le secret de Grayson » est un peu plus sombre. Son personnage est orphelin et vit chez un oncle et une tante qui l’aiment mais ne comprennent pas sa vraie nature. Il devra réussir à trouver sa place et à s’affirmer pour pouvoir vivre en accord avec ce qu’il est.

LGBT 8 Lumberjanes

« Lumberjanes », Noelle Stevenson, Grace Ellis, Shanon Watters & Brooke A Allen – Urban Kids (BD)

Cinq filles intrépides, un camp de vacances, quelques phénomènes surnaturels et le tour est joué, vous vous retrouvez avec une BD nerveuse, magique et drôle, si drôle.

lgbt 8 Normale

« Normal(e) », Lisa Williamson – Hachette

David est né garçon mais il est une fille. Seuls ses amis proches sont au courant. Il vit avec le poids de ce secret. Quand un nouveau garçon à la réputation effrayante arrive à l’école, il se sent étrangement attiré par lui. Peut-être parce que ce dernier semble aussi cacher un lourd secret…

Alternant les points de vue entre les personnages, ce roman un peu plus sombre traite de différents problèmes avec justesse et nous fait découvrir des adolescents différents et attachants.

LGBT 8 Carry On

« Carry On », Rainbow Rowell – PKJ

Simon Snow est un magicien orphelin qui n’arrive pas à contrôler ses pouvoirs. A Watfort, l’école de magie qu’il fréquente, il doit partager une chambre avec son pire ennemi, Baz Pitch, qu’il soupçonne d’être un vampire. Ce qu’il ne sait pas, c’est que si Baz est aussi désagréable avec lui, c’est parce qu’il est en fait amoureux de lui et a peur que ça se sache…

Simon Snow a été inventé par Rainbow Rowell pour être le double de Harry Potter dans son (génialissime) roman « Fangirl » et elle a tellement aimé ce personnage qu’elle lui a consacré un livre. Il n’est donc pas erroné de dire que « Carrry On », c’est un « Harry Potter » gay.

LGBT 8 arc-en-ciel

« Le jardin arc-en-ciel », Ito Ogawa – Picquier

Izumi, jeune mère célibataire, croise le regard de la lycéenne Chiyoko et tombe amoureuse d’elle. Elle l’empêche de se suicider et les deux femmes ne se quittent plus. Petit à petit, elles se reconstruisent une famille et partent vivre dans une ancienne école qu’elles retapent et qui deviendra une maison d’hôtes atypique.

L’auteur du « Restaurant de l’amour retrouvé » nous livre ici une autre histoire simple, douce et pleine d’espoir. Mais comportant aussi son lot de drames et de larmes.

LGBT 8 Luisa

« Luisa ici et là », Carole Maurel – La Boîte à Bulles (BD)

Trentenaire solitaire, Luisa rêve du grand amour. Un jour, sa voisine sonne à sa porte et la met face à une ado qui n’est autre qu’elle-même à 15 ans. Cette étrange rencontre va la faire réfléchir à sa vie et à son innocence perdue…

BD toute en nostalgie mais aussi pleine d’espoir, « Luisa ici et là » se mange sans faim et fait du bien. Vraiment.

lgbt 8 infinite loop

« The Infinite Loop », Pierrick Colinet & Elsa Charretier – Glénat (BD)

Teddy est une voyageuse temporelle. Elle a pour but de répertorier et de contrôler les anomalies nées des nombreuses exploration de l’espace-temps que ses contemporains effectuent. Un jour, une de ces anomalies prend forme humaine. Et Teddy en tombe instantanément amoureuse. Elle décide de protéger celle qu’elle est censée éliminer…

Véritable histoire de SF vertigineuse, « The Infinite Loop » est un projet ambitieux qui ose aller au bout de ses possibilités scénaristiques et visuelles.

Isabel Greenberg 02

« Les Cent Nuits de Hero », Isabel Greenberg – Casterman (BD)

On en parle ici.

LGBT 8 mari frère

« Le mari de mon frère », Gengoroh Togame – Akata (manga)

On en parle ici.

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Coups de cœur « arc-en-ciel » 2017 des bibliothécaires : Nimona, Noelle Stevenson

Nimona

Tout commence sur le ton de la plaisanterie. Nous sommes dans un univers à la fois médiéval et futuriste. Une (très) jeune fille, Nimona, frappe à la porte du célèbre Super Vilain Ballister Blackheart pour lui proposer d’être son assistante. L’homme lui rit au nez jusqu’à ce qu’elle lui montre de quoi elle est capable. Et c’est qu’elle en a des pouvoirs, Nimona. Elle force sa place auprès de Blackheart et se montre plus fougueuse et vindicative que le « méchant » qui, au fil des pages, se révèle être beaucoup moins Super Vilain qu’on aurait pu le penser. Et là où une comédie assez manichéenne semblait s’esquisser, c’est un drame fantastico-politique de plus en plus sombre qui commence à se construire discrètement sous nos yeux.

Nimona est mon plus gros coup de cœur BD de 2016. Noelle Stevenson a réussi un mélange de genres admirable. Elle nous offre un personnage principal fort qui va au-delà de la caricature féminine des récits de fantasy. Nimona est hargneuse, pleine de failles et porteuse d’un passé lourd qui aura une influence importante sur le récit. Elle est attachante et effrayante à la fois et ça fait du bien de voir une histoire tourner autour d’une héroïne douteuse mais qui n’a pas été écrite pour être « méchante » ou détestable pour autant et, surtout, qui s’enrichit au fil des pages tout en n’effaçant pas pour autant des personnages secondaires eux aussi plein de surprises. On ferme ce one shot triste de devoir quitter Nimona, Lord Blackheart et Sire Goldenloin mais heureux d’avoir vécu de telles montagnes russes émotionnelles et scénaristiques.

Noelle Stevenson est une auteur  à suivre, Nimona est son premier roman graphique en solo (elle a collaboré au délicieux Lumberjanes dont nous reparlerons brièvement cet après-midi) et elle a déjà reçu pléthore de prix impressionnants, dont le prix Eisner du meilleur recueil pour Nimona.

On en parle aussi sur 9ème art, Comixtrip, La Mouche qui Louche et L’imaginarium électrique (Youtube).

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Coups de cœur « arc-en-ciel » 2017 des bibliothécaires : Celle dont j’ai toujours rêvé, Meredith Russo

Celle dont j'ai toujours rêvé Meredith Russo PKJ

Amanda, jeune fille au physique avantageux, débarque dans une nouvelle école. Elle se lie rapidement  d’amitié avec les filles populaires et tape dans l’œil de plusieurs sportif, dont un qui arrive à la séduire et qui lui offre son premier baiser. Tableau idyllique s’il en est, rempli des clichés de la vie estudiantine américaine, rien de quoi attirer l’attention dans cette histoire lue mille fois et qui finit par lasser plus qu’intéresser. Et si je vous disais qu’Amanda a été assignée garçon à la naissance et venait de subir une opération de changement de sexe ? Tout à coup, les enjeux de ce récit changent, non ?

Meredith Russo le reconnaît elle-même dans une postface admirable, Celle dont j’ai toujours rêvé présente une situation un peu trop idéale  (la personne trans a toujours su être une fille, a pu bénéficier d’une opération coûteuse que sa mère n’aurait pas pu payer dans « la vraie vie », elle est belle et hétérosexuelle). Son roman n’en reste pas moins une ode à la compréhension et à la tolérance. Je crois sincèrement que les peurs et « phobies » naissent non d’un ordre « naturel » des choses mais de la méconnaissance. Et l’auteur nous offre ici un roman permettant de comprendre ce que c’est que d’être né dans le mauvais corps, le mauvais genre et de vouloir tout faire pour être en accord avec soi-même. Elle nous fait découvrir, via le point de vue d’une fille trans, la dysphorie de genre, le besoin d’être soi, les réponses de l’entourage, les moqueries, les persécutions jusqu’à la violence subie. Et le soulagement suite à l’opération mais aussi la peur d’être « découverte », le besoin d’être acceptée aussi et le risque, constant d’être insultée, violentée, violée, tuée. Toutes ces choses qui rendent la vie des personnes trans encore trop difficile de nos jours, mettant bien souvent son existence en danger.

Mais au-delà de cette rencontre de l’autre permettant de mieux le comprendre, Celle dont j’ai toujours rêvé est avant tout une histoire terriblement prenante et touchante qui vous interpellera, vous remuera et vous émouvra. Un roman à conseiller et à lire de toute urgence.

Pour creuser, des avis sur Fée liseuse et les livres, BettieRose Books, Sophie lit et Café Powell.

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Coups de cœur « arc-en-ciel » 2017 des bibliothécaires : Écumes, Ingrid Chabbert et Carole Maurel

Ecumes Ingrid Chabbert et Carole Maurel

Les problèmes de fertilité semblent être un des étranges tabous de notre époque. Les femmes qui n’arrivent pas à tomber enceinte ou à garder l’enfant dont elles rêvent assez longtemps pour lui donner naissance sont de plus en plus nombreuses et, pourtant, ce problème est (très) rarement évoqué. Ingrid Chabbert ose aborder le sujet dans une BD très personnelle racontant la lutte de l’héroïne pour tomber enceinte, aidée et soutenue à tout instant par sa merveilleuse compagne. Il y a les tentatives ratées, les départs pour l’hôpital avec le sang qui coule et efface l’espoir, les nouveaux rêves qui se forment, sur la pointe des pieds, parce qu’on n’ose plus trop y croire et qu’on voudrait pouvoir le faire plus que tout en même temps. Il y a la vie, la mort, la douleur, la lutte, la dépression, le courage et l’amour. Il y a beaucoup de tendresse autour de toute la tristesse. Il y a le récit pudique mais précis et les dessins tendres, doux, qui disent sans forcément nous jeter l’horreur sous les yeux.

Conseiller Écumes est dès lors difficile et facile à la fois. Il ne parlera pas à tout le monde, de par son sujet spécifique, mais il pourra aider de nombreux lecteurs soit à comprendre le problème, soit à réaliser qu’ils ne sont pas seuls à traverser ce genre d’épreuve. Et c’est important.

Pour creuser, un avis sur cette BD sur Au milieu des livres.

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Coups de cœur « arc-en-ciel » 2017 des bibliothécaires : Le monde est derrière toi, Marian de Smet

le monde est derrière toi Marian de Smet Actes Sud Junior

Les histoires de road trips ont quelque chose de fascinant pour le lecteur et de libérateur pour les personnages. Sillonner les routes, avec ou sans but, perdu dans ses pensées et avec un paysage dont on découvre ou redécouvre la beauté, ça a quelque chose de magique, comme une parenthèse hors du temps. Ce type de récit offre des moments de paix dans une histoire souvent mouvementée. Dans « Le monde est derrière toi », Eppo, adolescent bientôt adulte, est parti de chez lui pour oublier, pour sortir d’un passé qui viendra pourtant le hanter régulièrement au fil des pages mais dont il refuse de parler avec Tabby, jeune fille qui le prend en stop et qui commence à parler inlassablement, peut-être pour combler le silence d’Eppo. Une amitié improbable va naître entre ces deux « fugueurs » qui décident de se rendre en France, dans le Sud si possible, avec juste une voiture et quelques euros qui partiront vite. Ils espèrent tous deux prendre un nouveau départ mais peut-on réellement fuir ses problèmes ?

Dans ce roman, Marian de Smet mélange adroitement et intelligemment présent et flashbacks pour construire un récit montant en intensité au fil des pages. Le lecteur ne peut plus quitter ces personnages auquel il s’est attaché rapidement mais dont il découvre de nouvelles facettes au fil des révélations. Il ne faut pas trop en dire pour ne rien gâcher alors je voudrais juste vous demander de me faire confiance et de vous laisser prendre par cette histoire touchante qui risque de vous bouleverser durablement. J’ai encore le cœur qui se serre rien qu’en y pensant. Attention, il faut savoir que vous n’aurez pas droit ici au traditionnel et archi-rebattu « ils fuient ensemble, tombent amoureux et tout rentre dans l’ordre/ils se la jouent Thelma et Louise ». Loin de là. Le but n’est pas de raconter une romance mais de nous faire découvrir le pourquoi du besoin d’échapper au monde que ces adolescents laissent derrière eux. Et si cette histoire est pleine d’espoir, elle est aussi également incroyablement triste.

Pour creuser, des avis sur ce livres sur takalirsa, adonews, keskonlit et melimelodelivres.

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