Les livres qui dérangent: « Libres! Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels », Ovidie et Diglee

collection Libres

De quoi ça parle?

« La seule certitude qu’il nous reste en matière de sexe : nous sommes les seules décisionnaires de ce que nous faisons de notre corps et rien ni personne ne devrait jamais nous dicter notre conduite. » Ovidie

Publicité, télévision, clips, blogs, magazines, applications, le sexe n’a jamais été aussi omniprésent dans notre environnement culturel. On en parle de plus en plus, mais en parle-t-on réellement mieux ? Au lieu de nous imposer un énième guide censé faire de nous des amantes parfaites, Ovidie et Diglee nous proposent de nous « foutre la paix » dans ce livre drôle, déculpabilisant et décomplexant.

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Pourquoi ça dérange?

Encore un livre qui, normalement, ne devrait pas déranger. Mais dans le monde duel qui est le nôtre, où il faut à la fois être très actif au niveau sexuel et ne pas parler de sexe, aborder des sujets tels que les règles, le goût du sperme ou la sodomie n’est pas de « bon ton ». Pourtant il est primordial d’arrêter d’avoir peur des mots et d’appeler un chat un chat. Ovidie fait plus, elle discute avec nous de choses qui sont encore, pour certains, malheureusement tabous.

Malheureusement d’autant plus que ce manque de discussion empêche la gente féminine de se libérer des diktats impossibles et étouffants d’une société qui la veut, selon la formule consacrée, vierge et putain à la fois. Ovidie, forte de son expérience de diplômée en philosophie, d’actrice porno, de réalisatrice de documentaires et de chroniqueuse, nous parle de ces choses et nous aide, surtout nous les femmes, à mieux comprendre comment ne plus considérer uniquement que le plaisir masculin dans l’équation à multiples inconnues que sont les relations à notre corps et au(x) corp(s) de(des) être(s) aimé(s) ou juste désiré(s).

Le tout est agrémenté d’illustrations et de planches de Diglee qui ravissent par la variété des sexualités, ethnies et corpulences représentées, avec enfin des personnages qui ressemblent à ceux que l’on croise tous les jours dans la rue (par opposition à ceux qui peuplent nos films et nos livres).

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Coups de cœur BD mars 2017 – les Culottées de Pénélope Bagieu

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Des femmes qui ont fait des choses incroyables, il y en a. Beaucoup. C’est juste qu’on n’en parle quasiment nulle part. Pénélope Bagieu a décidé de changer la chose et publie régulièrement sur un blog du journal Le Monde une petite biographie d’un personnage féminin notable. Elle s’attardera ainsi sur de personnalités aussi différentes que Nellie Bly (journaliste), Peggy Guggenheim (amoureuse de l’art moderne), Agnodice (gynécologue) ou encore Lozen (guerrière et chamane). Ces petites biographies (d’environ huit pages chacune) ont été réunies dans deux tomes intitulés « Culottées » et publiés par Gallimard. Et que vous dire… ON LES AIME! Mais vraiment, hein (au cas où les imprimés, le gras et le souligné n’auraient pas été des indices suffisants). Et beaucoup.

Pourquoi? Pour tellement de (bonnes) raisons! Ils sont drôles. Ils sont concis et pourtant ils disent tellement. Ils dénoncent sans culpabiliser. Ils sont ouverts d’esprit. Ils présentent des femmes différentes, belles, moches, minces, grosses, riches, pauvres, hétéro, bi, lesbiennes, trans (, ace? on hésite à reconnaître la chose en Lozen, on aimerait pourtant), asiatiques, indiennes d’Amérique, latines, européennes, africaines (et on en oublie). Ils sont vraiment divertissants. Et, surtout, ils ouvrent l’esprit et offrent tellement de modèles féminins admirables et édifiants que la prochaine fois que quelqu’un vous dira « oui, mais bon, tu sais, s’il n’y a pas de femmes dans les manuels d’histoire/boulots scientifiques/essais/milieux de la BD/etc., c’est qu’elles n’ont pas vraiment fait grand chose et que donc il n’y a rien à en faire, c’est comme ça« , vous pourrez lui démontrer par A+B pourquoi il a tort. PARCE QUE.

(Puis si vous les lisez, vous ferez plaisir à Sophie. Vraiment plaisir. De toute manière, elle risque de vous les mettre d’office dans les mains dès que vous franchirez le pas de la porte du Centre de Lecture, alors autant gagner du temps et les lui demander tout de suite, non? Non?)