Semaine #BlackLivesMatter: les essais

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Nous débutons cette semaine #BlackLivesMatter avec des essais qui permettront de mieux comprendre ce mouvement mais aussi et surtout ce qu’est le racisme structurel et pourquoi la question du racisme va bien au-delà de l’habituel et erroné « mais j’ai un ami noir donc je ne suis pas raciste! ». Et pour ce faire, nous pensons que le livre de Reni Eddo-Lodge est une très bonne porte d’entrée dans l’explication du pourquoi, du comment et du « que faire alors? » autour de ce sujet.

BLM essais 01 le racisme est un problème de blancs

Le racisme est un problème de blancs, Reni Eddo-Lodge

 

De quoi ça parle?

«Quand des Blancs feuillettent un magazine, surfent sur Internet ou zappent à la télévision, il ne leur semble jamais étrange de voir des gens qui leur ressemblent en position d’autorité. Les affirmations positives de la blanchité sont tellement répandues que le Blanc moyen ne les remarque même pas. Être blanc, c’est être humain ; être blanc, c’est universel. Je ne le sais que trop, car je ne suis pas blanche.»

Après l’élection de Barack Obama, certains ont proclamé l’avènement d’une société post-raciale. Avec une liberté de ton décapante, Reni Eddo-Lodge montre ici combien nous en sommes loin. Elle analyse les méfaits d’un racisme structurel persistant d’autant plus sournois qu’il avance masqué. Car le racisme va bien au-delà de la discrimination ou de l’injure personnelle. Il imprègne le récit historique, l’imaginaire collectif, les institutions et les entreprises.

Pourquoi les Blancs pensent-ils ne pas avoir d’identité raciale? Pourquoi la simple idée d’un James Bond noir fait-elle scandale? Comment une fillette noire en vient-elle à se persuader qu’en grandissant, elle deviendra blanche? Le racisme n’est pas une question de valeur morale, mais d’exercice du pouvoir. Entretenir la légende d’une égalité universelle n’aide en rien. Au contraire. Car, pour déconstruire le racisme, il faut commencer par reconnaître l’étendue du privilège blanc.

Pourquoi le lire?

Reni Eddo-Lodge explique ici clairement et, surtout, efficacement, les racines du racisme, l’histoire colonialiste anglaise dont on parle rarement et, en partant de là, elle met en avant les mécaniques du racisme structurel et la manière dont celui-ci est ancré dans notre société et dans nos habitudes. Cet essai qui refuse d’être consensuel permet de comprendre, de remettre en question et de voir autrement la question des privilèges blancs.

S’il n’y avait qu’un livre à conseiller cette semaine, ce serait celui-ci pour moi et c’est pour cela qu’il ouvre la danse. Il m’a permis de comprendre beaucoup de choses qui étaient surtout théoriques à mes yeux et m’a offert plusieurs claques nécessaires qui ont définitivement changé ma manière de percevoir et de comprendre le racisme, ses mécanismes et sa perpétuation. A découvrir absolument.

 

Nous vous conseillons aussi:

BLM jour 1 les autres essais

La prochaine fois, le feu, James Baldwin

En dépit des bouleversements psychologiques et sociaux qu’il exige, cet ouvrage ne veut que proposer la solution de bon sens au problème de la place des Noirs dans la société américaine. Malgré le ton parfois menaçant, malgré la satire souvent mordante, La prochaine fois, le feu est avant tout un appel à la modération, une ultime tentative de compromis (en 1963) entre les extrémistes des deux bords aveuglés par la passion.
Tant par l’actualité des phénomènes dont il présente l’analyse irréfutable que par le mélange de douleur contenue et d’ironie cinglante qui lui donne ce ton si particulier, ce témoignage ne manquera pas d’attirer l’attention du lecteur qui en retiendra les qualités littéraires autant que l’importance politique.

 

Une colère noire, Ta-Nehisi Coates

Voilà ce qu’il faut que tu saches : en Amérique, la destruction du corps noir est une tradition ? un héritage.

Je ne voudrais pas que tu te couches dans un rêve. Je voudrais que tu sois un citoyen de ce monde beau et terrible à la fois, un citoyen conscient. J’ai décidé de ne rien te cacher. Je me suis demandé qui remplirait le vide intellectuel après la mort de James Baldwin.

Sans aucun doute, c’est Ta-Nehisi Coates?

 

Moi, raciste? Jamais! Scènes de racisme ordinaire, Rokhaya Diallo et Virginie Sassoon

« Une soirée animée entre amis. A un moment, l’un d’eux me glisse : Tu sais j’aime pas les Arabes mais toi c’est différent !? »

« Quand je dis mon lieu de naissance, on me répond par : Non, mais avant ? Avant quoi ? Et me voilà embarquée dans un interrogatoire policier sur mon arbre généalogique. On peut être française ET de couleur !

« Un jour, une copine veut être rassurante et me balance : Tu sais, tu es beau pour un Noir. »

« D’habitude les gens me demandent mes origines en précisant que j’ai un léger accent charmant. Presque chaque fois que je réponds « je suis roumaine », je vois leur sourire se transformer en une sorte de déception indignée. « 

Le racisme ordinaire s’exprime tous les jours, de manière consciente ou inconsciente, par un trait d’humour maladroit, une question anodine ou une petite phrase en apparence bienveillante. Bien plus difficile à identifier et à dénoncer qu’une insulte ou une agression physique, il constitue pourtant une violence quotidienne pour des millions de Français.Des femmes et des hommes, de tous âges et tous horizons, racontent ici ces mots qui font mal, ces humiliations quotidiennes, ces gestes ou plaisanteries qui deviennent insupportables. La mise en lumière de ces témoignages bruts et anonymes dessine une radiographie du racisme ordinaire en France et rappelle l’urgence et la nécessité de ce combat.Pour apprendre, comprendre et avancer ensemble.

 

L’origine des autres, Toni Morrison

Dans un recueil de textes préfacé par Ta-Nehisi Coates, le prix Nobel, Toni Morrison revient sur les thèmes qui imprègnent son travail et dominent de plus en plus clairement la politique nationale et mondiale : la « race », la peur, les frontières, le mouvement de masse des populations, le désir d’appartenance. Qu’est-ce que la « race » et pourquoi est-ce si important ? Qu’est-ce qui motive la tendance de l’être humain à créer les Autres ? Pourquoi la présence de ces Autres nous fait-elle si peur ? Dans le cadre d’interventions à Harvard, faisant partie de la série des prestigieuses conférences « Norton Lectures », Toni Morrison réfléchit à ces questions – ainsi qu’à d’autres questions vitales – au sujet de l’identité. Dans sa quête de réponses, l’auteur se replonge dans ses propres souvenirs mais également dans l’histoire, la politique, et surtout la littérature qui joue un rôle important – notamment la littérature de William Faulkner, Flannery O’Connor et Joseph Conrad – dans la notion de « race » aux États-Unis, que ce soit de manière positive ou négative. L’auteur s’intéresse à ce que signifie être noir, à la notion de pureté des « races » et à la façon dont la littérature utilise la couleur de peau pour décrire un personnage ou faire avancer un récit. Élargissant la portée de son discours, Toni Morrison étudie également la mondialisation et le déplacement des populations à notre époque.

Les livres qui dérangent: « Le racisme est un problème de blancs », Reni Eddo-Lodge

livres qui dérangent 01 le racisme est un problème de blancs eddo-lodge

De quoi ça parle?

«Quand des Blancs feuillettent un magazine, surfent sur Internet ou zappent à la télévision, il ne leur semble jamais étrange de voir des gens qui leur ressemblent en position d’autorité. Les affirmations positives de la blanchité sont tellement répandues que le Blanc moyen ne les remarque même pas. Être blanc, c’est être humain ; être blanc, c’est universel. Je ne le sais que trop, car je ne suis pas blanche.»

Après l’élection de Barack Obama, certains ont proclamé l’avènement d’une société post-raciale. Avec une liberté de ton décapante, Reni Eddo-Lodge montre ici combien nous en sommes loin. Elle analyse les méfaits d’un racisme structurel persistant d’autant plus sournois qu’il avance masqué. Car le racisme va bien au-delà de la discrimination ou de l’injure personnelle. Il imprègne le récit historique, l’imaginaire collectif, les institutions et les entreprises.
Pourquoi les Blancs pensent-ils ne pas avoir d’identité raciale? Pourquoi la simple idée d’un James Bond noir fait-elle scandale? Comment une fillette noire en vient-elle à se persuader qu’en grandissant, elle deviendra blanche? Le racisme n’est pas une question de valeur morale, mais d’exercice du pouvoir. Entretenir la légende d’une égalité universelle n’aide en rien. Au contraire. Car, pour déconstruire le racisme, il faut commencer par reconnaître l’étendue du privilège blanc.

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Pourquoi ça dérange?

En fait, « Le racisme est un problème de blancs » ne dérangera que les blancs, et c’est tant mieux. Ce livre bouleverse et bouge de façon irrémédiable les repères, amenant ceux qui ne sont pas victimes du racisme à le voir différemment et à mieux le comprendre. C’est à mettre entre toutes les mains, ça dérangera beaucoup, certains trouveront même son propos insupportable et exagéré, mais ce livre ne laissera personne indifférent.

 

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