Coup de cœur des bibliothécaires : spécial BD 3/6 : Daytripper, Fábio Moon & Gabriel Bá

BD 03 Daytripper

Brás de Oliva Domingos aimerait être écrivain. En attendant, il rédige les rubriques nécrologiques du journal pour lequel il travaille. Il rêve à son futur mais rate son présent à cause de cela. Comment faire pour s’inscrire dans l’instant? Comment profiter de la vie? En mourant peut-être. Encore et encore…

« Daytripper » commence comme une histoire « normale », commune. Un homme, des rêves, des peurs. Et puis une mort. Et nous retrouvons le même homme dans le chapitre suivant, à un autre moment de sa vie. Et de sa mort. Car le personnage principal de cette histoire va mourir à chaque fin de chapitre. Bizarre? Pas tant que cela si l’on prend cette mort pour ce qu’elle est, une métaphore, une aide à mieux appréhender la vie.

Fábio Moon et Gabriel Bá nous livrent ici une histoire d’une tendresse et d’une justesse incroyables, un récit attachant, pertinent et tellement fort qu’il ne vous quittera plus jamais (croyez-moi, quatre ans après l’avoir lue, je suis encore émue rien qu’en pensant à cette BD). « Daytripper » est la preuve de la beauté de l’écriture littéraire de bande dessinée et le livre à mettre dans les mains de ceux qui clament ne pas comprendre l’intérêt de lire des histoires en images…

 

Coup de cœur des bibliothécaires : spécial BD 2/6 : Sandman, Neil Gaiman

 

BD 01 Sandman

Si Neil Gaiman est maintenant connu pour être l’auteur de quelques chefs-d’œuvre de la littérature jeunesse ou de genre (entre autres pour « Stardust » et « Coraline », tous deux adaptés au cinéma), il s’est avant tout fait un nom (et quel nom) dans le milieu de la BD en nous offrant quelques merveilles comme « Signal/Bruit », « Mr Punch » ou « Violent Cases » mais, surtout, en écrivant cette série devenue culte, voire même fondatrice d’une nouvelle manière de faire des comics, je nomme « Sandman ».

Sandman, c’est Morpheus, Dream (Rêve) de son nom d’Éternel. Il est le frère de Death (Mort), Despair (Désespoir), Delirium (Délire), Destruction (Destruction donc), Desire (Désir) et Destiny (Destin). Morpheus est donc une divinité venant d’une famille bien spéciale. L’histoire débute alors qu’il a été capturé. Mais qui peut retenir un dieu? Morpheus apprendra de nombreuses choses sur lui-même et sur sa famille lors de cette perte de liberté. Il devra accepter le changement qui s’annonce…

« Sandman », c’est une histoire étrange, troublante, qui n’hésite pas à se perdre dans une forme d’onirisme poétique. « Sandman », c’est surtout une narration impressionnante qui emmène le lecteur dans un monde familier et pourtant tellement étrange. La série ayant débuté vers la fin des années 80, le style des illustrations est fort marqué par les influences de l’époque et peut être parfois un peu difficile à apprécier (j’avoue que ça a failli freiner ma lecture plusieurs fois) mais l’on finit par s’habituer à la chose, qui de toute manière s’améliore au fil des tomes. Et ce serait dommage de passer à côté de ce monstre de la littérature bédéesque mais, surtout, de cette histoire incroyable (bientôt adaptée au cinéma d’ailleurs).

Alors venez vous plonger dans le monde des rêves et découvrez ce que les Éternels préparent pour nous, pauvres humains…

Coup de cœur des bibliothécaires : spécial BD 1/6 : Transmetropolitan, Warren Ellis & Darick Robertson

BD 02 Transmetropolitan

« Transmetropolitan » est de ces séries absolument essentielles qui font peur de prime abord (par l’abondance graphique, par le côté provoc, par le genre peut-être) mais dont la lecture bouleverse votre univers et redéfinit votre vision du monde.

Spider Jerusalem, journaliste gonzo qui n’a pas la langue dans la poche, retourne à la civilisation après des années d’exil. Il retrouve un monde pourri, bouffé par la corruption, l’argent et la peur, dans lequel la politique, la religion et la télévision font la loi. Il va s’attaquer à ces piliers et tenter d’ouvrir les yeux de ses contemporains.

« Transmetropolitan » se déroule dans un futur qui ressemble de plus en plus à notre présent (rendant dès lors sa lecture encore plus nécessaire). Le scénariste, Warren Ellis, fait de la fausse provocation pour s’adonner à de réelles dénonciations des travers de notre société actuelle. Et son personnage iconique, Spider Jérusalem, se révèle être un faux salaud, un gentil au sens aigu de la justice qui cache sa droiture sous des allures brutes de décoffrage. Son cynisme et son humour font souvent mouche et ses combats méritent d’être lus, vécus et reproduits.

Le premier tome de cette série intelligente, drôle, effrayante et importante est disponible dès à présent au Centre de Lecture. Nous retrouverons peut-être un peu foi en l’humanité si cet exemplaire passe son temps hors de nos murs, dans vos mains…