Semaine #BlackLivesMatter: romans de SFFF

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Pour terminer cette semaine consacrée aux auteurs noirs dans le cadre de #BlackLivesMatter, nous avons voulu nous pencher sur la SFFF (c’est-à-dire la science-fiction, le fantastique et la fantasy), tout simplement parce que Sophie est très cliente de la chose et a voulu mettre en avant des titres qui lui ont beaucoup plu dernièrement (plus un qu’elle n’a pas encore lu mais qui a eu beaucoup de succès, au point que ce représentant de l’afrofuturisme va peut-être bientôt être adapté par HBO – quand une trilogie de l’autrice dont il sera question est elle-même adaptée en série par Hulu pour l’instant). Et dans ces romans de SFFF, nous allons mettre en évidence « Lincivilité des fantômes » de Rivers Solomon.

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L’incivilité des fantômes, Rivers Solomon

De quoi ça parle?

Aster est une jeune femme que son caractère bien trempé expose à l’hostilité des autres. Son monde est dur et cruel. Pourtant, elle se bat, existe, et aide autant qu’elle le peut, avec son intelligence peu commune, ceux et celles qu’elle peut aider. Mais un jour, un type la prend en grippe. Et Aster comprend qu’elle ne peut plus raser les murs, et qu’il lui faut se tenir grande. Sa rébellion est d’autant plus spectaculaire qu’elle est noire, dans un vaisseau spatial qui emmène les derniers survivants de l’humanité vers un éventuel Eden, un vaisseau où les riches blancs ont réduit en esclavage les personnes de couleur. Un premier roman qui prend pour prétexte la science-fiction pour inventer un microcosme de l’Amérique, et de tous les maux qui la hantent, tels des fantômes.

Pourquoi ce livre?

« L’incivilité des fantômes » est un roman très facile à lire et à aimer qui emporte tout de suite. On y suit un personnage fort, décidé, épris de justice et d’une curiosité qui l’emmènera dans des aventures intrigantes. Avec, en sus, une critique politique et sociétale des plus savoureuses.

C’est un roman qui pourra déjà plaire aux ados et qui ravira les adultes cherchant un divertissement intelligent qui fait voyager (dans l’espace) tout en amenant à réfléchir au monde qui nous entoure. Que demander de plus?

 

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Lumières noires, N.K. Jemisin

À La Nouvelle-Orléans, des dragons hantent les rues inondées après le passage de Katrina ; dans les États esclavagistes du Sud, une mère noire tente de sauver sa fille d’impossibles promesses ; tandis que, dans cette autre réalité, les monstres et les héros créés par l’humanité survivent à la mort de celle-ci, mais pour combien de temps encore, et dans quel but ?
Recueil de nouvelles sombres et engagées, Lumières noires donne à voir notre société contemporaine à travers le prisme d’une myriade de miroirs déformants mais terriblement réels.

 

Les meurtres de Molly Southbourne, Tade Thompson

Molly est frappée par la pire des malédictions. Aussi les règles sont-elles simples, et ses parents les lui assènent depuis son plus jeune âge.
Si tu vois une fille qui te ressemble, cours et bas-toi.
Ne saigne pas.
Si tu saignes, une compresse, le feu, du détergent.
Si tu trouves un trou, va chercher tes parents.

Molly se les récite souvent. Quand elle s’ennuie, elle se surprend à les répéter sans l’avoir voulu… Et si elle ignore d’où lui vient cette terrible affliction, elle n’en connaît en revanche que trop le prix. Celui du sang.

 

Moi, Peter Pan, Michael Roch

Au Pays Imaginaire, les enfants perdus ont la tête pleine de poux et le ventre fourmillant d’angoisse. Peter, Comte des grimaces et des jeux de Gros-mots, répand sa parole philosophique pour rassurer sa tribu, mais lui aussi est rongé par la tristesse et les doutes depuis le départ de Wendy. Seul face à lui-même, il va devoir affronter sa peur de grandir.

Moi, Peter Pan est un roman contemplatif, onirique et d’une poésie saisissante à lire en empruntant le chemin vers la deuxième étoile à droite avant de filer tout droit jusqu’au matin…

 

Qui a peur de la mort, Nnedi Okorafor

// Prix Lucioles Imaginaire 2017 \\
// World Fantasy Award \\
// Prix Imaginales\\

Dans une Afrique post-apocalyptique, la guerre continue de faire rage. Enfant du viol, rejetée par les siens du fait de sa peau et ses cheveux couleur de sable, Onyesonwu porte en elle autant de colère que d’espoir. Seule sa mère ne semble pas étonnée lorsqu’elle se met à développer les prémices d’une magie unique et puissante.

Lors de l’un de ses voyages dans le monde des esprits, elle se rend compte qu’une terrible force cherche à lui nuire. Pour en triompher, elle devra affronter son destin, sa nature, la tradition et comprendre enfin le nom que sa mère lui a donné : Qui a peur de la mort?

 

 

Semaine #BlackLivesMatter: romans de littérature générale

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On continue notre semaine #BlackLives Matter en nous penchant aujourd’hui sur des romans écrits par des auteurs noirs. Le choix était plus vaste que dans les autres catégories donc nous avons décidé de nous pencher sur des préoccupations liées au mouvement « Black Lives Matter », avec aussi une petite incursion dans le « Pride Month » (mois des fiertés) parce qu’une lutte ne chasse pas pour autant l’autre. Nous voulions mettre l’accent sur une autrice on ne peut plus évidente, Toni Morrison, mais dont le livre en dont nous parlerons, « Home », a été un vrai coup de poing douloureux et marquant.

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Home, Toni Morrison

De quoi ça parle?

La guerre de Corée vient à peine de se terminer, et le jeune soldat Frank Money rentre aux États-Unis, traumatisé, en proie à une rage terrible qui s’exprime aussi bien physiquement que par des crises d’angoisse.
Il est incapable de maintenir une quelconque relation avec sa fiancée rencontrée à son retour du front et un appel au secours de sa jeune sœur va le lancer sur les routes américaines pour une traversée transatlantique de Seattle à Atlanta, dans sa Géorgie natale.
Il doit absolument rejoindre Atlanta et retrouver sa sœur, très gravement malade. Il va tout mettre en œuvre pour la ramener dans la petite ville de Lotus, où ils ont passé leur enfance.
Lieu tout autant fantasmé que détesté, Lotus cristallise les démons de Frank, de sa famille. Un rapport de haine et d’amour, de rancœur pour cette ville qu’il a toujours voulu quitter et où il doit revenir.

Ce voyage à travers les États-Unis pousse Frank Money à se replonger dans les souvenirs de son enfance et dans le traumatisme de la guerre ; plus il se rapproche de son but, plus il (re)découvre qui il est, mieux il apprend à laisser derrière lui les horreurs de la guerre afin de se reconstruire et d’aider sa sœur à faire de même.

Pourquoi ce livre?

« Home » est un très court roman qui peut se lire d’une traite si on en a le courage.  Brouillant les pistes et la temporalité, il va se construire autour de souvenirs et des conséquences des atrocités passées. Il nous révélera des détails sombres et horribles du racisme en Amérique et dans le milieu médical mais nous parlera aussi de la guerre et de ses séquelles.

C’est bref, intense, bouleversant, atroce et pourtant d’une beauté pure. Un bon moyen de découvrir l’autrice nobélisée.

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No Home, Yaa Gyasi

Un voyage époustouflant dans trois siècles d’histoire du peuple africain.

Maama, esclave Ashanti, s’enfuit de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle épouse un Ashanti, et donne naissance à une autre fille, Esi. Ainsi commence l’histoire de ces deux demi-sœurs, Effia et Esi, nées dans deux villages du Ghana à l’époque du commerce triangulaire au XVIIIe siècle. Effia épouse un Anglais et mène une existence confortable dans le fort de Cape Coast, sans savoir que Esi, qu’elle n’a jamais connue, est emprisonnée dans les cachots du fort, vendue avec des centaines d’autres victimes d’un commerce d’esclaves florissant avant d’être expédiée en Amérique où ses enfants et petits-enfants seront eux aussi esclaves. Grâce à un collier transmis de génération en génération, l’histoire se tisse d’un chapitre à l’autre : un fil suit les descendants d’Effia au Ghana à travers les siècles, l’autre suit Esi et ses enfants en Amérique.

En Afrique comme en Amérique, No Home saisit et traduit, avec une étonnante immédiateté, combien la mémoire de la captivité est restée inscrite dans l’âme d’une nation. Navigant avec talent entre histoire et fiction, nuit et lumière, avec une plume qui varie d’un continent à l’autre, d’une société à une autre, d’une génération à la suivante, Yaa Gyasi écrit le destin de l’individu pris dans les mouvements destructeurs du temps, offrant une galerie de personnages aux fortes personnalités dont les vies ont été façonnées par la loi du destin.

 

Si Beale Street pouvait parler, James Baldwin

Si Beale Street pouvait parler, elle raconterait à peu près ceci : Tish, dix-neuf ans, est amoureuse de Fonny, un jeune sculpteur noir. Elle est enceinte et ils sont bien décidés à se marier. Mais Fonny, accusé d’avoir violé une jeune Porto-Ricaine, est jeté en prison. Les deux familles se mettent alors en campagne, à la recherche de preuves qui le disculperont. Pendant ce temps, Tish et Fonny ne peuvent qu’attendre, portés par leur amour, un amour qui transcende le désespoir, la colère et la haine.Ce roman charmant, malgré sa violence pas toujours contenue, a le goût doux-amer des blues tant aimés de James Baldwin qui se montre ici égal à son prodigieux talent.Né à Harlem en 1923, mort à Saint-Paul-de-Vence en 1986, James Baldwin a laissé une oeuvre considérable de romancier mais aussi de grand polémiste, dont les Editions Stock ont publié Chassés de la lumière, Meurtres à Atlanta et cet inoubliable chef-d’oeuvre qu’est Harlem quarter.

 

Americanah, Chimamanda Ngozi Adichier

«En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire.»

Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique qui compte bien la rejoindre.
Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés?
Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux États-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria.
À la fois drôle et grave, doux mélange de lumière et d’ombre, Americanah est une magnifique histoire d’amour, de soi d’abord mais également des autres, ou d’un autre. De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et les clichés sur la race ou le statut d’immigrant, et parcourt trois continents d’un pas vif et puissant.

 

De purs hommes, Mohamed Mbougar Sarr

Bouleversant, ce roman francophone africain est le premier à aborder de manière frontale la question explosive de l’homosexualité sur le continent
Tout part d’une vidéo virale, au Sénégal. On y voit comment le cadavre d’un homme est déterré, puis traîné hors d’un cimetière par une foule. Dès qu’il la visionne, naît chez Ndéné Gueye, jeune professeur de lettres déçu par l’enseignement et fatigué de l’hypocrisie morale de sa société, un intérêt, voire une obsession, pour cet événement. Qui était cet homme ? Pourquoi a-t-on exhumé son corps ? À ces questions, une seule réponse : c’était un góor-jigéen, disait-on, un  » homme-femme « . Autrement dit, un homosexuel.
Ndéné se met à la recherche du passé de cet homme, et va même rencontrer sa mère. Autour de lui, dans le milieu universitaire comme au sein de sa propre famille, les suspicions et les rumeurs naissent, qui le déstabilisent, au point de troubler sa relation avec son amie Rama dont il est fortement amoureux, Rama à la bouche généreuse et à la chevelure mystérieuse…
D’une écriture fiévreuse, Mohamed Mbougar Sarr signe ici un roman bouleversant sur la seule grande question qui vaille aux yeux de son héros : comment trouver le courage d’être pleinement soi, sans se trahir ni se mentir, et quel qu’en soit le prix ?

 

 

Semaine #BlackLivesMatter: jeunesse

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Après les essais, explorons l’univers des histoires racontées par des auteurs noirs. Aujourd’hui, nous nous pencherons sur l’univers jeunesse, tous âges confondus, avec une mise en avant d’un énorme coup de cœur très récent qu’on a envie de mettre entre les mains de tous les enfants (et des plus grands aussi), « Julian est une sirène ».

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Julian est une sirène, Jessica Love

De quoi ça parle?

Julian est avec Mamita, sa grand-mère. Leur métro s’arrête et des sirènes montent à bord. Julian adore les sirènes. «Moi aussi, je suis une sirène», dit-il. Une fois seul, il s’apprête, couronne sa tête de longues feuilles vertes qu’il orne de fleurs colorées, noue un long rideau crème à sa taille. Il est prêt. Mamita et lui partent main dans la main vers la parade.

Pourquoi le lire?

Cet album jeunesse accessible dès trois ans est tout simplement parfait. Les dessins sont superbes, l’histoire est aussi adorable qu’ouverte d’esprit et l’écriture est à la fois poétique et drôle. C’est rare de rencontrer un livre pour plus petits aussi parfait. On le conseille à tout le monde!

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The Hate U Give, Angie Thomas

Un roman coup de poing sur la question universelle du racisme et des violences policières !

Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d’enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s’embrase, tandis que la police cherche à enterrer l’affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu’elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère ; et à redresser la tête.

 

Frisettes en fête, bell hooks & Chris Raschka

Quand on a les cheveux frisés, ça fait des nœuds, ça tire, ça fait mal ! Et puis, les princesses de contes de fées ont toujours les cheveux longs et raides…mais tristes ! Les petites nanas de Chris Raschka, elles, sont mignonnes à croquer, elles aiment s’amuser et, par-dessus tout elles ont des bouclettes et des idées de fêtes plein la tête. Leurs cheveux, elles en ont fait un jeu et les transforment à volonté. Nattes, tortillons, locks, macarons, cheveux courts, cheveux longs… Les frisettes, c’est vraiment chouette ! Une galerie de portraits plus vivants et attachants les uns que les autres. Un coup de pinceau très personnel mariant couleurs vives et pastel. Des dessins tout en rondeur et douceur, du mouvement suggéré par un trait de crayon sobre mais efficace. Le texte se lit comme une petite chanson accompagnant des illustrations qui ondulent et pétillent au rythme des pages et des cheveux des fillettes dans un univers de joie de vivre et de fête.

 

Comme un Million de Papillons Noirs, Laura Nsafou & Barbara Brun

Adé adore les éclairs au chocolat, les papillons et poser des questions.
Elle a aussi de magnifiques cheveux mais ses camarades d’école s’en moquent, simplement parce qu’ils sont différents.
En compagnie de sa mère et ses tantes, elle va heureusement découvrir en douceur la beauté des papillons endormis sur sa tête, jusqu’à leur envol final.

 

Maya Angelou (Les Grandes Vies), Danielle Jawando

Maya Angelou a grandi aux États-Unis à l’époque de la ségrégation. À l’âge de 16 ans, elle devient la première femme noire contrôleuse de tramway. Plus tard, elle abandonne une carrière prometteuse de chanteuse/danseuse, pour écrire des poèmes, des nouvelles, des romans, des pièces de théâtre et des autobiographies. Elle est l’auteure du célèbre «Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage», véritable hymne à la liberté. Elle s’est battue auprès de Vuzumi Make, Malcolm X et Martin Luther King Jr. contre la ségragation raciale dans le monde entier. Ayant pris conscience du pouvoir des mots, elle met ses talents d’écrivain et d’oratrice pour lutter pour l’égalité des droits civiques entre les Noirs et les Blancs.

Suivez le récit de son incroyable parcours depuis l’épicerie de sa grand-mère jusqu’à sa rencontre avec Barack Obama.

 

 

 

Semaine #BlackLivesMatter: le féminisme intersectionnel

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Après avoir parlé des essais pour cette semaine #BlacLivesMatter, nous allons nous pencher sur le cas particulier des essais concernant le féminisme intersectionnel. Mais que veut dire ce terme? Le féminisme tel que nous le connaissons le plus souvent a échoué à tenir compte du fait que les femmes vivent des situations et des oppressions différentes selon qu’elles sont pauvres, lesbiennes, trans ou encore d’une autre couleur que blanche. Celui-ci s’est surtout intéressé aux femmes blanches, cisgenres (c’est à dire dont le sexe assigné à la naissance correspond au genre ressenti par la personne) et hétérosexuelles provenant d’un milieu le plus souvent bourgeois. Les luttes de ce féminisme ne tiennent pas compte de ce que c’est qu’être une femme noire, une femme pauvre, une femme trans, etc. Le féminisme intersectionnel veut prendre en compte ces différentes réalités et les inclure dans la recherche de l’égalité entre tous. Et les femmes noires ont poussé la réflexion bien plus loin sur cette intersectionnalité. Nous vous proposons ici de découvrir quelques essais qui s’intéressent à la question, avec une mise en avant de « De la marge au centre » de bell hooks, une activiste féministe dont les livres ont eu un grand impact et restent encore aujourd’hui des références en la matière.

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De la marge au centre: théorie féministe, bell hooks

 

De quoi ça parle?

Avec De la marge au centre, son deuxième essai paru aux États-Unis en 1984, bell hooks poursuit la réflexion initiée dans Ne suis-je pas une femme ?
Étudiant les succès et les manquements des mouvements féministes qui ont traversé le XXe siècle, elle constate l’échec de la création d’un féminisme de masse qui s’adresserait à toutes.
Elle s’attache ainsi, dans un style toujours accessible, à bouleverser les représentations habituelles de la pensée féministe majoritaire en plaçant au centre de sa réflexion les femmes noires et/ou des milieux populaires, insistant sur le besoin profond d’une approche révolutionnaire de ces questionnements.
Cet ouvrage percutant a imposé bell hooks comme l’une des voix les plus influentes et stimulantes de la scène féministe.

Pourquoi le lire?

bell hooks est une autrice qui sait comment faire passer un message sans l’alourdir d’académisme qui en empêcherait l’accessibilité à un plus grand public. De la marge au centre est un essai aussi agréable à lire que compréhensible et il démontre aisément l’intérêt et la nécessité de l’intersectionnalité dans le féminisme. bell hooks explique le racisme du féminisme mainstream sans pour autant accuser, elle permet à ses lecteurs de percevoir les choses différemment et leur explique comment les améliorer.

Cet essai datant de 1984 est d’une actualité incroyable et devrait être mis entre toutes les mains car il explique aussi bien la nécessité du féminisme que le besoin de celui-ci de considérer TOUTES les situations et TOUS les cas d’oppression en sortant du cadre assez fermé dans lequel il se tient depuis trop de temps. C’est triste de voir que 26 ans après, c’est un message qui doit encore et encore être répété car il est très loin d’être assimilé. En illustration, par exemple, le triste cas de J.K. Rowling qui, encore récemment, a clamé un féminisme exclusif des femmes trans des plus déplorables.

Je termine sur quelques extraits à méditer:

« Souvent, dans des situations où des féministes blanches attaquaient agressivement des femmes noires, elles se considéraient elles-mêmes agressées, elles se voyaient elles-mêmes comme les victimes. Au cours d’une discussion animée avec une autre étudiante blanche dans un groupe de femmes racialement mixte que j’avais rassemblé, elle m’a dit qu’elle avait eu vent de comment j’avais « ruiné » les gens dans mon cours de théorie féministe, et qu’elle avait peur d’être « anéantie » à son tour. Je lui ai rappelé que j’avais été toute seule à parler face à un grand groupe de personnes énervées et agressives, et que j’avais difficilement dominé la situation. C’était moi qui avais quitté la classe en pleurs, et aucune des personnes que j’avais soi-disant « anéantie ». » (p. 81)

« A partir du moment où les hommes ne sont pas égaux entre eux au sein d’une structure de classe patriarcale, capitaliste et suprémaciste blanche, de quels hommes les femmes veulent-elles être les égales? Dans cette définition simpliste du mouvement de libération des femmes, il y a une négation implicite de la race et de la classe qui, en addition au séisme, constituent des facteurs qui déterminent l’étendue avec laquelle un.e individu.e va être discriminé.e, exploité.e ou opprimé.e. » (p. 86)

 

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Ne suis-je pas une femme?, bell hooks

« Ne suis-je pas une femme ? », telle est la question que Sojourner Truth, ancienne esclave, lança en 1851 lors d’un discours célèbre, interpellant féministes et abolitionnistes sur les diverses oppressions subies par les femmes noires : oppressions de classe, de race, de sexe.
Héritière de ce geste, bell hooks décrit dans ce livre paru en 1981 aux États-Unis les processus de marginalisation des femmes noires. Elle livre une critique sans concession des féminismes blancs, des mouvements noirs de ­libération, et de leur difficulté à prendre en compte les oppressions croisées.
Un livre majeur du « Black Feminism », un outil ­nécessaire pour tou·te·s à l’heure où, en France, une nouvelle génération d’Afroféministes prend la parole.

 

Bad Feminist, Roxane Gay

Bad Feminist. Derrière ce titre ironique, Roxane Gay développe une réflexion révolutionnaire et bienvenue sur l’état actuel du féminisme. Lassée des prises de position parfois trop clivantes de certaines organisations féministes, et fatiguée d’entendre des femmes dire qu’elles ne sont pas féministes, elle rappelle que la défense de l’égalité des sexes ne dispense pas d’assumer ses contradictions : on peut aimer la télé-réalité, se peindre les ongles en rose et revendiquer le fait d’être féministe. Bad Feminist regroupe ses chroniques initialement publiées dans The Guardian et sur le site The Rumpus. Roxane Gay y parle de culture, de race, de sexe et de genres, de stéréotypes sur l’amitié féminine, en se fondant sur sa propre histoire de femme noire dans l’Amérique contemporaine. Le portrait qui émerge en filigrane est celui d’une femme au regard d’une incroyable justesse, aussi bien sur elle-même que sur notre société. Une société dans laquelle les produits culturels que nous consommons entretiennent bon nombre de stéréotypes qui finissent par nous définir. Après avoir lu Bad Feminist, vous ne verrez plus les femmes, ni le monde, de la même façon.

 

Nous sommes tous des féministes, Chimamanda Ngozi Adichie

«Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j’aimerais aujourd’hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement

Chimamanda Ngozi Adichie aborde le sujet controversé du féminisme avec lucidité, éloquence et humour.

 

Chroniques sur le féminisme noir, Djamila Ribeiro

Racisme et machisme à la télévision, métisses et carnaval, Serena Williams, féminisme, quotas raciaux, mobilisation sur les réseaux sociaux, blackface… Rien n’échappe au regard aiguisé de la philosophe, féministe et activiste Djamila Ribeiro.

Dans ces chroniques originellement publiées dans la presse, Djamila Ribeiro réagit à chaud sur des situations du quotidien, à partir desquelles elle aborde des concepts comme le patriarcat, les droits LGBT+, l’autonomisation des femmes, et évoque des auteures de référence pour le féminisme comme Angela Davis ou Simone de Beauvoir.

Parce que l’exemple brésilien nous aide aussi à penser la situation française, son regard critique est plus que jamais nécessaire.

Djamila Ribeiro, maître en philosophie politique, est la référence du mouvement féministe noir, antiraciste, pro-LGBT et antimachiste au Brésil. Chroniqueuse pour la presse papier et TV, elle donne aussi des conférences dans le monde entier. Avec un demi-million de suiveurs sur les réseaux sociaux, c’est une activiste de poids.

 

Semaine #BlackLivesMatter: les essais

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Nous débutons cette semaine #BlackLivesMatter avec des essais qui permettront de mieux comprendre ce mouvement mais aussi et surtout ce qu’est le racisme structurel et pourquoi la question du racisme va bien au-delà de l’habituel et erroné « mais j’ai un ami noir donc je ne suis pas raciste! ». Et pour ce faire, nous pensons que le livre de Reni Eddo-Lodge est une très bonne porte d’entrée dans l’explication du pourquoi, du comment et du « que faire alors? » autour de ce sujet.

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Le racisme est un problème de blancs, Reni Eddo-Lodge

 

De quoi ça parle?

«Quand des Blancs feuillettent un magazine, surfent sur Internet ou zappent à la télévision, il ne leur semble jamais étrange de voir des gens qui leur ressemblent en position d’autorité. Les affirmations positives de la blanchité sont tellement répandues que le Blanc moyen ne les remarque même pas. Être blanc, c’est être humain ; être blanc, c’est universel. Je ne le sais que trop, car je ne suis pas blanche.»

Après l’élection de Barack Obama, certains ont proclamé l’avènement d’une société post-raciale. Avec une liberté de ton décapante, Reni Eddo-Lodge montre ici combien nous en sommes loin. Elle analyse les méfaits d’un racisme structurel persistant d’autant plus sournois qu’il avance masqué. Car le racisme va bien au-delà de la discrimination ou de l’injure personnelle. Il imprègne le récit historique, l’imaginaire collectif, les institutions et les entreprises.

Pourquoi les Blancs pensent-ils ne pas avoir d’identité raciale? Pourquoi la simple idée d’un James Bond noir fait-elle scandale? Comment une fillette noire en vient-elle à se persuader qu’en grandissant, elle deviendra blanche? Le racisme n’est pas une question de valeur morale, mais d’exercice du pouvoir. Entretenir la légende d’une égalité universelle n’aide en rien. Au contraire. Car, pour déconstruire le racisme, il faut commencer par reconnaître l’étendue du privilège blanc.

Pourquoi le lire?

Reni Eddo-Lodge explique ici clairement et, surtout, efficacement, les racines du racisme, l’histoire colonialiste anglaise dont on parle rarement et, en partant de là, elle met en avant les mécaniques du racisme structurel et la manière dont celui-ci est ancré dans notre société et dans nos habitudes. Cet essai qui refuse d’être consensuel permet de comprendre, de remettre en question et de voir autrement la question des privilèges blancs.

S’il n’y avait qu’un livre à conseiller cette semaine, ce serait celui-ci pour moi et c’est pour cela qu’il ouvre la danse. Il m’a permis de comprendre beaucoup de choses qui étaient surtout théoriques à mes yeux et m’a offert plusieurs claques nécessaires qui ont définitivement changé ma manière de percevoir et de comprendre le racisme, ses mécanismes et sa perpétuation. A découvrir absolument.

 

Nous vous conseillons aussi:

BLM jour 1 les autres essais

La prochaine fois, le feu, James Baldwin

En dépit des bouleversements psychologiques et sociaux qu’il exige, cet ouvrage ne veut que proposer la solution de bon sens au problème de la place des Noirs dans la société américaine. Malgré le ton parfois menaçant, malgré la satire souvent mordante, La prochaine fois, le feu est avant tout un appel à la modération, une ultime tentative de compromis (en 1963) entre les extrémistes des deux bords aveuglés par la passion.
Tant par l’actualité des phénomènes dont il présente l’analyse irréfutable que par le mélange de douleur contenue et d’ironie cinglante qui lui donne ce ton si particulier, ce témoignage ne manquera pas d’attirer l’attention du lecteur qui en retiendra les qualités littéraires autant que l’importance politique.

 

Une colère noire, Ta-Nehisi Coates

Voilà ce qu’il faut que tu saches : en Amérique, la destruction du corps noir est une tradition ? un héritage.

Je ne voudrais pas que tu te couches dans un rêve. Je voudrais que tu sois un citoyen de ce monde beau et terrible à la fois, un citoyen conscient. J’ai décidé de ne rien te cacher. Je me suis demandé qui remplirait le vide intellectuel après la mort de James Baldwin.

Sans aucun doute, c’est Ta-Nehisi Coates?

 

Moi, raciste? Jamais! Scènes de racisme ordinaire, Rokhaya Diallo et Virginie Sassoon

« Une soirée animée entre amis. A un moment, l’un d’eux me glisse : Tu sais j’aime pas les Arabes mais toi c’est différent !? »

« Quand je dis mon lieu de naissance, on me répond par : Non, mais avant ? Avant quoi ? Et me voilà embarquée dans un interrogatoire policier sur mon arbre généalogique. On peut être française ET de couleur !

« Un jour, une copine veut être rassurante et me balance : Tu sais, tu es beau pour un Noir. »

« D’habitude les gens me demandent mes origines en précisant que j’ai un léger accent charmant. Presque chaque fois que je réponds « je suis roumaine », je vois leur sourire se transformer en une sorte de déception indignée. « 

Le racisme ordinaire s’exprime tous les jours, de manière consciente ou inconsciente, par un trait d’humour maladroit, une question anodine ou une petite phrase en apparence bienveillante. Bien plus difficile à identifier et à dénoncer qu’une insulte ou une agression physique, il constitue pourtant une violence quotidienne pour des millions de Français.Des femmes et des hommes, de tous âges et tous horizons, racontent ici ces mots qui font mal, ces humiliations quotidiennes, ces gestes ou plaisanteries qui deviennent insupportables. La mise en lumière de ces témoignages bruts et anonymes dessine une radiographie du racisme ordinaire en France et rappelle l’urgence et la nécessité de ce combat.Pour apprendre, comprendre et avancer ensemble.

 

L’origine des autres, Toni Morrison

Dans un recueil de textes préfacé par Ta-Nehisi Coates, le prix Nobel, Toni Morrison revient sur les thèmes qui imprègnent son travail et dominent de plus en plus clairement la politique nationale et mondiale : la « race », la peur, les frontières, le mouvement de masse des populations, le désir d’appartenance. Qu’est-ce que la « race » et pourquoi est-ce si important ? Qu’est-ce qui motive la tendance de l’être humain à créer les Autres ? Pourquoi la présence de ces Autres nous fait-elle si peur ? Dans le cadre d’interventions à Harvard, faisant partie de la série des prestigieuses conférences « Norton Lectures », Toni Morrison réfléchit à ces questions – ainsi qu’à d’autres questions vitales – au sujet de l’identité. Dans sa quête de réponses, l’auteur se replonge dans ses propres souvenirs mais également dans l’histoire, la politique, et surtout la littérature qui joue un rôle important – notamment la littérature de William Faulkner, Flannery O’Connor et Joseph Conrad – dans la notion de « race » aux États-Unis, que ce soit de manière positive ou négative. L’auteur s’intéresse à ce que signifie être noir, à la notion de pureté des « races » et à la façon dont la littérature utilise la couleur de peau pour décrire un personnage ou faire avancer un récit. Élargissant la portée de son discours, Toni Morrison étudie également la mondialisation et le déplacement des populations à notre époque.

Semaine #BlackLivesMatter: présentation

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Ce n’est pas parce qu’on commence à moins parler du mouvement #BlackLivesMatter dans les médias que celui-ci s’éteint pour autant. Afin d’aider nos lecteurs à continuer à s’intéresser à ce mouvement, à le comprendre ou à simplement élargir leurs horizons de lecture, nous avons décidé de vous présenter cette semaine des coups de cœur par des auteurs noirs.

Voici le programme de ce que nous vous proposerons:

Lundi 29/06: les essais

Mardi 30/06: le féminisme intersectionnel

Mercredi 01/07: les albums et romans jeunesse

Jeudi 02/07: la littérature générale

Vendredi 03/07: la SFFF

N’hésitez pas à nous donner des titres à acheter, nous sommes toujours preneurs de vos suggestions.

Packs « surprises » estivaux – 6ème édition

Packs estivaux 01

Comme chaque année, pour fêter l’arrivée de l’été et du retour des lectures paresseuses au soleil malgré les circonstances actuelles, les « packs surprises » de lectures de vacances sont de retour!

Qu’est-ce que c’est? Nous vous proposons d’emprunter – aux conditions habituelles – trois livres choisis par vos bibliothécaires : une nouveauté récente, une nouveauté un peu moins récente et un livre que nous souhaitons vous conseiller (le nombre de nouveautés disponibles dépendra du nombre d’inscrits, les premiers inscrits seront ceux bénéficiant des nouveautés les plus récentes). Vous ne saurez donc pas ce que vous emprunterez, tout le plaisir se trouvant dans la surprise de la sélection que nous aurons effectuée pour vous.

Du mercredi 22 juin au mardi 30 juin inclus, nous prendrons les inscriptions à ces packs dans les commentaires de ce billet, sur Facebook (MP et commentaires), sur Instagram (MP et commentaires), par mail (bibliotheque (a) montdelenclus.com), par téléphone (069/66.81.95) ou de vive voix au Centre de Lecture (pour rappel, plus besoin de prendre de RDV pour venir maintenant). Vous pourrez ensuite venir emprunter votre « pack » du 14 au 18 juillet au Centre de Lecture (si ces dates ne vous conviennent pas, merci de le signaler, nous prendrons un rendez-vous précis pour vous mais comme il y aura beaucoup de nouveautés consacrées à cette opération, nous ne les garderons pas plus longtemps de côté afin de ne pas priver les autres lecteurs, merci dès lors de ne pas vous  inscrire si vous ne pouvez pas venir les chercher aux alentours de ces dates).

Lorsque vous vous inscrirez, merci de nous préciser les trois genres que vous voulez emprunter (nous avons besoin d’avoir des genres, nous ne prendrons donc que les commandes qui précisent les genres désirés), à savoir:

– BD

– littérature générale

– romance

– science-fiction

– terroir

– thriller

Vous pouvez demander trois fois le même genre ou faire des mélanges, mais n’oubliez pas de préciser ce que vous voulez donc. Exemple de commande: deux romances et une BD.

 

Les inscriptions sont ouvertes à partir de maintenant!

Coups de cœur « arc-en-ciel » 2020 des bibliothécaires : Autres suggestions

Les livres dont nous vous avons parlé cette semaines ne sont pas les seuls coups de cœur « arc-en-ciel » que nous avons eus cette année. Nous voulions laisser une petite place aussi aux autres histoires LGBTQIA qui nous ont fait vibrer depuis mai dernier:

Wilder Girls, Rory Powers

Wilder-Girls

Voilà bientôt dix-huit mois qu’un mal inconnu, la Tox, a frappé l’île Raxter. Dix-huit mois que le pensionnat pour jeunes filles qui en occupe la pointe a été mis sous quarantaine.
D’abord, la Tox a tué les enseignantes, une à une, puis elle a infecté les élèves, dont les survivantes portent désormais ses monstrueux stigmates dans leur chair.
Coupées du reste du monde, cernées par les bêtes mutantes qui rôdent dans les bois alentour et livrées à elles-mêmes, celles qui restent n’osent plus sortir de l’enceinte de l’école. Jour après jour, elles attendent le vaccin que le gouvernement leur a promis.
Hetty et ses deux meilleures amies, Byatt et Reese, se serrent les coudes malgré les privations, bien déterminées à lutter ensemble jusqu’au bout…

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La fille dans l’écran, Lou Lubie et Manon Desveaux

La-fille-dans-l-ecran

Coline vit en France et rêve de devenir illustratrice. Ses recherches d’inspiration la conduisent à contacter Marley, une photographe installée à Montréal.

De son côté, Marley a abandonné sa passion pour la photo pour se laisser porter par une vie sociale trépidante  : un job alimentaire, un amoureux québécois…

Les deux jeunes femmes que tout oppose vont tisser sur internet un lien plus fort que la distance et le décalage horaire, qui va grandir de façon troublante jusqu’à la rencontre…

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L’effet Churten, Ursula K. Le Guin

L-effet-Churten

Dans le vaste univers de l’Ekumen, tout voyage prend des années. Difficile de garder des relations avec sa famille et ses amis lorsque l’on doit passer d’une planète à l’autre. La galaxie est une mosaïque d’histoires humaines… Jusqu’au jour où on découvre par hasard l’effet Churten, une sorte de transport instantané, abolissant les distances comme jamais entre les mondes. Encore faut-il le maîtriser et l’utiliser à bon escient…

S’inscrivant dans le cycle grandiose de l’Ekumen, ces trois histoires racontent la découverte de cette nouvelle technologie, ses premiers essais, ses premières réussites et ses premiers drames.

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Dans un rayon de soleil, Tillie Walden

Dans-un-rayon-de-soleil

Aux confins de l’espace, Mia s’engage sur un vaisseau dont l’équipage restaure des structures architecturales du passé. Alors qu’elle semble y trouver une nouvelle famille, ses souvenirs refont surface : cinq ans auparavant, elle a rencontré Grace au pensionnat et en est tombée éperdument amoureuse…

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journée lutte contre homophobie

 

 

Coups de cœur « arc-en-ciel » 2020 des bibliothécaires : « Mes vrais enfants », Jo Walton

nos-vrais-enfants

De quoi ça parle?

Née en 1926, Patricia Cowan finit ses jours dans une maison de retraite. Très âgée, très confuse, elle se souvient de ses deux vies. Dans l’une de ces existences, elle a épousé Mark, avec qui elle avait partagé une liaison épistolaire et platonique, un homme qui n’a pas tardé à montrer son véritable visage. Dans son autre vie, elle a enchaîné les succès professionnels, a rencontré Béatrice et a vécu heureuse avec cette dernière pendant plusieurs décennies. Dans chacune de ces vies, elle a eu des enfants. Elle les aime tous… Mais lesquels sont ses vrais enfants : ceux de l’âge nucléaire ou ceux de l’âge du progrès? Car Patricia ne se souvient pas seulement de ses vies distinctes, elle se souvient de deux mondes où l’Histoire a bifurqué en même temps que son histoire personnelle.

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Pourquoi on aime?

Le postulat de base de « Mes vrais enfants » est simple et pourtant efficace: suivre la vie d’une femme dans ses deux versions possibles suite à une décision, épouser ou non quelqu’un. Tout au long du roman, Jo Walton nous fait découvrir ces deux vies ne tenant qu’à un « Et si… », ce avec sa plume toujours si humaine et si juste. On aurait pu craindre une difficulté à s’attacher au personnage, à force de voguer entre les possibles. Pas du tout. C’est difficile d’expliquer pourquoi mais ce livre est prenant et attachant et on le quitte avec un gros pincement au cœur.

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On en parle chez Lorkhan, chez Vert et chez Lune.

Coups de cœur « arc-en-ciel » 2020 des bibliothécaires : « Heartstopper », Alice Oseman

heartstopper

De quoi ça parle?

Ceci est l’histoire de deux lycéens.
Nick, le rugbyman au sourire solaire.
Charlie, le musicien au cœur solitaire.

Parce qu’ils évoluent dans des cercles différents,
parce qu’ils n’ont pas le même caractère,
leur amitié n’était pas gagnée.

Pourtant, petit à petit, de façon irrésistible, Charlie tombe amoureux. Même s’il sait que Nick aime les filles. Même s’il sait qu’il n’a aucune chance. Alors, pour ne pas mettre en péril cette amitié naissante qui compte pour lui plus que tout, Charlie préfère garder le silence…

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Pourquoi on aime?

Alice Oseman s’est fait connaître par ses romans (comme « Radio Silence » dont nous vous parlions dans une précédente édition des coups de cœur arc-en-ciel). « Heartstopper » (qui est, elle, une BD) est un spin-off de l’un de ces romans, « Solitaire ». Cette BD reprend l’histoire de deux personnages secondaires de « Solitaire », Charlie, le frère de la protagoniste principale, et Nick, qui est dans la même école que lui. On suivra ici le récit de leur rencontre. Avec ceci de spécial que toute difficile que soit l’histoire de Charlie, la difficulté ne se situe jamais dans sa relation avec Nick.

En effet, leur histoire est douce, lente, tendre et tellement réconfortante. Entrer dans « Heartstopper », c’est comme de prendre un pot de glace pour regarder un film qu’on connaît par cœur blotti dans un fauteuil confortable avec un chat qui ronronne à nos pieds. Ça fait un bien fou, c’est prenant, bien mené et toujours, toujours, toujours doux et gentil dans tout ce que ce terme peut avoir de positif.

A noter qu' »Heartstopper » est une série en cours qui est d’abord publiée (en anglais) sur Tumblr (première page ici). Il y a une mise à jour chaque semaine et les nouvelles pages sont à chaque fois ma bouffée d’oxygène hebdomadaire. Un grand merci à Alice Oseman pour cette histoire toute douce.

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On en parle aussi sur Les lectures de Doris, chez Songe d’une nuit d’été et chez Alice Neverland.